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[Critique] “Leave No Trace” (2018) de Debra Granik

Leave No Trace, film américain de la réalisatrice Debra Granik avec notamment Thomasin McKenzie et Ben Foster, est sorti en salles de cinéma le 19 septembre. Le long métrage raconte l’insertion dans le monde réel d’un père et sa fille réfugiés en forêt. L’avis et la critique film de Bulles de Culture. 

Synopsis :

Tom (Thomasin McKenzie) a 15 ans. Elle habite clandestinement avec son père (Ben Foster) dans la forêt qui borde Portland, Oregon. Limitant au maximum leurs contacts avec le monde moderne, ils forment une famille atypique et fusionnelle.
Expulsés soudainement de leur refuge, les deux solitaires se voient offrir un toit, une scolarité et un travail. Alors que son père éprouve des difficultés à s’adapter, Tom découvre avec curiosité cette nouvelle vie.
Le temps est-il venu pour elle de choisir entre l’amour filial et ce monde qui l’appelle ?

Leave No Trace : le libre arbitre en pleine nature ou l’adaptation à la société ?

Avec Leave No Trace, la réalisatrice Debra Granik revient sur le devant de la scène cinématographique après quelques années de disparition. Comme si elle avait suivi le destin de ses personnages, nous n’avions plus entendu parlé de la cinéaste depuis 2011. A l’époque, celle-ci était quand même nommée aux Oscars du meilleur scénario pour Winter’s Bone, portrait d’une jeune femme, incarnée par Jennifer Lawrence, à la recherche d’un père en fuite.

Toujours en pleine réflexion sur les rapports familiaux, Leave No Trace est en quelque sorte le pendant inverse de son précédent film. Les relations familiales sont fusionnelles. Les deux protagonistes vont devoir affronter la dure loi d’un monde contemporain. Debra Granik pousse en quelque sorte la logique de Captain Fantastic (Matt Ross) en adoptant un ton dramatique. Alors que la famille dirigée par Viggo Mortensen s’extirpait volontairement de cet état de nature, Tom et son père y sont contraints. Leave No Trace traite donc davantage de la violence d’une réinsertion de personnes marginales. Alors que d’un côté le père n’arrive pas à s’adapter et rêve de s’enfuir de cette nouvelle vie, la jeune fille trouve de l’intérêt à sa nouvelle condition. Le noeud dramatique se forme autour d’un questionnement philosophique : le libre arbitre en pleine nature ou l’adaptation à la société.

Entre la nature ou l’urbain, la réalisatrice semble avoir choisi son camp

Debra Granik travaille énormément sa lumière. Elle filme à la manière d’un documentaire les forêts de l’Oregon et de l’État de Washington. Dans des scènes épurées de dialogues, la fusion entre les deux personnages passe par leurs gestes. La photographie se contraste quand le récit s’extirpe de ces paysages verdoyants. L’image est alors plus sombre et plus austère. Entre la nature ou l’urbain, la réalisatrice semble avoir choisi son camp. Elle reste cependant bienveillante avec le personnage de Tom qui semble vouloir de cette vie en société.

La faiblesse du film se trouve dans un montage qui s’étire un peu trop. Le rythme de Leave No Trace en est atteint. Les réels enjeux du long métrage sont perceptibles au bout d’une heure, nous laissant jusque là dans l’expectative quant aux intentions de la réalisatrice. L’intensité des deux comédiens principaux n’aura cependant jamais faibli. Ben Foster (Comancheria, Galveston) se montre efficacement bourru. Tandis que la jeune actrice australienne, Thomasin McKenzie, est une belle révélation.

En savoir plus  :

  • Date de sortie France : 19/09/2018
  • Distribution France : Condor Distribution
Antoine Corte

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.

Top 3 Cinéma : "Moulin Rouge !" (2001), "Titanic" (1997), "Les Parapluies de Cherbourg" (1964)
Antoine Corte

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