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Deux moi critique avis film

[Critique] « Deux Moi » (2019) de Cédric Klapisch

Frère et sœur dans Ce qui nous lie (2017), François Civil et Ana Girardot se retrouvent en voisins dans le nouveau film de Cédric Klapisch, Deux Moi. Récit de deux solitudes, chronique de la société actuelle, une fois de plus, le réalisateur de Chacun cherche son chat met en boîte l’air du temps. La critique film et l’avis de Bulles de Culture.

Synopsis :

Rémy (François Civil) et Mélanie (Ana Girardot) ont trente ans et vivent dans le même quartier à Paris. Elle multiplie les rendez-vous ratés sur les réseaux sociaux pendant qu’il peine à faire une rencontre. Tous les deux victimes de cette solitude des grandes villes à l’époque hyper connectée où l’on pense pourtant que se rencontrer devrait être plus simple. Deux individus, deux parcours. Sans le savoir, ils empruntent deux routes qui les mèneront dans une même direction… Celle d’une histoire d’amour?

Opposés et contraires

Dans Deux Moi, Cédric Klapisch parle de la solitude.  Dans un environnement à priori régi par les réseaux sociaux, il définit deux profils totalement opposés. Et à l’instar du mur mitoyen qui sépare les deux protagonistes, le réalisateur semble tout d’abord diviser la société en deux.  D’un côté ceux qui, comme Mélanie, essayent de s’en sortir dedans et de l’autre, ceux qui, comme Rémy, sont carrément out. Mais, passé la scène inévitable et facilement gaguesque de la plongée dans le monde virtuel (l’inscription sur Facebook d’un côté,  sur un site de rencontre par les copines déjantées de l’autre), l’univers des LOL et des PTDR n’est, fort heureusement, qu’un interlude. Plus que l’environnement, la solitude est surtout le résultat d’une évolution, d’un parcours. Et c’est donc deux parcours, diamétralement opposés que nous fait découvrir Deux moi

All by myself

Si la finalité est la même, ils sont tous les deux seuls, Deux moi s’attache au pourquoi. C’est une fois de plus avec beaucoup de finesse que Cédric Klapisch arrive à illustrer l’état d’esprit de la société actuelle en général, de la jeunesse en particulier. Une société dans laquelle on ne voit plus l’autre, tellement on est concentré sur le soi. Certains, plutôt volubiles comme Mélanie, vont sembler connaître les raisons de leur solitude, tandis que d’autres, plus introvertis comme Rémy, ne savent même pas où ils ont mal.

Dans une géométrie variable, toujours efficacement rythmée par ses complices récurrents Loïc Durik et Christophe Minck, il fait de leur vie des lignes qu’il superpose, juxtapose, rapproche dangereusement, nous tenant ainsi en haleine. Dans Deux moi, le réalisateur de l’Auberge espagnole retarde au maximum la rencontre entre les deux protagonistes. On en vient à douter qu’elle se fasse un jour. Les gens vivent si près les uns des autres, peuvent s’influencer sans le savoir (une chanson entendue à travers un mur fin qui intègre notre playlist, merci Shazam!), le tout sans se voir, ni se parler. Un véritable jeu de pistes qui mène Rémi et Mélanie à la révélation de leur soi, tandis que le spectateur émet des hypothèses sur où et quand se fera la rencontre des deux moi. 

Casting superstar

Les acteurs aiment tourner avec Klapisch, il a sa bande. On retrouve avec bonheur l’immense Simon Abkarian qui tient l’épicerie, sorte de plaque tournante du quartier.  Le réalisateur semble avoir trouvé un bon remplaçant à son acteur fétiche d’antan, Romain Duris, en François Civil, parfait dans ce Rémi lunaire grâce à son physique de Boy Next Door. Et puis il y a les nouveaux, excellents seconds couteaux, sans doute croisés sur le tournage de la série Dix pour cent. Deux moi serait presque leur film à tous les deux aussi tant Camille Cottin et François Berléand apportent du sel et et du piquant à la mouture. Bénéficiant d’un capital sympathie très élevé, le spectateur sourit dès qu’ils apparaissent à l’écran. Pire, on les attend avec impatience. Comme si on espérait que ces deux thérapeutes, dans des styles très différents, nous apportent à des solutions atypiques à des problématiques universelles. 

Avec Deux moi, Cédric Klapisch nous démontre finalement que la solitude est un état d’esprit et ne dépend pas de l’endroit où l’on vit. Le film présente la nécessité de se connaître comme la clé du savoir être avec les autres. La réponse à la solitude réside peut-être dans la fin du film, car  il faut qu’ un moi soit suffisamment bien avec soi pour pouvoir s’unir à un autre et former deux moi… 

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 11/09/2019
  • Distribution France : Studio Canal

Fanny N.

Rédactrice / Editor chez Bulles de Culture
J'aime rire, j'aime pleurer, l'aime danser, j'aime chanter et tout ça, je le vis souvent au cinéma.

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Fanny N.

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