enfr
Accueil / TELEVISION / VOD / SVoD / INTERVIEW TV / [Critique & Interview] « Un avion sans elle » (2018) de Jean-Marc Rudnicki
Un avion sans elle de Jean-Marc Rudnicki affiche mini-série

[Critique & Interview] « Un avion sans elle » (2018) de Jean-Marc Rudnicki

Présenté en compétition au Festival de Luchon et hors compétition à Séries Mania en 2019, la mini-série Un avion sans elle, adaptation d’un roman éponyme de Michel Bussi, publié aux éditions Presses de la Cité en 2012, est une nouvelle série évènement diffusée sur M6 à partir du mardi 26 mars 2019. L’avis et critique série de Bulles de Culture ainsi que notre interview de l’auteur-réalisateur Jean-Marc Rudnicki.

Synopsis :

L’assassinat du détective Jacques Monod (Bruno Solo) relance l’affaire du crash aérien de 1977 à la suite duquel deux familles, les Carville et les Vitral, se sont disputées l’unique survivante, un bébé de 3 mois. À l’époque, les tests ADN n’existaient pas, alors Émilie a-t-elle été attribuée à la bonne famille ? 20 ans plus tard, elle (Pénélope-Rose Lévèque) espère secrètement que ce n’est pas le cas…

Un avion sans elle : nouvelle adaptation d’un roman de Michel Bussi

Après la mini-série Glacé, qui nous avait laissé sur un sentiment mitigé, la chaîne M6 propose une nouvelle mini-série ambitieuse avec Un avion sans elle (quatre épisodes de 52 minutes), qui vient surfer sur la vague d’adaptations télévisuelles des romans de l’écrivain à succès Michel Bussi après Maman a tort sur France 2 et en attendant Le temps est assassin sur TF1. Mais disons-le tout de suite, contrairement à Glacé, le résultat est ici plus intéressant. Et le début du premier épisode d’Un avion sans elle est même encourageant avec la reconstitution grandeur nature d’un lieu de crash d’avion dans la forêt alsacienne dans les années 70. Un premier décor épatant pour une production télé française et qui confirme l’ambition de la chaîne avec cette mini-série.

« Pour le décor du crash, on a tourné en Alsace et l’Office national des forêts nous a laissé un terrain sur lequel on a pu travailler pendant un mois. On a construit une carlingue d’avion éventrée mais tout le reste, ce sont des morceaux d’avion qui viennent de casse d’avions : morceaux d’ailes, de réacteurs…, nous a expliqué le réalisateur Jean-Marc Rudnicki. J’ai aussi travaillé avec le Bureau d’Enquêtes et d’Analyses pour la Sécurité de l’Aviation civile qui travaille sur les crashs d’avion. Ils ont notamment travaillé sur le crash du Mont Saint-Odile, qui a eu lieu en Alsace et dont Michel Bussi s’est beaucoup inspiré pour son roman. LE BEA m’a expliqué comment un crash se passe, quelles sont les pièces qu’on y retrouverait… On a montré la zone de décor et ils nous ont aidés à travailler sur comment l’avion s’écraserait. En fonction de ça, on a construit une maquette où on a déterminé les endroits où poser l’avion et ses morceaux ».

Un seul bébé survivant mais deux familles possibles

Autour de l’histoire d’un bébé retrouvé miraculeusement parmi les débris d’un avion qui s’est crashé en Alsace, la série Un avion sans elle nous entraîne donc sur trois époques (1977-1978, 1983 et 1998) à la recherche de l’identité de cet enfant que deux familles vont se disputer la paternité pendant des années — sachant qu’à la fin des années 70 et au début des années 80, la justice ne disposait pas encore des tests ADN. Un point de départ intrigant qui va se prolonger vingt ans plus tard par le meurtre du personnage de Bruno Solo, qui a enquêté sur l’identité de ce bébé pendant vingt ans et qui semblait sur le point de faire une découverte décisive. Ce qui va conduire le personnage joué par Pénélope-Rose Lévèque de mener sa propre investigation sur elle-même.

« Le principal changement qui a été apporté par rapport au livre de Michel Bussi a été de mettre le personnage d’Émilie Vitral, le bébé miraculé, au centre du récit parce que dans le roman, il est beaucoup plus en creux, nous a ainsi expliqué le co-scénariste et réalisateur Jean-Marc Rudnicki. Dans le roman, c’est son frère qui enquête sur elle. Et pour un format télé, c’était plus intéressant de la voir en héroïne qui enquête sur sa propre identité ».

Un casting d’acteurs connus et de bonnes surprises

Côté casting, la mini-série Un avion sans elle s’appuie sur des comédiens bien connus des téléspectateurs ainsi que de bonnes surprises. La jeune comédienne Pénélope-Rose Lévèque, qui interprète Emilie, le bébé miraculé devenu jeune femme, fait partie de la seconde catégorie. Elle symbolise les héroïnes d’aujourd’hui alliant à la fois fragilité et force. « Elle a un côté juvénile dans le visage, gracile et sensible mais en même temps, on sent une force chez elle qui va certainement se développer avec le temps », nous a confié le réalisateur Jean-Marc Rudnicki. A ses côtés, le comédien Yaniss Lespert campe Marc, un personnage fraternel mais dont la relation avec elle va évoluer au fil du récit — « Je voulais que ce soit un garçon qui ait vraiment un côté très fraternel mais ne soit pas trop le beau gosse classique, nous a expliqué Jean-Marc Rudnicki...

Afficher spolier de la série Un avion sans elle
On ne voulait pas que cette relation qui au départ paraît incestueuse soit trop sexy. Il fallait que cela reste plausible et pas trop glamour ».
Ce duo est complété par l’actrice Margaux Chatelier qui interprète Nina, la meilleure copine d’Emilie.

Côté grands-parents qui se disputent la paternité de l’enfant survivant, les acteurs Agnès Soral et Emmanuel Quatra incarnent la famille populaire des Vitral face à la famille plus bourgeoise et aristocratique des Carville, représentée par les comédiens Anne Consigny et Didier Bezace.

Côté enquêteurs, il y a Jacques Monod, le flic à l’ancienne et qui traverse les époques, joué par Bruno Solo — Jean-Marc Rudnicki l’a choisi pour son « côté un peu méchant et en même temps très populaire » —, plus le duo de flics des années 98, interprété par Foëd Amara, un acteur aux faux airs de Mark Ruffalo et qui est l’autre bonne surprise de la série — « Je trouve qu’il a un petit côté Marlon Brando à ses débuts. J’ai eu un coup de coeur pour lui quand je l’ai vu dans la saison 5 d’Engrenages où il joue un indic. Ce n’est pas quelqu’un du sérail, il a été conducteur de métro à la RATP et à un moment donné, il y a eu un casting sauvage, il s’est fait repéré et il a commencé à jouer. C’est quelqu’un qui n’a pas du tout de techniques contrairement aux autres. Il a un côté très instinctif. Il a amené quelque chose de viril et il a un côté sexuel assez animal et ça ne m’étonne pas que le personnage de Nina tombe amoureuse avec lui » — et Anne-Elisabeth Blateau. Selon Jean-Marc Rudnicki, « c’est très difficile aujourd’hui de renouveler les duos de flics parce que c’est vraiment devenu des clichés. D’ailleurs, il n’y a pas de flics dans le livre de Miche Bussi. J’ai été obligé de créer des flics parce que dans le livre, comme c’est Marc, le frère, qui mène l’enquête, il a le journal intime de Jacques Monod, donc il a toutes les infos qu’il faut. Mais là, en changeant la structure dans l’adaptation télévisuelle, il me fallait à un moment donné des flics qui amènent des informations qu’Emilie ne pouvait pas trouver sur elle-même par elle-même ».

Une bonne surprise

Bref, avec un tournage à Paris, dans la région Grand-Est — dans les Ballons des Vosges du côté de Munster et autour du lac Vert du Mont Tanet — et dans celle des Hauts-de-France — à Lille, à Dunkerque et sur la plage de Malo Bray-Dunes —, un scénario de Jean-Marc Rudnicki, Nicolas Durand-Zouky, Mikael Ollivier et Clara Bourreau, une réalisation de Jean-Marc Rudnicki et une musique originale de Nicolas Errèra« J’avais très envie qu’il y ait un thème pour Lili et une musique très épurée, avec du violoncelle et un peu de sonorités électro. Et la série Broadchurch, que j’adore, a été une très grande influence pour la musique, » nous confié le réalisateur Jean-Marc Rudnicki —, la mini-série Un avion sans elle est une bonne surprise avec un point de départ accrocheur — un bébé miraculé dont la paternité est au départ impossible à déterminer avec certitude —, un bon suspense — malgré quelques incohérences et certains rebondissements que l’on devine assez vite, on se laisse prendre par l’histoire — et le récit de rivalités familiales sur vingt ans dont le dénouement final est poignant.

« La fin est identique à la celle du roman, nous a d’ailleurs glissé Jean-Marc Rudnicki, même si les personnages ont un peu changé et qu’on a simplifié un peu des choses. L’esprit du livre de Michel Bussi est là avec la particularité qu’Emilie est l’héroïne de son propre destin ».

Propos recueillis au Festival de Luchon 2019 le samedi 9 février 2019.

En savoir plus :

  • Un avion sans elle est diffusé sur M6 à partir du mardi 26 mars 2019 à 21h. La mini-série est également diffusée en streaming et disponible en replay sur 6play
  • Série déconseillée aux moins de 10 ans
Follow me

Jean-Christophe Nurbel

Rédacteur en Chef / Editor in Chief chez Bulles de Culture
Accro aux films, aux pièces de théâtre, aux séries et à la culture en général, j'aime les œuvres qui me surprennent.

Top 3 Cinéma : "À bout de souffle" (1960), "Blade Runner" (1982), "Casablanca" (1942)
Top 3 TV : "Engrenages" (2005-...), "The Wire" (2002-2008), "Twin Peaks" (1990-1991)
Jean-Christophe Nurbel
Follow me

Les derniers articles par Jean-Christophe Nurbel (tout voir)

    Laisser un commentaire

    Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.