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[Critique] « Sale temps à l’hôtel El Royale » (2018) de Drew Goddard

Le scénariste de Seul sur Mars (2015), Drew Goddard, nous propose une œuvre digne de Quentin Tarantino avec Sale temps à l’hôtel El Royale (Bad Times at the El Royale). Une immersion au cœur d’un hôtel, qui ne laissera pas les spectateurs indifférents. L’avis et critique film Bulles de Culture.

Synopsis :

Sept étrangers, chacun avec un secret à planquer, se retrouvent au El Royale sur les rives du lac Tahoe ; un hôtel miteux au lourd passé. Au cours d’une nuit fatidique, ils auront tous une dernière chance de se racheter… avant de prendre un aller simple pour l’enfer.

L’hôtel El Royale n’est pas sans rappeler le palace Overlook de Shining (1980) : une atmosphère étrange et envahie par le vide. Loin du film d’angoisse réalisé par Stanley Kubrick (2001 : l’odyssée de l’espace, 1968), Sale temps à l’hôtel El Royale emprunte un scénario et un rythme proche de l’univers de Quentin Tarantino (Les Huit salopards, 2015). Le film s’ouvre ainsi sur un champ fixe de plusieurs minutes, où l’on voit un personnage s’afférer. Un prologue théâtrale puisque la scène est immobile, le décor immuable. Puis la cadence s’installe et sera crescendo. Les péripéties s’accumuleront, jusqu’à la dernière minute par un coup de théâtre final.

Une dualité permanente

Sale temps à l'hôtel El Royale critique film avis Dakota Johnson photo
© 20th Century Fox

S’il fallait choisir un terme pour illustrer Sale temps à l’hôtel El Royale, ce serait l’oxymore. En effet, l’ensemble du film est construit sur la cette figure de dualité, tout comme l’est l’hôtel situé à la frontière entre la Californie, incarnant chaleur et lumière, et le Nevada, terre d’espoir et d’opportunités. La bâtisse, ancienne annexe de célébrités et de politiques, est désormais à l’abandon. Seul résident, le curieux Miles, incarné par Lewis Pullman (La Route sauvage (Lean on Pete), 2017), à la fois réceptionniste et homme à tout faire. C’est dans cet hôtel, allégorie de la confrontation entre le présent et le passé, que viennent s’installer nos protagonistes.

Sale temps à l’hôtel El Royale : une épopée

Sale temps à l'hôtel El Royale critique film avis Cynthia Erivo photo
© 20th Century Fox

Difficile de parler du film réalisé et écrit par Drew Goddard (Marvel’s Daredevil saison 2), sans révéler une partie de l’intrigue, mais nous allons faire un effort. Construit sur le même principe que Les Huit salopards (2015) de Quentin Tarantino, Sale temps à l’hôtel El Royale narre la rencontre de sept individus au sein de l’établissement. Sept personnages totalement torturés, dont les destins convergent au El Royale.

C’est une épopée intérieure qui nous est racontée à travers cette œuvre, où chaque protagoniste sera confronté à son passé, dévoilé au spectateur par l’intermédiaire de feed-back. Chacun étant en quête de soi et d’une orientation pour son existence. La rencontre entre le prête, incarné par Jeff Bridges (Kingsman: Le Cercle d’or, 2017 ; Comancheria, 2016), le vendeur professionnel, la chanteuse de soul et la hippie, interprétée par Dakota Johnson (Cinquante Nuances plus claires, 2018 ; Cinquante Nuances plus sombres, 2017 ; Cinquante Nuances de Grey, 2015), viendra catalyser leur destinée, pour le meilleur ou le pire.

Sale temps à l’hôtel El Royale est un film très bien ficelé et dont la surprise nous cueille jusqu’à la dernière minute que nous offre Drew Goddard. L’exploitation du hors-champ est judicieuse, elle donne libre cours à notre imagination et alimente le suspens. Le spectateur sera probablement séduit par ce bijou cinématographique de fin d’année.

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 07/11/2018
  • Distribution France : Twentieth Century Fox France

Pierre L.

Rédacteur / Editor chez Bulles de Culture
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Pierre L.

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