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[Critique] « Edmond » (2018) : Un ingénu talentueux

Après des succès théâtraux tel que Le Porteur d’Histoire, le metteur en scène Alexis Michalik a cette fois décidé de s’équiper d’une caméra. Il nous propose ainsi son premier long métrage, adapté de sa pièce Edmond déjà très apprécié du public. L’avis et critique film de Bulles de Culture.

Synopsis :

Décembre 1897, Paris. Edmond Rostand (Thomas Solivérès) n’a pas encore trente ans mais déjà deux enfants et beaucoup d’angoisses. Il n’a rien écrit depuis deux ans. En désespoir de cause, il propose au grand Constant Coquelin (Olivier Gourmet) une pièce nouvelle, une comédie héroïque, en vers, pour les fêtes. Seul souci : elle n’est pas encore écrite. Faisant fi des caprices des actrices, des exigences de ses producteurs corses, de la jalousie de sa femme, des histoires de cœur de son meilleur ami et du manque d’enthousiasme de l’ensemble de son entourage, Edmond se met à écrire cette pièce à laquelle personne ne croit. Pour l’instant, il n’a que le titre : Cyrano de Bergerac.

Edmond vous immerge dans les coulisses de la pièce de théâtre française la plus célèbre de son histoire. Le plus grand succès public mais aussi le dernier puisque quelques années après, le cinématographe des frères Lumières recouvrira de son ombre les planches de la scène, sous l’impulsion de Georges Méliès. L’œuvre d’Alexis Michalik connaîtra-t-elle le même panache que le Cyrano de Bergerac écrit par Edmond Rostand ?

Une source d’inspiration

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© Gaumont

A quoi tient un triomphe ? A un soupçon d’audace, à de la ténacité ? Rien ne laissait présager cette émulation finale. En panne d’inspiration depuis plusieurs années, c’est en désespoir de cause qu’Edmond Rostand propose le rôle principal (Cyrano) d’une pièce pas encore écrite, au comédien Constant Coquelin, interprété par Olivier Gourmet (Chocolat, 2016 ; Un peuple et son roi, 2017). Le film d’Alexis Michalik retrace les circonstances des événements ayant abouti à la première de Cyrano de Bergerac. Le long métrage Edmond est un divertissement, mais aussi une œuvre instructive. Les spectateurs n’auront de cesse de remarquer la correspondance entre le quotidien d’Edmond Rostand et les célèbres tirades de son personnage.

Mais même si la légendaire pièce est finalement inspirée de faits réels, le film nous dévoile qu’un catalyseur est nécessaire pour faire jaillir un talent latent. Malgré les obstacles, le doute viscéral, les exigences de ses producteurs et les caprices des actrices, Edmond Rostand se démènera pour préserver sa source d’inspiration.

Edmond, un Cyrano candide

Edmond est aussi une allégeance au théâtre. Le réalisateurAlexis Michalik rend en effet hommage à toutes les petites mains et à l’ensemble des intervenants qui œuvrent pour construire et faire vivre une pièce.

Cachés derrière le rideau mais exposés à la lumière dès qu’il tombe, les comédiens sont sur le devant de la scène. Alors qu’Alexis Michalik avait jeté son dévolu sur Guillaume Sentou pour sa pièce de théâtre, c’est Thomas Solivérès (Les Aventures de Spirou et Fantasio, 2018 ; Sales Gosses, 2016) qui incarne les traits d’Edmond dans la version long métrage. Un rôle exigeant, puisqu’il matérialise un homme d’un grand talent soumis au doute et à une angoisse perpétuelle. On peut regretter la candeur et la crédulité exacerbée du personnage, qui agace un peu mais qui heureusement n’entache pas la réussite du film.

Les spectateurs seront séduits par Edmond, une œuvre qui réussit à sortir son auteur de l’ombre de sa création. Avant de vous presser au cinéma et afin d’apprécier pleinement Edmond, il est peut-être recommandé de (re)lire la pièce, ou tout simplement de vous (re)plonger dans le film Cyrano de Bergerac de Jean-Paul Rappeneau, récompensé de plusieurs prix dont dix César et un Oscar en 1991.

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 09/01/2019
  • Distribution France : Gaumont Distribution

Pierre L.

Rédacteur / Editor chez Bulles de Culture
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Pierre L.

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