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RBG affiche film Deauville 2018

[Critique Deauville] “RBG” (2018) de Betsy West, Julie Cohen (II)

Cet article est le 7e sur 7 pour Festival du Cinéma Américain de Deauville 2018

RBG, film documentaire américain des réalisatrices Betsy West, Julie Cohen (II) sur le juge de la Cour Suprmême Ruth Bader Ginsburg, est présenté en première du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2018. L’avis et la critique film de Bulles de Culture. 

Synopsis :

A 85 ans, le juge de la Cour Suprême Ruth Bader Ginsburg est devenue une icône. Depuis toujours, elle se bat pour l’égalité hommes/femmes, et toutes les formes de discrimination. La personnalité du droit la plus influente au monde est également une opposante à Trump. Betsy West et Julie Cohen nous font découvrir la fascinante vie de celle que l’on nomme désormais  “Notorious RBG”

RBG : De l’avocate à l’icône

Le Festival du Cinéma Américain de Deauville 2018 souffle un vent de #MeToo en diffusant RBG, initiales du juge Ruth Bader Ginsburg. A travers ce documentaire passionnant, on découvre le portrait de cette femme hors du commun, véritable star outre-atlantique, qui oeuvre pour l’égalité des sexes. Dès ses années d’études, elle a un destin à part s’immisçant dans une fac de droit, réservée à cette époque majoritairement aux hommes. Puis, elle commence son parcours professionnel en tant qu’avocate où elle plaidera (et gagnera !) des dossiers emblématiques. En 1971, elle a notamment convaincu la Cour suprême d’annuler une loi de l’Idaho qui indiquait qu’un homme devait être préféré à une femme lors d’une succession. En 1973, elle obtient qu’une femme militaire obtienne les mêmes allocations qu’un homme. La future juge a également défendu la cause des hommes discriminés lorsqu’on refusait par exemple à un veuf de toucher des allocations parent isolé (autrefois appelé “allocation maternelle”).

Une garante des institutions

Sa nomination en 1993 par le Président Clinton à la Cour Suprême va accroitre l’influence de RBG. Alors qu’elle commence à statuer avec une Cour plutôt modérée, les conservateurs vont prendre peu à peu la majorité en termes de sièges. Ruth Bader Ginsburg devient célèbre pour ses positions dissidentes qui, aux Etats-Unis, font l’objet d’une publication dans le même jugement que la position majoritaire de la Cour. Alors qu’en 2000, la Cour suprême a autorisé l’arrêt des recomptages des bulletins de vote de Floride pour l’élection présidentielle, nommant ainsi George W. Bush en tant que président des Etats-Unis, RBG a publié son opposition indiquant que cette décision était, selon elle, contraire à la notion de vote démocratique. Plus récemment, la juge s’est opposée à un jugement de la Cour Suprême qui autorisait la possibilité de retirer la possibilité d’une assurance contraceptive pour des raisons religieuses.

Une étude profonde sur les menaces des institutions aux Etats-Unis

Le documentaire RBG rend largement hommage à une femme, dont on comprend que sa démission conduirait à un basculement définitif de la Cour Suprême vers une vision pro-Trump. Pour ce faire, elle est érigée comme un symbole, dernier rempart de la protection des individus dans une Amérique républicaine. Le film est également attrayant car il montre la part d’intimité de cette icône, à travers un mari aimant qui fait tout pour l’aider dans ses causes. Bourreau de travail, elle exprime peu ses sentiments. Cependant, elle a beaucoup d’humour, comme le montre ses réactions devant le Saturday Night Live qui la caricature.  Le récit prenant de RBG dépasse la simple chronique judiciaire, il est une étude profonde sur le poids des institutions américaines et les menaces qui pèsent sur la liberté de chaque individu. A regarder absolument !

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 10/10/2018
  • Distribution France : L’Atelier Distribution
Antoine Corte

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.

Top 3 Cinéma : "Moulin Rouge !" (2001), "Titanic" (1997), "Les Parapluies de Cherbourg" (1964)
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