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[Critique] « Everything Was Beautiful and Nothing Hurt » (2018) de Moby

Moby est de retour. Sorti le 2 mars 2018, Everything Was Beautiful and Nothing Hurt est son quinzième album et il signe le retour de l’artiste à l’électro. Le charme est-il resté le même ? Notre avis et critique.

Everything Was Beautiful and Nothing Hurt : Un résumé de la vie de Moby ?

Bien avant ce nouvel album Everything Was Beautiful and Nothing Hurt, il fut un temps où Moby était ce jeune DJ qui préparait ses premiers sets en écumant les vieux disquaires de New York, dénichant avec talent des vinyles qu’il ramenait sur son vieux skateboard avant de les mixer en soirée. Parallèlement, il squattait dans de vieux hangars, découvrait le végétalisme et se forgeait progressivement son identité musicale, entre rock, soul et techno.  Tout était à prouver. Et c’est porté par cette fougue que Moby nous a d’abord proposés Go (samplé sur le générique de Twin Peaks), puis bien sûr, les méga hits Porcelain (B.O. de La Plage de Danny Boyle), Natural Blues, In This World ou Lift Me Up.  Ensuite, sa réputation acquise, l’artiste  s’est installé dans une vitesse de croisière, lui permettant encore d’accoucher de disques intéressants mais sans vraiment élargir sa fanbase.  Il y a bien eu deux disques avec The Void Pacific Choir, mais ces délires rocks sont passés inaperçus.

Retour à la vague ambient/électro

Avec son tout nouvel album Everything Was Beautiful and Nothing Hurt, Moby retourne à sa vague ambient/électro par laquelle l’Europe l’a découvert, et c’est ce qui lui correspond finalement le mieux.  Seulement, il ne surprend plus. En effet, on peut regretter le pesant champ lexical présent dans les titres et paroles — tout est sombre, non sécurisant ou triste, la fin du monde est proche, bonjour Trump ! —. Mais si l’on en fait abstraction, l’écoute est divine.

Moby est toujours ce magicien capable, avec trois fois rien, de créer des moments suspendus. Quelques titres se dégagent du lot, les morceaux choisis pour promouvoir l’album : Mere Anarchy (« Caution for the world we say was over… ») et sa boucle plaintive qui ponctue chaque refrain d’une excitante respiration, Like a Motherless Child et sa parenté avec le trip-hop de Tricky (percussions claquantes, voix sensuelle, mantra hanté en guise de refrain, couplets rap), ainsi que le single This Wild Darkness avec sa voix soul réconciliatrice.  À lui seul, ce dernier morceau entrouvre la noirceur du ciel.  Au-delà de ces 3 formidables titres surnagent aussi Falling Rain and Light, le majestueux Ceremony of Innocence et The Middle is gone qui travaille intelligemment le son.

Une bulle à percer

Le reste de l’album Everything Was Beautiful and Nothing Hurt est un peu (trop) homogène et, à la première écoute, paraît ennuyeux.  Pourtant, pour peu qu’on en ait envie, retrouver ces trouées dans le ciel est possible, et pas toujours aux mêmes endroits. Diffuseur de lumière, Moby, l’artiste reclus dans son appartement, nous entraîne dans sa bulle à merveilles. La même qui apparaît au début du clip ci-dessus. Everything Was Beautiful and Nothing Hurt s’adresse surtout aux fans de Hymn et du récent album Wait for me.

Cet article vous est proposé par un rédacteur-invité, le chroniqueur Grégory Undomiel.

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En savoir plus  :

  • Everything Was Beautiful and Nothing Hurt de Moby disponible depuis le 2 mars 2018 sur le label Mute Records aux États-Unis et sur Because Music en France
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