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David Lee / Focus Features
© David Lee / Focus Features

[Critique] « BlacKkKlansman » (2018) : Une oeuvre militante mineure

Cet article est le 17e sur 24 pour Festival de Cannes 2018

BlacKkKlansman, film américain du réalisateur Spike Lee avec John David Washington, Adam Driver, Laura Harrier, est présenté en compétition officielle du Festival de Cannes 2018. L’avis et la critique film de Bulles de Culture.

Synopsis :

Au début des années 70, au plus fort de la lutte pour les droits civiques, plusieurs émeutes raciales éclatent dans les grandes villes des États-Unis. Ron Stallworth (John David Washington) devient le premier officier Noir américain du Colorado Springs Police Department, mais son arrivée est accueillie avec scepticisme, voire avec une franche hostilité, par les agents les moins gradés du commissariat. Prenant son courage à deux mains, Stallworth va tenter de faire bouger les lignes et, peut-être, de laisser une trace dans l’histoire. Il se fixe alors une mission des plus périlleuses : infiltrer le Ku Klux Klan pour en dénoncer les exactions.

BlacKkKlansman, Un film sur la politique de Trump

BlacKkKlansman signe le grand retour de Spike Lee en compétition officielle au Festival de Cannes, lui qui n’y était plus depuis Jungle Fever (1991). Pour ce faire, il s’inscrit dans le mouvement actuel de la représentativité de la population afro-américaine dans le cinéma après notamment le carton inattendu  cette année du film Black Panther. Cependant, le cinéaste va livrer un film beaucoup plus engagé, tourné vers l’histoire de la ségrégation raciale aux Etats-Unis. Tourné vers le passé ? Le discours du réalisateur est pourtant très clair. La ségrégation raciale n’a pas cessé aux Etats-Unis. Le film est d’ailleurs assez explicite quant à la critique de la politique de Trump. Les membres du Ku Klux Klan n’auront de cesse de proclamer le fameux slogan « America first », remis au gout du jour par l’actuel président lors de sa campagne présidentielle. Pour ceux qui n’auront pas compris le parallélisme entre faits passés et actuels, Spike Lee prend bien le soin de terminer son film par des images d’archives montrant les violences récentes faites aux noirs. Pas forcément essentiel, cette insertion dans le réel montre d’ailleurs que le film ne se suffit pas à lui-même. D’autant que les images d’archives datant de 2017 ont été tournés après l’écriture du scénario. On est dans une ré-appropriation assez opportuniste

Un style narratif qui ne se trouve pas

Derrière ce côté ultra-contestataire, BlacKkKlansman adopte pourtant un style narratif comique. On est en effet à la lisière entre le style parodique de la série The Get Down (Baz Luhrmann) et la comédie populaire Miami Vice (Michael Mann). Le personnage principal Ron Stallworth est ainsi caractérisé comme un flic intelligent à l’attitude fun. Il cherche à s’affirmer dans un monde de blanc en adoptant la « cool attitude ». Il est impertinent et s’abroge des codes en court-circuitant sa hiérarchie pour lancer une enquête sur ce crépuscule d’extrémiste encore peu connu. Pourtant, Spike Lee ne reste pas sur ce schéma de comédie tout au long du film. Il brouille les pistes en prenant les chemins d’une oeuvre engagée, ce qui fait perdre une cohérence. Le cinéaste instaure quelques troubles de lecture notamment lorsqu’il montre au sein d’une même scène une réunion du Ku Klux Klan et du Black Power, faisant ainsi un parallélisme entre les discours relativement similaires. On se demande pourquoi est-ce nécessaire d’insister sur cette haine réciproque alors que le sujet du film est tout l’inverse. Le trouble du message pourrait être mal interprété.

BlacKkKlansman a donc quelques problèmes de lisibilité pour un sujet déjà traité au cinéma. On n’apprend pas grand chose de ce film qui ne restera pas dans les annales des grandes oeuvres militantes.

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 22/08/2018
  • Distribution France : Universal Pictures France
Antoine Corte

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.

Top 3 Cinéma : "Moulin Rouge !" (2001), "Titanic" (1997), "Les Parapluies de Cherbourg" (1964)
Antoine Corte

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