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MA MERE EST FOLLE de Diane Kurys affiche film

[Critique] « Ma mère est folle » (2018) : Malgré Vianney, un film qui tourne à vide

Ma mère est folle, le nouveau film de Diane Kurys, marque les débuts devant la caméra du chanteur à succès, Vianney. Il se retrouve face à la grande Fanny Ardant qui nous avait plus que séduits au théâtre. L’avis et critique film de Bulles de Culture très déçu.

Synopsis :

Nina (Fanny Ardant) voit débarquer chez elle les huissiers. Jamais douée pour gérer son argent, elle se souvient que c’est l’une des raisons pour lesquelles sa relation avec son fils Baptiste (Vianney) s’est teintée de mépris. Elle tente de renouer contact avec lui avec une idée de trafic d’herbes derrière la tête.

Ma mère est folle… et le cinéma aussi

Qu’est-ce qui fait la beauté et la dimension d’un film ? Vaste débat. Sans doute sa capacité à toucher le cœur, pas celle de se regarder le nombril. Or, c’est un peu ce que fait Diane Kurys — même si nous ne la connaissons pas personnellement !— ou plutôt ce qu’elle fait faire à ses personnages dans Ma mère est folle sorti le 5 décembre 2018. On ne demande pas au cinéma d’être forcément utile mais au moins de toucher. Dans Ma mère est folle pourtant — hélas ! — et sans doute grandement financé, aucune empathie n’est possible avec les personnages. Le film n’est ni original, ni drôle. Juste lisse et ennuyeux. Comme la définition au sens péjoratif de film bourgeois : soucieuse de sa tranquillité, dépourvue de grandeur d’âme et d’ouverture d’esprit, cette réalisation est même à certains moments maladroite.

Ribambelle de clichés

Ma mère est folle photo 2 (c) Alexandre Films cinéma
© Alexandre Films

Pourquoi emploie-t-on encore le terme « bourgeois » ? Car le film Ma mère est folle de Diane Kurys s’endort — et nous avec ! — dans un certain confort en commençant par livrer une héroïne — Nina alias Fanny Ardant, actrice plus inspirée lors de son retour sur les planches en 2016 — assez cliché : une gaucho qui fait penser tantôt à une bobo, tantôt à une écervelée. Ses considérations pleines de vacuité prennent toute la place et le film en oublie son propos : l’éloignement fils/mère. Pire : il donne l’impression de tomber comme un cheveu sur la soupe. Et lorsque le spectateur s’en rend compte, il est déçu pour Vianney — qui signe une très, très bonne prestation pour ses débuts au cinéma — avant de changer rapidement d’avis. Son personnage est à baffler tant il semble ne pas se sentir concerné par le monde autour de lui… et accumule donc les maladresses verbales, à la limite du racisme ou de l’homophobie. Quel dommage avec une marraine-fée comme Arielle Dombasle… qui joue ici quasiment son propre rôle ! Les acteurs ne sont d’ailleurs pas aidés par leurs dialogues.

En bref : Ma mère est folle est une erreur du cinéma français que les producteurs doivent réparer au plus vite en finançant des films plus subtils et plus intelligent sur le plan sociétal.

En savoir plus :

  • Date de sortie Belgique et France : 05/12/2018
  • Distributeur Belgique : Distri7
  • Distribution France : Rezo Films

Luigi Lattuca

Rédacteur / Editor chez Bulles de Culture
Journaliste culturel fasciné par les comportements humains, aimant se retrouver défendant le ciné en solo et se délectant aussi de séries télé et d'essais percutants.

TOP 3 TV : "Desperate Housewives" (2004-2012), "Revenge" (2011-2015), "2 Broke Girls" (2011-...)
TOP 3 Cinéma : "Batman, le défi" (1992), "La Belle et la Bête" (1991), "8 Femmes" (2002)
TOP 3 Littérature : "Le bilan de l'intelligence" (1935) de Paul Valéry, "Robert des noms propres" (2002) d'Amélie Nothomb, "A nous deux, Paris !" (2012) de Benoît Duteurtre

Site personnel : Les caprices de Luigi

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