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[Critique] « Barry » saison 1 : Barry à tout prix

Cet article est le 28e sur 232 pour Programme TV de Bulles de Culture

Depuis le 26 mars 2018, OCS City diffuse Barry saison 1, un format de 30 minutes en partie écrit, réalisé et interprété par l’humoriste Bill Hader. L’avis de Bulles de Culture sur ses premiers épisodes truffés d’humour noir et qui suivent parfois les traces d’un certain Dexter

Synopsis :

Alors qu’il se rend à Los Angeles pour tuer une cible, Barry (Bill Hader), un tueur à gages, se découvre une passion pour le théâtre. Là-bas, il fait connaissance avec de dangereux criminels Tchétchènes et se trouve lié à eux au péril de sa vie… et de sa carrière théâtrale.

Barry saison 1 : Frapper les trois coups

Plan moyen, Barry entre dans une chambre tamisée et se dirige vers le lit. Il est pris en filature par la caméra, qui nous révèle finalement… un homme assassiné dans son sommeil. D’une balle en pleine tête. Humoriste réputé du Saturday Night Live et doubleur dans South Park, Bill Hader fait aussi son trou au cinéma depuis quelques années (Crazy Amy, Vice Versa). Des seconds rôles plus ou moins marquants et de l’animation, en grande partie. C’est pourquoi il profite de la télévision pour marquer sa présence à l’écran et ne le fait pas à moitié. Dans Barry saison 1 (l’indice est dans le titre), l’acteur monopolise la caméra, magnétiquement attirée sur lui comme dans cette scène décrite précédemment.

Avec cette sorte de réclamation possessive où l’on pourrait penser que l’acteur déploie tout son talent, il n’en est rien. Car le personnage évoque celui de Dexter dont le postulat présente quelques points communs. Un homme détaché, émotionnellement distant, efficace et implacable. Un tueur dont il subsiste des sédiments d’empathie qui pourraient causer sa chute. En effet, la série est moins dramatique et fouillée que Dexter mais plus satirique et morose, avec par ailleurs un tueur un peu candide pour justifier ses mésaventures. Car lorsque Barry n’occupe pas les planches face à un Henry Winkler en roue libre, c’est pour honorer un contrat ou chercher un moyen de se tirer d’affaires. Ainsi, sa carrière théâtrale et sa vie criminelle se donnent sans cesse la réplique. A l’exception d’une enquête de police qui va évidemment resserrer l’étau sur le tueur.

Quand Barry rencontre Sally

Sous les feux de la rampe, Barry saison 1 s’attache les services de vétérans du petit écran pour sa mosaïque de personnages secondaires. A commencer par Henry « Fonzie » Winkler, véritable icône de la sitcom US, dans le rôle de l’odieux professeur de cours d’art dramatique. Mesquin, rapiat et véritable guide spirituel pour ses élèves. Parmi ceux-ci, Sally (Sarah Goldberg), avec qui Barry va vite créer une connexion… et l’impliquer dans son autre vie qu’il s’efforçait de préserver loin du regard de tous. Mais malgré tous ces stéréotypes, la série fait plus d’étincelles côté criminel, notamment grâce à Stephen Root (Get Out, Justified). Célèbre second couteau sur le grand et petit écran, l’acteur incarne ici le boss de Barry, chargé de lui dégoter des contrats. On retrouve également le terrifiant Glenn Fleshler (True Detective, Boardwalk Empire) en boss de gang Tchétchène — imaginez son accent à couper au couteau ! Ainsi que son amusant bras droit incarné par Anthony Carrigan (Gotham).

Catharsis et tueurs à l’écran, un effet de mode ?

En qualité de cocréateur, Bill Hader a été épaulé par Alec Berg, un scénariste loin d’en être à ses premières armes. D’abord scénariste junior sur Seinfeld, il est resté ensuite dans le sillage de Larry David pour devenir scénariste et réalisateur sur Larry et son nombril. Puis il a écrit The Dictator pour le grand écran, et plus tard, est retourné à son clavier pour Silicon Valley. Alec Berg connait donc bien la maison HBO, qui diffuse Barry aux États-Unis.

Finalement, sans révolutionner le genre, pas vraiment subversive ni à se tordre de rire mais légère et triviale, Barry saison 1 se situe dans un entre-deux assez inoffensif qui fonctionne parce que le format le permet. Les deux créateurs Bill Hader et Alec Berg jouent la carte de la compassion envers ce quarantenaire en crise qui retrouve l’empathie enfouie en lui et cherche à se reconnecter aux autres. Outre Dexter dont la comparaison ne va pas réellement pas plus loin ou encore Hannibal et The Fixer, on pense aussi à la récente série de Netflix The End of the F***ing World.

Car figure à part parmi les antihéros, le tueur attachant de Barry finit par transgresser sa morale pour sortir de sa chrysalide existentielle. Pour les deux créateurs de cette série télévisée, l’absence d’empathie serait-elle un mal d’époque ? C’est en effet comme si Alec Berg et Bill Hader nous invitaient à sortir de nous-mêmes, à choisir un rôle et à se tourner les uns vers les autres pour mieux comprendre notre nature. Difficile d’imaginer, vu son postulat, que Barry saison 1 n’est pas autre chose que ce qu’elle prétend être. Même si finalement, tout cela manque de coups de théâtre…

En savoir plus :

  • Barry saison 1 est diffusé chaque lundi soir en US+24 sur OCS City depuis depuis le 26 mars 2018. Le film est également diffusé en streaming et  disponible en replay sur OCS Go
  • 8 épisodes de 30 minutes
Paul Vogel

Paul Vogel

Rédacteur/Editor chez Bulles de Culture
Piégé très tôt dans l'Engrenages des séries, impossible de passer plus de 24h chrono sans sauter dans La Quatrième Dimension, sous peine de finir aux Urgences. Citation inspirante préférée : "Sheeeeeeiit" (Clay Davis, "The Wire").

TOP 5 TV : "Six Feet Under", "Breaking Bad", "The Wire", "Urgences", "Lost"
Paul Vogel

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