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Stéphane Freiss dans la pièce de théâtre "Le Fils" de Florian Zeller
© D.R.

[Critique] Reprise de la pièce de théâtre « Le Fils » de Florian Zeller

La pièce de théâtre Le Fils de Florian Zeller est de retour depuis le 12 septembre 2018 à la Comédie des Champs-Élysées. Si Rob Paradot conserve son rôle principal, le casting est modifié avec l’arrivée de Stéphane Freiss et Florence Darel. L’avis et critique théâtre de Bulles de Culture.

Synopsis :

Nicolas (Rod Paradot) a dix-sept ans et semble avoir du mal à vivre. Il n’est plus cet enfant lumineux qui souriait tout le temps. Que lui est-il arrivé ? Et pourquoi ne va-t-il plus en cours ? Dépassée par les événements, sa mère (Florence Darel) ne sait plus quoi faire, et Nicolas demande à vivre chez son père (Stéphane Freiss). Ce dernier va tout faire pour tenter de le sauver et lui redonner le goût de vivre. Mais peut-on vraiment sauver quelqu’un d’autre que soi-même ?

Reprise de la pièce Le Fils au théâtre : Stéphane Freiss devient le père à la place d’Yvan Attal

Depuis le début d’année, Le Fils a gagné ses galons de pièces incontournables avec 6 nominations aux Molières 2018 et un prix de la révélation masculine pour Rod Paradot. Stéphane Freiss remplaçant Yvan Attal, c’est une nouvelle aventure qui s’ouvre pour cette œuvre théâtrale. La fusion père-fils ne se trouve pas atteinte par ces changements. Stéphane Freiss incarne avec brio cette figure paternelle à l’écoute d’un adolescent incompris. Mais c’est toujours la prestation de Rob Paradot qui étonne. L’acteur se donne sans concession dans un rôle délicat. Le jeune comédien laisse d’ailleurs apparaitre quelques signes de stress, qui servent à accroitre notre empathie envers son personnage. Si l’adolescent est parfait sur les planches, le professionnel qu’il est doit cependant bien veiller à se détacher de ce rôle et ne pas non plus mettre trop de lui.

Une pièce émouvante mais un peu caricaturale

Comme à la première session, Le Fils continue d’émouvoir par son sujet tragique, et si peu abordé en fiction. On peut cependant reprocher à Florian Zeller d’être un peu hésitant, voir caricatural, sur ses lignes directrices. Le mal-être dépressif de ce jeune homme parait profond. Il est perdu, ne comprend pas pourquoi il vit, n’arrive pas à se soulager. Et pourtant, l’auteur laisse trop penser que la cause primaire de sa dépression est la séparation de ses parents. Si elle peut en être le facteur déclenchant, cette maladie grave (et non un état passager) est résolument plus complexe car multi-factorielle — d’où la très grande difficulté à la soigner !. Or, Florian Zeller accentue trop l’aspect mono-cause de la dépression en pointant du doigt ce divorce mal ressenti.

Chose étrange également, les protagonistes, notamment le père, sont aveugles aux rejets de ce jeune homme face à la déconstruction familiale, alors que les signes sont plutôt évident. Il aurait probablement fallu que Le Fils assume davantage son côté sociologique en étudiant presque exclusivement le sujet de la maladie dépressive, en se détachant d’une histoire plus classique.

En savoir plus  :

  • Le Fils à la Comédie des Champs-Élysées (Paris, France) du 12 septembre au 30 décembre 2018
Antoine Corte

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.

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