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[Critique] « Le Dindon » (2019) de Jalil Lespert

Le Dindon de Jalil Lespert est en salles de cinéma depuis le 25 septembre 2019. La critique et l’avis du film avec Dany Boon, Guillaume Gallienne et Alice Pol.

Synopsis :

Monsieur de Pontagnac (Guillaume Gallienne) a eu un coup de foudre pour une jolie jeune femme. Ce qu’il n’avait pas prévu c’est que celle-ci n’est autre que Victoire (Alice Pol), la femme d’un de ses amis, Vatelin (Dany Boon). Et si le notaire le prend plutôt bien, Victoire, elle n’est pas si simple à manipuler. Surtout, la mésaventure a lancé dans leur société un sujet – et un petit jeu étonnant autour de la fidélité des uns et des autres. Alors quand entrent dans l’arène Rediop (Ahmed Sylla), soupirant de Victoire, et Suzy, ancienne flamme de Vatelin, le jeu se corse encore.

Le Dindon : aussi vite expédié qu’à oublier !

Adapter Feydaux n’est pas une mince affaire ! C’est pourtant le pari qui s’est donné Jalil Lespert en essayant de moderniser une pièce de 1896. Son principal objectif, déclare-t-il au moment de la présentation de son film au Festival d’Angoulême, est de donner un vent de féminisme à cette oeuvre d’antan. C’est pour le coup totalement raté. La gente féminine censée prendre le pouvoir de cette nouvelle adaptation ne sont que les faire valoir des désirs masculins. Tandis que Victoire est courtisée grossièrement par Monsieur de Pontagnac, son mari ne pense qu’à la tromper avec une belle blonde américaine. Le vent de renouveau passerait alors par l’introduction d’un couple de lesbienne interprété sans trop de goût par Camille Lellouche en proie à l’exagération et aux mimiques, tout comme ses collègues masculins qui cabotinent beaucoup trop. Jalil Lespert échoue complètement dans son vent de renouveau et reste coller à une pièce qu’il n’arrive pas à adapter.  

Le Dindon pousse ce vaudeville du XIXème à l’extrême en le rendant risible et sans saveur. Le film ressemble plus à une pièce théâtrale filmée qu’une réelle adaptation cinématographique. En conséquence, on se moque des figures croisés de personnages dont on arrive pas à s’attacher à l’écran. Pourtant, le casting est exceptionnel. C’est peut-être là que le bas blesse. Lors de la rencontre avec l’équipe du film, on sent très clairement que la direction artistique n’appartient plus à Jalil Lespert, qui a du abdiquer face à la prise de pouvoirs de ses acteurs Dany Boon et Guillaume Gallienne (tous les deux co-scénaristes de ce film) dans la tenue du projet. C’est d’ailleurs l’icône de Bienvenue chez les Ch’tit à qui il revient de parler de l’ambiance de tournage et de la difficulté de monter le film lors de sa présentation en festival, laissant le réalisateur, pourtant présent, dans une posture de représentation. 

Le Dindon aura tout de même le mérite d’une production aux visuels soignés. Les décors très colorés mettent dans une ambiance rétro, faisant étroitement penser à celle de la série Les Petits Meurtres. La belle reconstitution historique d’une rue en scène d’ouverture a dû exploser le budget d’une production qui a de l’allure mais pas de fond. D’une durée relativement courte, le Dindon est aussi vite expédié qu’il est à oublier. 

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 25/09/2019
  • Distribution France : Pathé

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.

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Antoine Corte

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