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People That Are Not Me de Hadas Ben Aroya affiche film

[Critique] « People That Are Not Me » (2016) de Hadas Ben Aroya

Écrit, réalisé et joué par la même personne, le long métrage People That Are Not Me (אנשים שהם לא אני) suit les tribulations d’une jeune femme de Tel-Aviv. Sous les traits de Joy, la talentueuse et très prometteuse Hadas Ben Aroya, ce film nous présente une des facettes de la jeunesse israélienne, mais pas seulement. Elle nous raconte les jeunes femmes d’aujourd’hui. L’avis et critique film de Bulles de Culture.

Synopsis :

Joy (Hadas Ben Aroya) est une jeune fille qui entretient une relation d’amour-haine avec ses rapports sexuels occasionnels. Tout son univers se résume à son appartement et à la rue dans laquelle il est situé, la même rue dans laquelle vit aussi son ex (Netser Charitt), celui qui refuse tout contact avec elle. Joy tente désespérément de le reconquérir, refusant de le laisser partir jusqu’à ce qu’elle tombe sur Nir (Yonatan Bar-Or), un intellectuel bavard, qui dit et fait ce qu’il veut.

People That Are Not Me : être une femme libérée…

People That Are Not Me de Hadas Ben Aroya image film
© Wayna Pitch

Dans la première scène du film People That Are Not Me, la vie de Joy c’est tout sauf l’éclate, elle est en larmes. Et pour cause, elle s’est fait larguer et son ex ne veut pas la revoir. Après avoir enregistré sa peine en vidéo, c’est pourtant tranquillement qu’on la retrouve dans la rue, prête à faire de nouvelles rencontres.  Et des nouvelles rencontres, elle va en faire. Elle va sortir, elle va vivre, surtout ne pas se laisser abattre. Joy est une femme de son temps. Elle est libre, voire libérée, comme beaucoup d’autres jeunes femmes d’aujourd’hui. People That Are Not Me illustre tout à fait ce propos. Il n’y a rien de nouveau au soleil, on est tous au courant, les jeunes femmes font ce qu’elles veulent. La force de Hadas Ben Aroya est cependant qu’elle montre la dualité de cette liberté, l’envers du décor, sans fioriture.

… c’est pas si facile !

People That Are Not Me de Hadas Ben Aroya image film
© Wayna Pitch

En effet, People That Are Not Me, c’est Bridget Jones sans Céline Dion qui hurle All By Myself. C’est un épisode de Sex in The City dans lequel la libertine Samantha et la romantique Carrie cohabiteraient dans le même corps. On peut aussi penser à Girls de Lena Dunham ou à Insecure d’Issa Rae, la liste de comparaisons est non exhaustive.  Et cela peut d’ailleurs être réducteur pour la jeune réalisatrice, mais la vérité est qu’on a rarement vu au cinéma ce que représente cette liberté sans l’entourer de gimmicks. Il est ici réalisé par une femme, mais n’est pas girly. Hadas Ben Aroya dépeint en 1h20 un portrait beaucoup plus vrai de la nouvelle génération que bien des séries tenant les mêmes propos sur plusieurs saisons.

Le film parle d’une dualité pas si facile à gérer. De la nécessité de composer, face au monde. Cette nécessité d’être fort même quand on est au fond du trou. Cette personne qu’on prétend tous les jours être, mais qui n’est pas tout à fait nous…

A star is born?

People That Are Not Me de Hadas Ben Aroya image film
© Wayna Pitch

Lorsqu’on sait que le film People That Are Not Me est à la base un projet de fin d’études, on se dit qu’Hadas Ben Aroya doit en avoir sous le pied. Ce film est très éloigné de nombreux premiers longs métrages, généralement des assemblages maladroits d’influences diverses. La jeune réalisatrice rend quant à elle déjà une copie fort propre, avec des directions, influences ou pas, bien affirmées. Est-elle féministe ? Quoiqu’il en soit mettre l’accent sur l’expression du plaisir et non pas l’acte en lui-même, n’est pas souvent le choix fait par des réalisateurs masculins…

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 24/10/2018
  • Distribution France : Wayna Pitch
Fanny N.

Fanny N.

Rédactrice / Editor chez Bulles de Culture
J'aime rire, j'aime pleurer, l'aime danser, j'aime chanter et tout ça, je le vis souvent au cinéma.

TOP 3 Cinéma : "Légendes d'automne" (1994), la saga "Le Parrain", "La Jeune fille à la perle" (2003)
Fanny N.

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