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X-Men: Dark Phoenix affiche film cinéma

[Critique] « X-Men: Dark Phoenix » (2019) de Simon Kinberg

Longtemps à l’écriture ou à la production, Simon Kinberg passe pour la première fois derrière la caméra avec X-Men: Dark Phoenix. Pour le dernier volet de la saga, le tout nouveau réalisateur va-t-il vérifier l’adage « On n’est mieux servir que par soi-même » ? De son côté, fraîchement sortie de Game of Thrones, Sophie Turner est-elle à la hauteur pour incarner une des mutantes les plus puissantes de l’univers des X-Men ? L’avis et critique film de Bulles de Culture.

Synopsis :

Dans cet ultime volet, les X-Men affrontent leur ennemi le plus puissant, Jean Grey (Sophie Turner), l’une des leurs. Au cours d’une mission de sauvetage dans l’espace, celle-ci frôle la mort, frappée par une mystérieuse force cosmique. De retour sur terre, elle ne sera plus jamais pareille. Plus puissante mais instable, en lutte contre elle-même, elle va déchaîner ses pouvoirs. Incapable de les comprendre et de les contrôler, ceux-ci vont la rendre dangereuse pour ses proches, l’amener à défaire les liens qui unissent les X-Men.

X-Men: Dark Phoenix : effets très spéciaux et super-héros

Est-il utile de rappeler qu’un film de mutants n’est rien sans effets spéciaux ? Il y avait donc fort à faire pour le néophyte qu’est Simon Kinberg, même si il a largement aidé à construire cet univers. C’est donc là que se trouvait la première interrogation à l’annonce de X-Men: Dark Phœnix. Le ton est cependant donné dès la première scène de cascade qui justifie, beaucoup plus que de nombreux films dernièrement, l’usage de la 3D. Alors oui, il existe aujourd’hui une technologie suffisante pour éviter les écueils, mais la moustache de Henry-Superman-Cavill et la vilaine peau de Thanos laissent planer le doute. Encore faut-il savoir se servir de ses armes…

En cela, Simon Kinberg ne ménage pas ses efforts. De la manifestation des pouvoirs à la chorégraphie des confrontations, le nouveau réalisateur surprend et est super efficace. Il évite le piège de plonger dans le flou, notamment lors des scènes de combat carrément épiques, le tout enveloppé dans l’écrin de velours qu’est la musique de Hans Zimmer. Il n’y a pas à dire, pour des débuts derrière la caméra, le producteur de Deadpool (2016) et Logan (2017) livre une copie plus que honnête. 

Une affaire de famille

On avait l’habitude d’avoir les gentils mutants emmenés par le Professeur Xavier (James McAvoy) et les vilains mutants avec à leur tête Magneto (Michael Fassbender). Mis à part les va-et-vient entre Mal et Bien de Mystique (Jennifer Lawrence), on avait donc deux camps bien établis. X-Men: Dark Phœnix change la donne en étendant la complexité à plusieurs personnages. Simon Kingberg réussit ainsi à revisiter très habilement sa propre copie (en duo avec Zack Penn) délivrée dans X-Men: L’Affrontement final (2006).

En donnant une origine différente à l’explosion de ses pouvoirs, le réalisateur confère au côté « good girl gone bad » de Dark Phœnix quelque chose de plus attachant que la Jean Grey, incarnée par Famke Jansen. Et lorsqu’un souffle de Game of Thrones s’empare de la saga en éliminant un personnage important, la querelle intestine est inévitable. Une chose est sûre, celle que l’on a laissé en Queen of the North ne pouvait pas rêver de meilleur tremplin pour son premier grand rôle sur grand écran.

Queen of the North

Après avoir fait le compte des points communs et des différences entre les Jean Grey, on peut s’attarder sur la performance de Sophie Turner et la féliciter d’avoir très bien exécuté sa partition. Pas facile en effet de sortir de la série la plus hypnotique du monde et de se faire une place dans un autre univers. Daniel Radcliffe (Harry Potter) ou Elijah Wood (Le Seigneur des anneaux), autres acteurs ayant grandi avec leurs personnages, errent encore. De même, côté actrices, Emma Watson (Harry Potter) peine à convaincre et ce n’est pas faute de ne pas l’avoir vue un peu partout…

Sophie Turner réussit de son côté à insuffler à Jean Grey l’indispensable fraîcheur, sans pour autant lui enlever de la densité. Ce faisant, elle montre qu’elle est plus qu’une actrice qui a le vent en poupe et qu’on veut absolument nous refourguer. Après la froide Sanza Stark et la brûlante Dark Phœnix, il y a fort à parier qu’elle endossera d’autres costumes avec tout autant d’efficacité. A star is bon?

En définitive, on peut juste déplorer que la nature de certains nouveaux protagonistes ne soit pas très approfondie. — Jessica Chastain, sorte de Mr Smith (Matrix) au féminin, remplit néanmoins le cahier des charges — mais le tout fait néanmoins de ce X-Men: Dark Phœnix un divertissement de très bonne facture.

On notera au passage que le film s’inscrit tout à fait dans la tendance actuelle à Hollywood : les femmes sauvent le monde et les méchants sont des zombies. 

En savoir plus:

  • Date de sortie France : 05/06/2019
  • Distribution France : Twentieth Century Fox France

Fanny N.

Rédactrice / Editor chez Bulles de Culture
J'aime rire, j'aime pleurer, l'aime danser, j'aime chanter et tout ça, je le vis souvent au cinéma.

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Fanny N.

Un commentaire

  1. « Alors oui, il existe aujourd’hui une technologie suffisante pour éviter les écueils, mais la moustache de Henry-Superman-Cavill et la vilaine peau de Thanos laissent planer le doute. »

    Mais j’hallucine. Passe encore pour la moustache de Cavill, et c’était très exagéré car la majeure partie du temps ça ne se voyait pas. Mais Thanos, il n’y a strictement RIEN à redire sur le rendu final du personnage à l’écran, et bon sang, surtout pas la peau. Il faut être un ignorant de première pour ne pas se rendre compte des détails qui fourmillent à l’écran au moindre plan rapproché, la pigmentation, les poils, bon sang même les narines de ce perso bénéficient d’un soin exemplaire, c’est tout simplement la meilleure mo-cap à ce jour et on a quelqu’un ici qui vient nous dire « ouais bof ». Quand on est pas capable d’apprécier les prouesses technologiques d’un film, on évite d’en parler. Surtout quand c’est pour vanter à côté les mérites de ceux d’un film aussi raté que Dark Phoenix.

    Quant au reste de la critique, elle est d’un niveau tout simplement affligeant. Dark Phoenix est un film incroyablement creux et surtout dans la même veine des précédents X-Men qui étaient déjà méchamment hésitants (et carrément mauvais pour Apocalypse). Même en tant que simple divertissement il ne réussit pas du tout à sa tâche, la faute au même défaut présent depuis le First Class : des personnages incroyablement plats, sans saveur, incarnés par des acteurs qui n’ont aucun charisme (mention spéciale à celui qui incarne Diablo, une honte), hormis bien sûr Xavier et Magneto. Et là encore, la fameuse alchimie entre ces 2 acteurs n’existe plus depuis Apocalypse. Des personnages qui font des choix totalement incohérents du début à la fin, avec pour certains des pouvoirs qui ne sont même pas les leurs dans les comics (Tornade n’est pas capable de créer de la glace, juste au cas où).

    Bref, une critique à l’image du film : à côté de la plaque.

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