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Roulez jeunesse photo Eric Judor et Julien Guetta
© Marjolaine Gaudard / Bulles de Culture

[interview] Rencontre avec Eric Judor et Julien Guetta (« Roulez jeunesse »)

Roulez jeunesse, réalisé par Julien Guetta et interprété par Eric Judor, est une comédie dramatique. Ou plutôt un drame comique. Bulles de Culture a pu rencontrer le réalisateur et l’acteur principal de ce film. Notre interview.

Synopsis :

A 43 ans, Alex (Eric Judor) prend la vie comme elle vient, il travaille comme dépanneur dans le garage dirigé par sa mère (Brigitte Roüan) — sur le point de partir à la retraite —, collectionne les conquêtes d’un soir. Un jour, il dépanne une femme (Marie Kremer) un peu paumée et passe la nuit avec elle. A son réveil, elle a disparu lui laissant sur les bras, deux puis bientôt trois enfants.

Interview de Julien Guetta et Eric Judor, auteur-réalisateur et acteur de Roulez jeunesse

Bulles de Culture : Julien Guetta, aviez-vous une appréhension à faire travailler un acteur qui est également réalisateur ?

Julien Guetta : Au début un peu mais finalement Eric Judor m’a tout de suite fait confiance. A partir du moment où on a travaillé ensemble, ça s’est fait dans la complicité et dans l’échange

Eric Judor : Ça aurait été une erreur de ma part d’accepter d’aller dans un univers différent et de m’approprier le projet. L’idée, c’était de me laisser aller. J’étais pas toujours en accord avec ce qu’il faisait, je me disais chaque jour « Ah je l’aurais fait comme ci, comme ça » et au fur et à mesure je me suis dit « Non mais attends ce n’est pas mon film ». C’est sa personnalité, son œuvre, sa vision artistique, laissons-nous aller dans ça et on verra bien ce que ça donne. Finalement je suis entré dans cette chaussure hyper tranquillement.

« J’avais envie d’aller vers plus de réalisme et Julien m’a offert ce cadeau »

Bulles de Culture : On ne pensait plus vous voir dans des films réalisés par d’autres…

Eric Judor : Je n’ai pas de plan définis dans ma tête et quand je tombe sur un scénario comme Problemos, je suis obligé d’y aller. Quand je tombe sur un scénario comme Roulez jeunesse, je suis obligé d’y aller. Il n’y a pas de règle. Comme avec Quentin Dupieux, je vais sur des choses qui me semblent essentielles pour moi. Avec ce projet, je trouve que Julien Guetta me réinvente.

Bulles de Culture : Et dans le cas de Roulez jeunesse, pourquoi c’était « essentiel d’y aller » ?

Eric Judor : Ça fait un moment que je tourne autour du réalisme, voire de l’hyper réalisme. Avec Platanes, on est moins dans le « gogol » et plus dans un personnage qui pourrait exister. Et là, c’est la vie quoi. Il a écrit un scénario dans lequel on se marre, et puis soudain on pleure. La vie est comme ça. J’avais envie d’aller vers plus de réalisme et Julien m’a offert ce cadeau parce que le scénario de Roulez jeunesse est comme ça.

« L’ambition du film : aller au bout des choses, tenter un pari, oser le mélange des genres »

Bulles de Culture : Avec toutes ces ruptures de ton, le film a-t-il été compliqué à produire ?

Julien Guetta : Oui, et même avant ça, il a déjà été compliqué à écrire. L’histoire a l’air simple mais il y a de la comédie, du drame. Il fallait trouver l’équilibre d’un film qui démarre sur quelque chose de drôle et glisse vers quelque chose de triste. Et ça a fait peur aux financiers.
Comme ça démarre sur une comédie, ils me disaient « Vas-y, fais en une grosse comédie » ! Et même moi, j’ai douté. Et la complicité avec Eric a beaucoup aidé, il m’a dit « Mais non, c’est le truc fort du film, assumons jusqu’où va l’histoire ».

Eric Judor : On a déjà vu des films avec des quadras qui se retrouvent entichés de gamins, c’est pas une idée neuve. On peut en faire 50 des comédies comme ça.
Ce qui m’a plu dans ce projet c’est ce vers quoi ça tend, c’est la vraie vie. Soudain il y a un accident. La vie est comme ça, accidentée. Le scénario, c’est ce qu’il contient, la vie.

Julien Guetta : Oui, c’était ça l’ambition du film : aller au bout des choses, tenter un pari, oser le mélange des genres. C’est un truc qu’on ne voit pas souvent.

Eric Judor : Oui, les producteurs français attendent du « happy end ». Si ça se marre au début, ça doit se marrer à la fin, sinon ça s’appelle une comédie ratée et je sais de quoi je parle… Les britanniques sont les maîtres de cet art-là, ils savent parfaitement faire rire et pleurer.

« J’essaie de faire tout le tour de la comédie »

Bulles de Culture : Peut-on parler de ce film comme étant votre The Truman Show ?

Eric Judor : Ah j’ai flippé que tu compares à Tchao PantinThe Truman Show, c’est une référence que je prends avec plaisir. Pour moi Jim Carrey est un dieu (incompris) de la comédie.
En démarrant ma carrière j’étais persuadé que je n’irais jamais dans ce registre et finalement, j’y suis allé la fleur au fusil. Je tâtonne et j’essaie de faire tout le tour de ce genre-là, celui de la comédie. Je vais dans l’hyperespace avec Quentin Dupieux, ou dans un espace plus simple et abordable comme H et La Tour Montparnasse infernale, ou dans un espace de comédie plus troublant avec Roulez jeunesse.

Propos recueillis lors d’une table-ronde le lundi 25 juin 2018 à Paris (France).

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 25/07/2018
  • Distribution France : Le Pacte
Marjolaine Gaudard

Marjolaine Gaudard

Rédactrice / Editor chez Bulles de Culture
Passionnée de séries, de web séries, de romans (notamment les polars), de BD et de littérature jeunesse.

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Marjolaine Gaudard

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