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I Feel Good critique film affiche

[Critique] « I Feel Good » (2017) : La confrontation des idéaux

Après Saint Amour (2016), les compagnons de Groland, Benoît Delépine et Gustave Kervern décident de se réunir une nouvelle fois derrière la caméra pour nous raconter les retrouvailles entre un frère et une sœur, interprétés par Jean Dujardin et Yolande Moreau. L’avis et critique film de Bulles de Culture sur le long métrage I Feel Good.

Synopsis :

Monique (Yolande Moreau) dirige une communauté Emmaüs près de Pau. Après plusieurs années d’absence, elle voit débarquer son frère, Jacques (Jean Dujardin), un bon à rien qui n’a qu’une obsession : trouver l’idée qui le rendra riche. Plus que des retrouvailles familiales, ce sont deux visions du monde qui s’affrontent.

Avec I Feel Good, Benoît Delépine et Gustave Kervern dépeignent notre société avec leur regard humain. Pour nous dévoiler leur vision, ils mettent en scène une famille peu conventionnelle, tout comme ils l’avaient fait avec Gérard Depardieu et Benoît Poelvoorde dans Saint Amour. Loin des clichés et de la caricature, nous allons vous expliquer pourquoi ce film vaut la peine de se déplacer.

I Feel Good, une société alternative

I FEEL GOOD. Un film de Gustave Kervern et Benoit Delépine.
© Ad Vitam

La scène du film I Feel Good se déroule dans un décor particulier : une communauté d’Emmaüs. De prime abord, le décor paraît étrange puisque aucune règle d’urbanisme ne semble régir cet endroit. Les architectes des bâtiments de France n’ont, semble-t-il, jamais traversé cet endroit. Un décor peu académique et un nom, Emmaüs, qui effraierait plus d’une personne, notre esprit aimant catégoriser et étiqueter de ses préjugés ce qui l’entoure. Et pourtant, les hommes et les femmes qui occupent et forgent cet endroit sont comme vous et moi, mais sans doute avec un soupçon d’âme supplémentaire et un parcours de vie escarpé.

La caméra de Benoît Delépine et Gustave Kervern ne s’est pas tournée vers un pays fictif comme celui de Groland. Les réalisateurs ont voulu mettre sous notre regard une société alternative qui fonctionne. Un système à la marge de notre société actuelle, mais qui ne soit pas utopique. I Feel Good peut donc être perçu comme un remède à l’individualisme et au conformisme. Un artisanat thérapeutique pour notre monde souffrant, malade, en quête de pouvoir et de contrôle au détriment de l’humain.

L’élégance de la sobriété

I FEEL GOOD. Un film de Gustave Kervern et Benoit Delépine.
© Ad Vitam

Pour porter ce regard qui paraît exubérant aux yeux de notre civilisation contemporaine, les réalisateurs Benoît Delépine et Gustave Kervern ont fait le choix d’une bande son originale sobre, artisanale. Une musique construite avec les sons d’instruments du quotidien et qui rythme parfaitement les déboires de nos protagonistes.

I Feel Good emprunte aussi les visages de Jean Dujardin (Le Retour du Héros, 2018 ; Un homme à la hauteur, 2016 ; Un + une, 2015, La French, 2014) et de Yolande Moreau (Voyage en Chine, 2015 ; 9 mois ferme, 2012 ; Camille redouble, 2011). Deux acteurs pour jouer la dualité qui s’opère entre cette compagnie à la marge et notre quotidien conformiste, totem de la réussite. Un couple d’acteurs efficace dont le jeu porte parfaitement le message des réalisateurs. Une fois encore, Jean Dujardin a su interpréter un rôle à contre-emploi. Habitué au carnavalesque, il incarne savamment Jacques, un raté à la limite du burlesque, avec une finesse qui a neutralisé toute caricature possible.

Si vous souhaitez vous enrichir en découvrant une société humaniste, généreuse. Si vous souhaitez enlever les œillères imposées par notre société consumériste, déplacez-vous pour découvrir dans les salles de cinéma le long métrage I Feel Good.

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 26/09/2018
  • Distribution France : Ad Vitam
Pierre L.

Pierre L.

Rédacteur / Editor chez Bulles de Culture
TOP 5 Cinéma : "Le cercle des poètes disparus" (1989), "Vol au dessus d'un nid de coucou" (1975), "La soif du mal" (1958), "La corde" (1948), "Gran Torino" (2008)
Pierre L.

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