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[Critique] « Un Peuple et son roi » (2018) de Pierre Schoeller

Avec un casting plus qu’alléchant avec Adèle Haenel, Gaspard Ulliel, Laurent Lafitte et Céline Sallette en autres, Un Peuple et son roi de Pierre Schoeller raconte au plus près la Révolution française à Paris. L’avis et critique film de Bulles de Culture.

Synopsis :

En 1789, un peuple est entré en révolution. Écoutons-le. Il a des choses à nous dire. Un Peuple et son roi croise les destins d’hommes et de femmes du peuple, et de figures historiques. Leur lieu de rencontre est la toute jeune Assemblée nationale. Au cœur de l’histoire, il y a le sort du Roi et le surgissement de la République…

Un Peuple et son roi : mise en scène grandiloquente et casting 5 étoiles

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© Jérôme Prébois

Ma grande inquiétude en allant voir le film Un Peuple et son roi était d’assister à un cours d’Histoire. C’est pourquoi j’ai eu très peur en voyant que le film était divisé en tableaux avec des intertitres. Il y a même des voix off. Heureusement, cette crainte s’est vite dissipée. Un Peuple et son roi est loin d’être un film scolaire. C’est d’abord un long métrage qui s’est donné les moyens de ses ambitions : les costumes sont incroyables, les figurants très nombreux et les décors magnifiques. Les scènes à Versailles ou à Paris impressionnent. Une scène de soulèvement du peuple, filmée de nuit à Paris, vue du ciel, est particulièrement sublime.

A l’inverse, d’autres scènes sont filmées très près des corps et des visages, notamment quand il s’agit « du peuple ». C’est là qu’il faut saluer la performance des actrices et des acteurs. Il faudrait tous les citer, mais ce serait bien trop long. Disons simplement que le casting du long métrage Un Peuple et son roi rassemble la crème du cinéma français actuel : Adèle Haenel, Gaspard Ulliel, Olivier Gourmet, Noémie Lvovsky, Louis Garrel en Robespierre, Laurent Laffite en Louis XVI, Denis Lavant en Marat et Céline Sallette particulièrement géniale en Reine Audu qu’on suivrait les yeux fermés faire toutes les révolutions qu’elle veut.

Ce casting incroyable — on se croirait à une cérémonie des César — et cette mise en scène grandiloquente en mettent plein les yeux. Parfois trop ?

L’emphase déphase

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© Jérôme Prébois

Il est difficile d’expliquer cette sensation où, durant une scène, le spectateur sort de l’intrigue, se souvient de la présence de l’écran de cinéma et n’adhère plus à l’histoire. C’est malheureusement ce qui arrive — ponctuellement — dans le film Un Peuple et son roi. Parfois, la théâtralité est trop prononcée (c’est le cas durant certaines scènes avec Laurent Lafitte, par ailleurs excellent acteur, et membre de la Comédie française). Et pourtant, dans une autre scène, Céline Sallette guide le cortège des femmes vers Versailles et on se surprend à lever le poing en solidarité tant on y croit.

Pierre Schoeller a souhaité garder le langage de l’époque, argot du peuple et langage châtié des députés. Dans la plupart des scènes, on l’oublie complètement tant on est emporté, et dans d’autres, on est agacé. En outre, c’est peut-être un goût personnel mais les scènes chantées m’ont un peu dérangée. Ce film ne peut pas EN PLUS être une comédie musicale.

Entre un peuple et son roi, fallait-il choisir ?

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© Jérôme Prébois

Le film Un Peuple et son roi veut brasser large, trop peut-être, en montrant aussi bien les aléas de l’ego du roi que les espoirs d’un peuple et les discours de leurs représentants à l’Assemblée nationale. Le titre est Un Peuple et son roi après tout. Mais c’est un peu comme si ce long métrage hésitait entre rigueur historique et romanesque révolutionnaire, entre tableau baroque et étude psychologique du roi et de ses sujets. Et il n’échoue jamais totalement.

On reste toutefois sur notre faim sur certains points : les moments où le souffleur de verre enseigne son art sont très réussis. On aurait aussi pu écouter des heures les débats enflammés où le personnage d’Adèle Haenel se révèle  féministe avant l’heure — enfin, avant la déclaration d’Olympe de Gouges. Et surtout, certains aspects de la personnalité des personnages auraient mérité d’être creusés  : quelle belle idée d’avoir donné à François et Basile, deux révolutionnaires, une forme de fascination pour les personnes du Roi et de la Reine ! Même eux sont pleins de contradictions. Comme la Révolution.

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 26/09/2018
  • Distribution France : StudioCanal
Lauriane N.

Lauriane N.

Rédactrice / Editor chez Bulles de Culture
Cinéphile dilettante, j'aime qu'on me raconte des histoires.

Top 3 Cinéma : "Mulholland Drive" (2001), "Mommy" (2014), "Volver" (2006)
Lauriane N.

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