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8 avenue Lénine critique film avis
© D.R.

[Critique] « 8, avenue Lénine » (2017) de Valérie Mitteaux et Anna Pitoun

15 ans après Caravane 55 (2003), Valérie Mitteaux et Anna Pitoun retrouvent Salcuta Filan et les siens dans 8, avenue Lénine. En suivant cette famille dans son périple quotidien, entre stigmatisation et autres préjugés, les deux réalisatrices nous donnent une leçon d’humilié et d’humanité. L’avis et la critique film de Bulles de Culture.

Synopsis :

8, avenue Lénine est un documentaire qui conte l’histoire de Salcuta Filan et de ses deux enfants, Denisa et Gabi. Une famille rom roumaine qui vit en banlieue parisienne depuis 15 ans. Alors que de nombreux responsables politiques ne cessent que les Roms ont » vocation à rentrer chez eux », Salcuta fait la preuve que la France et L’Europe ont la capacité de les accueillir dignement, et que lorsque c’est le cas, il n’y a plus de <<question rom>>. Car en tant qu’européenne, Salcuta a choisi. Et chez elle, c’est ici, en France.

 

Faut de tout pour faire un monde!

On ne sait pas si les habitants d’Archères en Yvelines étaient fan de la série, mais leur histoire avec les Roms, toutes proportions gardées, semble plus proche d’Arnold et Willy que de la vraie vie! En effet, difficile d’imaginer en ces temps troublés, que les habitants d’une ville s’unissent pour venir au secours d’immigrés. Et pourtant c’est bien arrivé, comme nous le montrent en introduction Valérie Mitteaux et Anna Pitoun qui ont eu la chance d’y assister et surtout de le filmer. Mieux encore, outre les habitants qui ont fait preuve d’une abnégation sans faille, il y a des politiques qui ont suivi, le maire de la ville qui a écouté ceux qui l’ont voté ! En voyant 8, avenue Lénine, on se dit que la solidarité existe encore et que les politiques ne sont tous pas toujours critiquables.

Elle fait ce qu’elle a dit!

Quand on retrouve Salcuta plus de 10 ans plus tard, poussant le balai dans une cour d’école, on se souvient que dans les premières images, elle voulait juste travailler. Balayer, nettoyer les toilettes, n’importe quoi, disait-elle alors. Un boulot qui n’en fait pas rêver beaucoup, que certains dissimulent. Un boulot dont Salcuta est pourtant fière parce qu’il lui a rendu sa dignité, permis d’élever ses enfants en toute tranquillité. Rien à voir avec les super jobs dont certains se disent spoliés par les soi-disant étrangers, mais qui lui permet de payer son loyer. Comble de l’ironie et gros pouce en l’air pour les réalisatrices qui superposent aux coups de balai consciencieux et silencieux, les élucubrations, la voix de mégère, vulgaire, d’une femme qui voulait devenir Présidente de SA France à elle…

C’est ce que fait 8, avenue Lénine. Il démonte toutes les absurdités que l’on peut entendre, dont on abreuve les citoyens toute la sainte journée! Le pire étant que ces personnes sont victimes de stigmatisation à tous les niveaux, y compris dans chez eux, par leurs concitoyens. Comme une plaie sans fin…

L’envie d’avoir envie!

8, avenue Lénine serait donc la réponse à feu Johnny. le documentaire de Valérie Mitteaux et Anna Pitoun donne envie d’avoir envie d’aider les autres. De se rappeler que personne dans la vie ne choisit sa couleur, ou juste les conditions politiques et économiques qui peuvent le pousser à tout risquer pour un lendemain meilleur.  Si les habitants d’Archères y sont parvenus, nous pouvons tous le faire. 8, avenue Lénine donne envie d’un nouveau chemin politique, plus proche de l’humain et pourrait éduquer quelques malins qui parlent beaucoup mais n’y connaissent rien.

On a envie d’avoir envie d’y croire! Ce qui est très loin d’être toujours facile pour quelques uns d’entre nous, notamment quand arrivent des événements comme un certain 13 novembre . Quand la peur les assaille alors et que, esprits faibles et vulnérables, ils se mettent à fixer intensément vers la direction pointée par un doigt accusateur, vers l’étranger…

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 14/11/2018
  • Distribution France : Point Du Jour, DHR-A VIF CINEMAS
Fanny N.

Fanny N.

Rédactrice / Editor chez Bulles de Culture
J'aime rire, j'aime pleurer, l'aime danser, j'aime chanter et tout ça, je le vis souvent au cinéma.

TOP 3 Cinéma : "Légendes d'automne" (1994), la saga "Le Parrain", "La Jeune fille à la perle" (2003)
Fanny N.

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