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Le Bateau phare de Jerzy Skolimowski image film cinéma
© Malavida / L'Atelier d'images

[Critique] « Le Bateau phare » (1985) de Jerzy Skolimowski

Premier et seul long métrage américain à ce jour de l’auteur-réalisateur polonais Jerzy Skolimowski, Le Bateau phare (The Lightship), avec Robert Duvall et Klaus Maria Brandauer, est ressorti en salles de cinéma en France le 10 avril 2019 après avoir clôturé le Festival Play It Again !. L’avis et critique film de Bulles de Culture.

Synopsis :

Le capitaine Miller (Klaus Maria Brandauer), récupère son fils adolescent, Alex (Michael Lyndon), des mains de la police. De retour sur le Hatteras, un bateau-phare ancré au large des côtes de Virginie, l’équipage recueille trois hommes dérivant dans leur canot endommagé…

Le Bateau phare : le film américain d’un cinéaste polonais alors en exil

Malgré une reconnaissance internationale (Ours d’or à la Berlinale en 1967 pour Le Départ ; Grand Prix du Jury au Festival de Cannes en 1978 pour Le Cri du sorcier ; Prix du Scénario au Festival de Cannes en 1982 pour Travail au noir ; Prix Spécial du Jury à la Mostra de Venise en 1985 pour Le Bateau phare…), le cinéaste Jerzy Skolimowski avait, après plusieurs échecs, stoppé sa carrière cinématographique pendant 17 ans. En effet, en proie à la censure en Pologne, il avait dû se résigner à quitter son pays pendant très longtemps pour tourner ses films mais il rencontrait de plus en plus de difficulté à le faire. Heureusement, depuis une dizaine d’années, il a pu revenir sur le devant de la scène avec trois longs métrages polonais : Quatre nuits avec Anna (2008, Prix spécial du jury au Tokyo International Film Festival), Essential Killing (2010, Grand Prix du Jury à la Mostra de Venise) et 11 Minutes (2015). 

Douzième long métrage de sa filmographie, Le Bateau phare est un drame tourné aux Etats-Unis, durant son exil, et au point de départ singulier : un huis clos sur un bateau, muni d’un phare sur un mât, qui ne lève jamais l’ancre. Le capitaine Miller et son équipage y ont en charge de veiller à ce que les bateaux ne viennent pas s’échouer sur la côte. Mais l’étonnante et routinière sortie en mer (sans naviguer) de ces marins va être perturbée par l’arrivée surprise de passagers extérieurs : le fils du capitaine, en pleine crise de rébellion adolescente, et trois criminels en fuite.

Un habile huis clos

Au casting du film Le Bateau phare, l’acteur Klaus Maria Brandauer, qui campe le rôle d’un capitaine marqué par son passé de militaire pendant la Seconde Guerre mondiale, fait face à Robert Duvall, qui se régale avec son personnage de chef de gangster dandy. Entre ces deux personnages, une étrange relation va se nouer sous le regard d’un fils, alors en plein rejet de la figure paternelle — il est joué par Michael Lyndon, qui n’est autre que le fils du cinéaste. Ainsi, dans le confinement du bateau, Jerzy Skolimowski va filmer au près cette cohabitation forcée jusqu’à l’inévitable explosion de violences suite au refus de chacun des personnages à bord de céder. 

Porté par un casting et une réalisation solides, Le Bateau phare s’affirme comme un habile huis clos où la tension ne nous lâche pas jusqu’à son dénouement final.

 

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 10/04/2019
  • Distribution France : Malavida
  • A noter que la ressortie du long métrage Le Bateau phare a lieu à l’occasion en 2019 d’une rétrospective en salles du cinéaste Jerzy Skolimowski en 4 films (Travail au noir et Signes particuliers : néant sortis le 20 mars ; Walkover et Le Bateau phare sortis le 10 avril) soutenue par L’ardc (L’agence pour le développement régional du cinéma) et l’AFCAE (Association Française des Cinémas d’Art et d’Essai)
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Jean-Christophe Nurbel

Rédacteur en Chef / Editor in Chief chez Bulles de Culture
Accro aux films, aux pièces de théâtre, aux séries et à la culture en général, j'aime les œuvres qui me surprennent.

Top 3 Cinéma : "À bout de souffle" (1960), "Blade Runner" (1982), "Casablanca" (1942)
Top 3 TV : "Engrenages" (2005-...), "The Wire" (2002-2008), "Twin Peaks" (1990-1991)
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