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Une vie cachée - Photo August Diehl, Valerie Pachner critique avis film cannes 2019
© UGC Distribution

[Critique Cannes 2019] « Une Vie cachée » (2018) de Terrence Malick

Une Vie cachée est présenté en compétition du Festival de Cannes 2019. Le film de Terrence Malick concourt pour la palme d’or afin que le réalisateur obtienne sa deuxième récompense avec The Tree of Life (2011). L’avis et la critique film de Bulles de Culture. 

Synopsis :

Inspiré de faits réels.
Franz Jägerstätter (August Diehl), paysan autrichien, refuse de se battre aux côtés des nazis. Reconnu coupable de trahison par le régime hitlérien, il est passible de la peine capitale. Mais porté par sa foi inébranlable et son amour pour sa femme, Fani (Valerie Pachner), et ses enfants, Franz reste un homme libre. Une vie cachée raconte l’histoire de ces héros méconnus.

Une Vie cachée, le retour à la narration de Terrence Malick

Terrence Malick est un réalisateur à part. Refusant le protocole de monter les marches pour son film, il cultive depuis toujours le culte de la rareté. En 1978, il met en scène Les Moissons du Ciel avec Richard Gere sur l’univers de la fonderie. Puis, aucun signe d’activité pendant 20 ans avant de revenir avec le mythique La Ligne Rouge en 1998. Le film lui permet d’obtenir notamment l’Ours d’Or au Festival de Berlin. Terrence Malick connait le rythme cannois puisqu’il a déjà remporté la palme d’or avec The Tree of Life, grande fresque d’amour familiale. Connu pour ses images contemplatives superbes, le réalisateur va pourtant se perdre en enchainant ces dernières années à un rythme effréné (du moins pour lui !) les propositions artistiques. A la merveille (2012), Knight of Cup (2015) ou plus récemment Song to Song (2017), l’américain se singeait avec ces oeuvres, misant tout sur un esthétique devenu sans fond. 

Avec Une Vie cachée, l’artiste revient à un récit beaucoup plus narratif. L’oeuvre cinématographique raconte une histoire forte qui prend aux tripes. On retrouve bien évidemment dans ce nouveau long métrage tous les ingrédients de mise en scène qui font la particularité du réalisateur. Celui-ci filme les magnifiques paysages montagneux autrichiens. Il tire de cette verdure brumeuse une tranquillité et un isolement alors qu’à côté la guerre fait rage. Les images d’archives en ouverture, montrant Hitler qui rassemble ses troupes, sont là d’ailleurs pour nous rappeler la dureté d’une guerre à venir.

L’amour, arme suprême des histoires du réalisateur

Dans ce film, l’arme suprême de Malick reste la thématique de l’amour. Ce rapport familial indéfinissable est ici d’autant plus fort du fait de la séparation des personnages. Le récit d’Une Vie cachée met en avant les valeurs de l’héroïsme à travers le personnage masculin qui refuse son allégeance au régime nazi. Mais l’acte héroïque est aussi dans l’attitude de sa femme qui, seule, doit vivre dans un village qui la stigmatise du fait de la résistance de son mari. 

Il serait cependant complètement faux d’affirmer que Terrence Malick a gommé tout ses travers. Le film dure tout de même 3 heures. Dans sa deuxième partie, un montage resserré aurait pu être bénéfique lorsque le récit perd de sa consistance pour laisser place à un déluge d’images qui n’apportent rien à l’histoire. La voix off, élément très malickien, part dans des élucubrations parfois risibles : « Il pleut mais le soleil brille« . Qu’importe ces défauts inhérents au style du réalisateur, avec Une Vie cachée, celui-ci montre qu’il a encore de la ressource et qu’il ne s’est pas définitivement abandonné dans les méandres de l’ésotérique gratuit. Une très bonne nouvelle pour les inconditionnels de la première heure de Malick

En savoir plus :

  • Date de sortie France : Prochainement
  • Distribution France : UGC Distribution

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.

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Antoine Corte

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