enfr
Accueil / TELEVISION / VOD / SVoD / Sur le tournage de « Missions » saison 2
Missions saison 2 image tournage série télé
© Jean-Christophe Nurbel / Bulles de Culture

Sur le tournage de « Missions » saison 2

Retour sur OCS Max à partir du jeudi 5 septembre 2019 de la série OCS Signature Missions de Henri Debeurme, Julien Lacombe et Ami Cohen. Retour sur la visite de Bulles de Culture du tournage de la saison 2 de cette série de science-fiction spatiale et sur notre rencontre avec une équipe enthousiaste.

Synopsis :

Depuis le retour d’Ulysse sur Terre les souvenirs et les traumatismes hantent encore chacun des survivants de la mission

Missions saison 2 : tournage à Ivry-sur-Seine

Ce n’est ni à Ouarzazate — où les scènes sur Mars ont été tournées en saison 1 — ni à La Rochelle — où les scènes à l’intérieur du vaisseau avaient été filmées — que Bulles de Culture s’est rendu sur le tournage de Missions saison 2 mais dans la ville d’Ivry-sur-Seine en Ile-de-France où a été délocalisé le vaisseau du milliardaire suisse William Meyer (Mathias Mlekuz). Dans le Studio Kremlin, nous nous sommes glissés dans le fameux vaisseau avec des surchaussures et avons discuté avec le co-créateur et coproducteur Henri Debeurme (Empreinte Digitale), le co-créateur, co-scénariste et réalisateur Julien Lacomble ainsi que les deux nouveaux acteurs sur l’aventure, Barbara Probst et Ralph Amoussou.

« Aujourd’hui, nous tournons les scènes avec les deux nouveaux membres de l’équipage, joués par Barbara et Ralph, qui découvrent le vaisseau et font connaissance avant de partir sur Mars, nous explique Henri Debeurme. C’est l’épisode 2 de la série ». L’occasion de discuter avec eux sur leur arrivée sur la deuxième saison de cette série singulière et ambitieuse.

Barbara Probst : On s’est tous très vite entendus comme une troupe. On est beaucoup à venir du théâtre mais je ne sais pas si cela a joué. Certains d’entre nous se sont aussi croisés sur d’autres projets. On s’est très vite soudé et c’est une belle équipe.

Henri Debeurme : C’est aussi parce que Missions est une série chorale, une série d’équipage. Il n’y pas un personnage qui transcende tout.

Barbara Probst : Même dans votre approche de production, ça casse un peu les codes d’un tournage classique car il n’y a presque pas de hiérarchie. On est tous une équipe au service d’un projet. On sait que c’est compliqué, que c’est une mission et du coup, on est tous prêt dès le premier jour à le faire ensemble.

Bulles de Culture : Et se prépare-t-on différemment pour une série SF ?

Barbara Probst : Je connais très peu la science-fiction donc je me suis un peu renseignée. J’ai découvert très tard 2001 : l’odyssée de l’espace.

Ralph Amoussou : J’ai fait un travail de documentation et de recherche important sur la préparation des astronautes en amont et sur combien d’astronaute noir français existe. Il n’y en a pas donc je suis clairement le premier astronaute noir en France.

« Le sentiment de faire quelque chose que tu ne feras qu’une fois dans ta vie »

Les séries OCS Signature sont connues pour disposer de budgets relativement serrés en contrepartie d’une grande liberté créatrice laissée aux auteurs et producteurs par la chaîne OCS. Et Missions ne fait bien évidemment pas exception. Même si le coproducteur Henri Debeurme nous a tout de même précisé qu’elle est « le plus gros budget d’OCS mais il n’y a que 2 millions d’euros de budget, soit juste un petit plus que le coût d’un seul épisode de la série Le Bureau des Légendes« . Ce qui n’a pas empêché l’équipe , lors de la première saison, de tourner les scènes sur Mars dans le désert marocain de Ouarzazate — où a été tourné des films tels que Star Wars — pour les rendre crédibles. En plus, pour cette seconde saison, ils ont eu un budget plus élevé par rapport à la première, soit 10 jours de tournage supplémentaires sur un total de 36 jours en Ile-de-France, en Dordogne — « En Dordogne, on a construit un vaisseau mais aussi tout un village en bois », nous a dit Henri Debeurme — et dans les Pyrénées. Et pour cette saison, quel a été le décor le plus éprouvant ?

Julien Lacombe : On a commencé à tourner dans une espèce de grotte monumentale avec des spéléologues et cela a été très compliqué.

Henri Debeurme : C’était le premier jour de tournage dans la Grotte de La Verna, un des décors que Julien a pensé avant même d’écrire la saison 2. Il avait repéré ce décor car on avait la contrainte de tourner en Nouvelle-Aquitaine.

Julien Lacombe : La Grotte de La Verna est la plus grande grotte accessible du monde.

Henri Debeurme : Il y a la possibilité de mettre trois fois le volume de Notre-Dame de Paris dedans. Cela a été une source d’inspiration pour Ami Cohen et Julien. Et cela a été aussi le premier jour de tournage parce que c’est un décor très compliqué en terme de logistique qui devait donc être calé en début ou en fin de tournage. On a été obligé de le faire au début car c’était inaccessible fin novembre à cause de la neige et des conditions météo très dures. Cela a été du coup un saut dans le bain assez violent pour les deux nouveaux acteurs de la série. Ceux qui avaient tourné dans la saison 1 au Maroc par 50°C à l’ombre connaissaient un peu le délire de ces conditions extrêmes. Mais les nouveaux, on les a jetés dans un trou en combinaisons.

Barbara Probst : En même temps, on a été prévenu des difficultés de la saison 1. Et c’est un décor qui dépasse tellement tout ce qu’on a l’habitude de faire que malgré le froid — il faisait 30°C à l’extérieur mais 5°C à l’intérieur de la grotte — et le fait qu’on ne pouvait s’assoir nulle part parce qu’il n’y avait que des cailloux qui glissent, il y avait quelque chose de si extraordinaire dans ce lieu que ça nous portait.

Henri Debeurme : Cela représente tout ce que cette série permet de faire à tous les postes, des comédiens à la régie. D’habitude, on tourne dans des studios ou dans des décors relativement accessibles. Mais comme là, on raconte qu’on va sur d’autres planètes, qu’on est dans de la science-fiction et de la technologie, on est obligé d’aller chercher des décors qui se méritent et qui à l’image rendent crédibles tout ça. Alors, même si ce sont des conditions extrêmes, on a le sentiment de faire quelque chose qu’on ne fera qu’une fois dans sa vie.

« Un final à la hauteur de ce qu’on voulait »

Une des nouveautés de Missions saison 2 est le choix des auteurs de situer celle-ci après une ellipse temporelle de cinq ans après la première saison. Pourquoi ? Les deux co-créateurs Julien Lacombe et Henri Debeurme ont accepté de nous répondre.

Julien Lacombe : Sans spolier, le choix de faire se dérouler cette nouvelle saison cinq ans après partait aussi de ce besoin de surprendre. A la fin de la première saison, on laissait le personnage principal avec une énigme — va-t-elle ou non mourir ? — et se dire que cinq ans sont passés, c’est une manière de répondre : elle est morte. Les autres membres de l’équipage sont retournés sur Terre, ils ont repris leur vie, ils sont un peu plus blasés et cyniques. Ils l’ont laissée derrière eux… C’était donc le moyen de faire une backstory très intéressante sur le personnage principal parce qu’évidemment, il n’est pas mort.

Bulles de Culture : Cela vous permet-il aussi de passer plus de temps sur les personnages par rapport à la première saison où les évènements s’enchaînaient ?

Julien Lacombe : Le fait d’être cinq ans après permettait de « recharger » les backstories des personnages, de créer des choses qui étaient embryonnaires en première saison et de permettre de nourrir les décors avec des flashback. C’était aussi le moyen de faire une backstory très intéressante sur le personnage principal parce qu’il est bien sûr hors de question de se passer du personnage qu’on a abandonné et qu’on croit mort. Car évidemment, il n’est pas mort.

Henri Debeurme : Et le but de la saison 2, ce n’est pas de répondre à la saison 1 mais de raconter autre chose.

Julien Lacombe : En plus, ce qu’on adore dans Missions, ce sont les chronologies bouleversées avec des flashback dans tous les sens et la possibilité de perdre un peu le téléspectateur. La chronologie est plus compliquée mais en terme narratif, cela fonctionne parce qu’on répondra à chacune des nouvelles arches narratives au fil de la saison. Dans la saison 1, les flashback nous permettaient de sortir du vaisseau et là, ce sont plein de chronologies qui se croisent et des personnages que l’on découvre sous un nouveau jour. Toutes ces chronologies nous ont permis de faire un final à la hauteur de ce qu’on voulait. Autant sur la première saison, j’ai été un peu frustré sur les deux derniers épisodes parce que je n’ai pas pu les filmer de la manière que je les avais imaginés, là, je suis assez content.

Bulles de Culture : Mais n’y a-t-il pas un risque de perdre le téléspectateur en multipliant les allers-retours dans le temps et les intrigues ?

Julien Lacombe : Je pense qu’il faut être simple, sans être simpliste, dans la manière de construire les histoires. Et c’est ce qu’on a fait sur cette saison 2 : il y a une opposition, révélée progressivement mais qui est claire, entre deux visions du monde et de l’univers.

« Une série à message »

La pause du midi nous permet enfin de parler plus en profondeur de la direction et des ambitions de Missions saison 2 avec le coproducteur Henri Debeurme et le réalisateur Julien Lacombe.

Julien Lacombe : La première saison, c’était un gros huis clos dans un vaisseau avec des scènes tournées à Ouarzazate pour ancrer la série sur la planète Mars. La saison 2, on voulait surprendre, on ne voulait pas refaire la même chose. Les thèmes abordés sont de l’ordre de la quête et de la métaphysique mais avec des arches narratives qui prêtent à de l’action, des enjeux, etc.. En gros, c’est une série à message et on prend le risque de parler de choses qui peuvent être pompeuses en les verbalisant. Mais au moins, on fait quelque chose d’un tout petit peu différent. J’ai beaucoup aimé en première saison que les critiques anglais [NDLR : la série a été diffusée sur la BBC en prime time] nous comparent à Andreï Tarkovski, à Solaris… et c’est vrai qu’il y a une forme de filiation. Missions, c’est de la fiction un peu métaphysique mais aussi rythmée.

Henri Debeurme : Le but est que le spectateur passe un bon moment et réfléchisse en plus un peu.

Julien Lacomble : Les grands films de science-fiction sont 2001 : l’odyssée de l’espace, Interstellar, Abyss où tu interroges l’espèce, le futur, la destinée. Et nous, on est plutôt dans cette filiation-là. 

Bulles de Culture : Avez-vous d’ailleurs déjà en tête une fin pour la série ?

Julien Lacombe : Je connais la fin de la série mais on peut prendre des chemins de traverse pour la prolonger ou non. Pour le moment, je m’amuse vraiment dans ce qu’on fait et je ne m’interdis rien.

Propos recueillis à Ivry-sur-Seine le 5 novembre 2018.

En savoir plus :

  • Missions saison 2 (10 épisodes de 22 minutes) est diffusé sur OCS Max à partir du jeudi 5 septembre 2019 à 20h40. La série est également disponible en intégralité et en streaming sur OCS Go
Follow me

Jean-Christophe Nurbel

Rédacteur en Chef / Editor in Chief chez Bulles de Culture
Accro aux films, aux pièces de théâtre, aux séries et à la culture en général, j'aime les œuvres qui me surprennent.

Top 3 Cinéma : "À bout de souffle" (1960), "Blade Runner" (1982), "Casablanca" (1942)
Top 3 TV : "Engrenages" (2005-...), "The Wire" (2002-2008), "Twin Peaks" (1990-1991)
Jean-Christophe Nurbel
Follow me

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.