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[Critique] « Au bout des doigts » (2018) : les valeurs de la musique

Au bout des doigts de Ludovic Bernard avec Jules Benchetrit, Lambert Wilson et Kristin Scott Thomas est dans les salles de cinéma depuis le 26 décembre 2018. L’avis et la critique film de Bulles de Culture. 

Synopsis :

La musique est le secret de Mathieu Malinski (Jules Benchetrit), un sujet dont il n’ose pas parler dans sa banlieue où il traîne avec ses potes. Alors qu’un des petits cambriolages qu’il fait avec ces derniers le mène aux portes de la prison, Pierre Geitner (Lambert Wilson), directeur du Conservatoire National Supérieur de Musique l’en sort en échange d’heures d’intérêt général. Mais Pierre a une toute autre idée en tête… Il a décelé en Mathieu un futur très grand pianiste qu’il inscrit au concours national de piano. Mathieu entre dans un nouveau monde dont il ignore les codes, suit les cours de l’intransigeante « Comtesse » (Kristin Scott Thomas) et rencontre Anna (Karidja Touré) dont il tombe amoureux. Pour réussir ce concours pour lequel tous jouent leur destin, Mathieu, Pierre et la Comtesse devront apprendre à dépasser leurs préjugés…

Au bout des doigts : transmission et passion

Avec Au bout des doigts, Ludovic Bernard s’attaque une nouvelle fois au sujet de la jeune génération qui a envie de se dépasser. Après l’Ascension (2015), sur un jeune (Ahmed Sylla) qui se lance dans l’ascension de l’Everest pour séduire une fille, le cinéaste va centrer davantage son récit sur le thème du don. Le personnage principal a ce don pour la musique. Celui-ci lui a été transmis par M. Jacques, joué par Michel Jonasz, dont les moments autour du piano sont en quelque sorte des madeleines de Proust qui rejaillissent à l’adolescence. Or, il est bien là l’attrait principal du film puisque Ludovic Bernard étudie minutieusement l’origine de la notion de don, provenant selon lui d’une transmission. Le don n’est donc pas génétique mais résultat d’une culture, d’une éducation…

Au bout des doigts photo film critique avis Jules Benchetrit Kristin Scott Thomas
© Thierry Valletoux

Au bout des doigts est pourtant très clair. Pas de don, sans travail. C’est à ce moment que le personnage joué par Lambert Wilson intervient. Ce dernier décèle le potentiel du jeune Mathieu Malinski pour le faire émerger. Le parcours est évidemment semé d’embûches à travers des péripéties assez classiques et une traditionnelle histoire d’amour qui ne font pas du film un bijou d’originalité scénaristique.

La découverte Jules Benchetrit

Pourtant, au-delà du récit, Ludovic Bernard réussit à faire émerger un jeune talent du cinéma français : Jules Benchetrit. Dans une sorte de parallélisme avec le personnage qu’il incarne, l’acteur, fils de Samuel Benchetrit et de Marie Trintignant, a cette fibre pour être acteur. Au bout des doigts intervient pour lui comme un révélateur. Sur la direction de Ludovic Bernard, le comédien montre un véritable potentiel dramatique qu’il faudra continuer de travailler dans ses futurs films.

Au bout des doigts photo Jules Benchetrit interiew film
© Thierry Valletoux

Il faut dire que Jules Benchetrit a beaucoup bûché pour ce film. Lui qui ne connaissait rien au piano a dû apprendre les gestes du musicien. Il reçoit pour ce faire l’aide de Harry Allouche et de Jennifer Fichet. On doit au premier la très prenante musique originale du film, mise en valeur dès la scène d’ouverture où l’on voit passer en accélérer la foule dans une gare. La seconde est la pianiste de la bande son, interprétant notamment le morceau final : « piano concerto no. 2 » de Sergueï Rachmaninov.

Ainsi, même si Au bout des doigts n’est pas d’une ingéniosité folle en terme d’histoire, le film communique des valeurs essentielles qu’il est bon de montrer au cinéma.

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 26/12/2018
  • Distribution France : Mars Films
  • Retrouvez l’interview de Jules Benchetrit et Ludovic Bernard pour le film
Antoine Corte

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.

Top 3 Cinéma : "Moulin Rouge !" (2001), "Titanic" (1997), "Les Parapluies de Cherbourg" (1964)
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