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Marie Madeleine Rooney Mara
© Universal Pictures France

[Critique] « Marie Madeleine » (2018) : Pâques pour Rooney Mara

Le film Marie Madeleine est au cinéma depuis le 28 mars 2018. Le réalisateur Garth Davis essaye d’y percer le mystère de ce personnage controversé, cachée des évangiles officiels. L’actrice Rooney Mara (A Ghost Story) y donne la réplique à un Joaquin Phoenix en Christ rédempteur.  L’avis de Bulles de Culture.

Synopsis :

Soumise aux mœurs de l’époque, Marie (Rooney Mara) défie les traditions de sa famille pour rejoindre un nouveau mouvement social mené par le charismatique Jésus de Nazareth (Joaquin Phoenix). Elle trouve rapidement sa place au cœur d’un voyage qui va les conduire à Jérusalem.

En 2017, Garth Davis avait obtenu la reconnaissance du cinéma américaine en réalisant Lion avec notamment Dev Patel, Nicole Kidman et Rooney Mara. Cette dernière fait en quelque sorte désormais office de muse pour le réalisateur puisqu’il choisit de travailler consécutivement avec elle pour Marie Madeleine. Le cinéaste lui donne donc les rênes d’un rôle plein de mysticisme. Pourtant, avec un film calme et sans travers, on sent le metteur en scène (et les studios) réticent à prendre de plein fouet une polémique sur la place de ce personnage féminin dans la religion chrétienne. On connait d’ailleurs l’appétence des américains pour s’écharper dès qu’on touche aux saintes écritures. L’immense controverse autour de La Passion du Christ (Mel Gibson) avait eu un retentissement considérable. Le buzz mondial autour de cette oeuvre sanglante avait d’ailleurs contribué à son succès.

Une oeuvre artistique austère autour de la mystérieuse Marie Madeleine

Avec Marie Madeleine, pas de risque pour l’instant de provoquer une esclandre de la part des églises américaines. Le film, distribué aux Etats-Unis par la Weinstein Company, n’est pour le moment pas sorti outre-atlantique du fait de la faillite de la société. De plus, c’est sans aucune tâche de sang (ou presque) qu’on suit la lente lamentation de celle qui fût suspectée d’être la compagne de Jésus. C’est d’ailleurs ce qui manque cruellement à ce film métaphorique. Très contemplatif, le réalisateur préfère le mystique de longues scènes sans musique plutôt que la véritable action. Aussi, on est enfermé dans un film d’érudits où les sens cachés ne sont pas à la portée de tous. Ce manque de didactique dévalue ainsi le film à une simple oeuvre artistique austère.

Le décor est planté sur les montagnes arides aux alentours de Jérusalem là où les disciplines s’organisent. Cependant, les vraies scènes clés de l’histoire de ce couple mythique seront éludées. Le scénario fait une sorte d’ellipse temporelle ne traitant pas des moments intenses de la Bible. Ainsi, aucune scène sur l’arrestation de Jésus, ni même sur son procès par les romains.

Rooney Mara, figure d’un nouveau cinéma indépendant

Au niveau casting, on retrouve une étrange diversité. La french touch Tahar RahimDenis Ménochet ou Tchéky Kario se mélange avec le glamour hollywood de Joaquin Phoenix ou Chiwetel Ejiofor. Le film tente de faire une oeuvre universelle sans marquer véritablement son empreinte américaine. Sur ce point, le résultat est plutôt réussi et Marie Madeleine en ressort comme une oeuvre atypique. Quant à Rooney Mara, elle devient cette actrice tout aussi énigmatique que l’apôtre qu’elle interprète. Les choix artistiques de la comédienne sont de plus en plus radicaux, tendant tantôt vers du cinéma de genre ultra-confidentiel (A Ghost Story) ou au métaphorique le plus absolu de Terrence Malick (Song to Song). Etrange parcours pour une actrice qui avait explosé aux côtés de Cate Blanchett dans Carol (Todd Haynes). Elle est bien partie pour devenir une figure atypique d’un nouveau cinéma indépendant.

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 28/03/2018
  • Distribution France : Universal Pictures France
Antoine Corte

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.

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