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Chambre 212 critique film avis image Chiara Mastroianno Vincent Lacoste
© Jean Louis Fernandez

[Critique Cannes 2019] « Chambre 212 » (2019) de Christophe Honoré

Le film Chambre 212 est présenté dans le cadre de la compétition Un Certain Regard du Festival de Cannes 2019. Le film avec Camille Cottin, Chiara Mastroianni, Benjamin Biolay et Vincent Lacoste sort dans les salles de cinéma le 30 octobre 2019. L’avis et la critique film de Bulles de Culture. 

Synopsis :

Après 20 ans de mariage, Maria (Chiara Mastroianni) décide de quitter le domicile conjugal et son mari Richar (Benjamin Biolay). Une nuit, elle part s’installer dans la chambre 212 de l’hôtel d’en face. De là, Maria a une vue plongeante sur son appartement, son mari, son mariage. Elle se demande si elle a pris la bonne décision. Bien des personnages de sa vie ont une idée sur la question, et ils comptent le lui faire savoir.

Chambre 212, une remontée dans le temps aux intentions brouillonnes 

Christophe Honoré était en compétition officielle du Festival de Cannes l’année dernière avec son film Plaire, Aimer et Courir Vite. C’est donc à vitesse éclair qu’il a mis sur pied ce nouveau projet Chambre 212, alors que celui-ci était parallèlement occupé à sa pièce de théâtre, Les Idoles. Son film est d’ailleurs inspiré de ce rythme théâtral mettant en scène un huis clos alternant entre deux appartements voisins. Le scénario aurait d’ailleurs été davantage efficace sur une scène tant il manque de consistance cinématographique. La mise en scène est pensée pour être du théâtre, et peu adapté pour un grand écran.

Honoré  joue sur une ambiance d’ un autre temps avec des lumières qui empruntent les couleurs de papiers peints des années 80. Pourtant, les affiches de films de la devanture du cinéma de quartier, revenant sans cesse à l’écran, marquent bien l’actualité. On y voit à plusieurs reprises l’affiche de Grâce à Dieu de François Ozon, sorti en février dernier. On croit l’équipe du film quand elle confie lors de la présentation en festival que le montage a été expess. Plusieurs clin d’oeil sont associées à cette notion centrale du temps. La chanson Could It Be Magic de Barry Manilow et Adrienne Anderson est jouée au piano par Camille Cottin, dont une scène résolument forte. Mais le jeu sur la temporalité, notamment faire apparaitre les personnages principaux 20 plus tôt, perdent le spectateur par manque d’intentions claires. Vincent Lacoste joue Richard jeune, que Benjamin Biolay incarne plus âgé. Camille Cottin est l’ancienne professeure de piano (et maitresse !) de Richard qui revient sous les traits de la jeune femme qu’elle a été au moment de leurs rencontres.

Les protagonistes ont un regret du temps passé. Ils sont comme perdus dans leurs quotidiens et se réfugient dans un âge révolu. Mais faut-il continuer à avancer avec son temps ou vivre dans les souvenirs ? La réponse apportée est brouillonne. Christophe Honoré est trop partagé là où il aurait pu s’inspirer de la vision tranchée de Woody Allen qui assumait le « cétait mieux avant » dans Minuit à Paris. Le regard français tourne autour du pot, réfléchit sans aucune clarté et surtout sans jamais répondre de manière précise aux interrogations. Du coup, on reste sur notre faim. Heureusement que l’humour sauve le film grâce au ton insufflé par Camille Cottin, brillante et joviale. L’aura de l’actrice de Dix pour Cent résonne dans chaque rôle qu’elle incarne au cinéma. Plus étonnant, c’est également Chiara Mastroianni qui sera en première ligne avec des situations cocasses. En ouverture, son personnage rompt avec son amant étudiant alors que celui-ci essayait de faire diversion vis-à-vis de sa copine. 

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 30/10/2019
  • Distribution France : Memento Films Distribution

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.

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Antoine Corte

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