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The Song of The Tree affiche film

[Critique] « The Song of the Tree » (2018) : Le premier long métrage musical du Kirghizistan

Après deux sélections prestigieuses au 40e Moscow International Film Festival et au 23e Busan International Film Festival, The Song of the Tree (ДАРАК ЫРЫ) du réalisateur Aibek Dayyrbekov effectue cette semaine sa première européenne au 22e Black Nights Film Festival à Tallin en Estonie. L’avis et critique film de Bulles de Culture.

Synopsis :

Au 18e siècle, dans les vastes montagnes du Kirghizistan, Esen (Omurbek Izrailov), un jeune homme désireux de faire ses preuves mais trop impétueux, rompt sans le vouloir la quiétude de sa tribu et de sa famille lorsqu’il provoque la colère de sire Bazarbai (Temirlan Smanbekov), chef de la tribu et père de Begimai (Saltanat Bakaeva), la jeune femme dont il est épris. Les deux jeunes gens s’enfuient ensemble mais sont vite rattrapés, et Esen est laissé pour mort…

The Song of the Tree : un film à l’entrain communicatif

The Song of The Tree image Aibek Dayyrbekov film
© Droits réservés

Mettant en valeur les traditions et les croyances du Kirghizistan, profitant de ses magnifiques décors naturels et de ses costumes chatoyants, filmé et monté avec élégance, ce long métrage à l’attrait et au rythme immersifs est irrésistible. En effet, à la vision de The Song of the Tree, on ne peut s’empêcher de penser que toute son équipe artistique semble avoir cru profondément au projet qu’elle réalisait et à l’histoire qu’elle racontait. Il émane en particulier des acteurs une forte impression de sincérité qui fait véritablement résonner chaque scène chantée et les rend toutes importantes au récit.

Un conte à la morale irréprochable

Si son intrigue peut de prime abord paraître familière, le long métrage The Song of the Tree parvient avec brio à éviter les écueils dans lesquels il aurait pu tomber. Même l’inévitable revanche du héros, qui s’amorce par une bagarre au corps-à-corps, ne se résout pas de façon prévisible et déjoue le cliché du « oeil pour oeil, dent pour dent » qui aurait non seulement été moralement critiquable, mais qui aurait surtout terni la teneur progressiste du film.

En l’occurrence, conte à valeur universelle sur l’honneur perdu d’une tribu et son arbre sacré, sur la fierté fatidique des hommes et le sens du devoir déchirant des femmes, le premier film d’Aibek Dayyrbekov surprend constamment.The Song of the Tree présente au final un message bienvenu et socialement inspiré en laissant ses personnages principaux faire le choix de la non-violence, en leur faisant assumer la responsabilité de leurs erreurs ou de leurs méfaits et accepter leur juste châtiment — y compris et notamment les chefs de tribu.

Concluant en apothéose ce film à grand spectacle, la scène finale à la puissante vertu symbolique et à l’ampleur réellement épique atteint des sommets d’émotions. The Song of the Tree est du vrai cinéma dans sa forme la plus pure.

En savoir plus :

Sébastien Simon

Sébastien Simon

Rédacteur / Editor chez Bulles de Culture
Un contributeur certes irrégulier à Bulles de Culture, mais le coeur y est toujours.
Sébastien Simon

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