enfr
Accueil / CINEMA / [Critique] « Au Nom de la Terre » (2019) d’Edouard Bergeon
Au Nom de la Terre affiche film critique avis

[Critique] « Au Nom de la Terre » (2019) d’Edouard Bergeon

Au Nom de la Terre d’Edouard Bergeon est en salles de cinéma depuis le 25 septembre 2019. La critique film et l’avis de Bulles de Culture sur ce long métrage avec Guillaume Canet, Anthony Bajeon et Veerle Baetens. 

Synopsis :

Pierre (Guillaume Canet) a 25 ans quand il rentre du Wyoming pour retrouver Claire (Veerle Baetens) sa fiancée et reprendre la ferme familiale. Vingt ans plus tard, l’exploitation s’est agrandie, la famille aussi. C’est le temps des jours heureux, du moins au début… Les dettes s’accumulent et Pierre s’épuise au travail. Malgré l’amour de sa femme et ses enfants, il sombre peu à peu… Construit comme une saga familiale, et d’après la propre histoire du réalisateur, le film porte un regard humain sur l’évolution du monde agricole de ces 40 dernières années.

Au Nom de la Terre : une confession forte au soutien d’un monde d’agriculteurs souvent oublié

Tout juste deux ans après le sacre de Petit Paysan (Hubert Charuel), le cinéma français tient à mettre en lumière encore une fois les problèmes du mode agricole avec Au Nom de la Terre. Edouard Bergeon le fait sous cet angle plus personnel puisqu’il raconte ici l’histoire vraie de son père, broyé par le système et mort en 1999. Tout commence pourtant par une douce histoire, filmée avec une lumière rétro dans une scène d’introduction où Pierre, en moto, conduit à travers les champs pour rejoindre sa fiancée avant de lui faire l’amour passionnément. Les exaltations de cette belle histoire vont rapidement être perturbées par un souci économique lié au rendement agricole, qui pousse l’agriculteur à tout donner pour son exploitation jusqu’au point de rupture. 

La structure narrative du long-métrage suit d’ailleurs cette construction pyramidale. Les difficultés autour de la ferme montent crescendo, en même temps que le mal-être du personnage principal. Puis, un évènement central survient en milieu de film faisant basculer dans une folie cet agriculteur investi. Le film adopte ainsi un rythme relativement lent et descriptif dans sa première partie. On sent une installation qui se fait en douceur pour bien planter les bases des différents conflits. Au Nom de la Terre évoque en effet tout à la fois la souffrance d’un monde rural mais également le poids de la transmission, lié à des exploitations qui sont souvent le fruit d’un héritage familial. Le coeur de l’intrigue prend tout son sens quand Pierre déraille, obligeant la mère du réalisateur à porter à bout de bras cette famille affaiblie. Edouard Bergeon rend ainsi un bel hommage à sa mère exceptionnelle, qui n’a jamais baissé les bras devant l’adversité d’un mari dépassé. 

Si Anthony Bajon (Tu mérites un amour) a obtenu le Valois du Meilleur Acteur au Festival d’Angoulême pour le rôle du fils, c’est surtout au couple Guillaume Canet/ Veerle Baetens (Alabama Monroe) à qui il revient le mérite de mener le film à une intensité folle. Plus qu’une histoire personnelle, Au Nom de la Terre est une confession forte au soutien d’un monde d’agriculteurs souvent oublié.

En savoir plus (cf. FAQ) :

  • Date de sortie France : 25/09/2019
  • Distribution France : Diaphana Distribution

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.

Top 3 Cinéma : "Moulin Rouge !" (2001), "Titanic" (1997), "Les Parapluies de Cherbourg" (1964)
Antoine Corte

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.