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ANNIHILATION photo film netflix
© Netflix

[Critique] « Annihilation » (2018) sur Netflix : Natalie Portman au cœur d’un miroitement

Cet article est le 128e sur 225 pour Programme TV de Bulles de Culture

Annihilation, film d’Alex Garland (Ex Machina), débarque sur Netflix le 12 mars 2018. Cette œuvre de science-fiction indépendante s’offre la tête d’affiche Natalie Portman, lui faisant ainsi une rampe de lancement parfaite pour devenir un succès de la plateforme. Bulles de Culture a découvert le film. Notre critique et avis. 

Synopsis :

Une biologiste (Natalie Portman) participe à une expédition gouvernementale après l’apparition d’un phénomène écologique, le miroitement. Elle va essayer de comprendre pourquoi personne n’en revient jamais, sauf son mari (Oscar Issac).

Annihilation, le savoir-faire d’un réalisateur

En 2015, on découvrait le film Ex Machina. Avec Alicia Vikander (future Tom Raider) au casting, Alex Garland réussissait à livrer une œuvre d’anticipation avec une réflexion soignée sur la thématique de l’intelligence artificielle. Annihilation conserve le savoir-faire du réalisateur dans l’exploration fine des techniques futuristes. Derrière cette œuvre de science-fiction, on sent cette fois-ci plus particulièrement la passion du cinéaste pour l’être humain et le monde moléculaire. Il n’est en effet pas anodin que son personnage principal soit une scientifique.

C’est dans l’ambiguïté entre réalité et fiction que le monde cinématographique d’Alex Garland devient fascinant. En parlant des mutations humaines avec autant de précision, le réalisateur joue sur les terres mêmes de la science-fiction, entre récit futuriste ou complètement dystopique. En effet, la biologiste se retrouve face à un phénomène naturel qui stimule les mutations. Aussi, chaque être présent dans cet espace, appelé « miroitement », a une capacité d’adaptation phénoménale. Cependant, le réalisateur marque clairement son penchant pour le surnaturel lorsqu’il évoque en dernière partie d’Annihilation les causes de cette anomalie environnementale.

Entre Lost et Premier Contact

Loin d’être uniquement une adaptation des méthodes narratifs de Ex Machina, Annihilation va plus loin dans le culte du mystère. On y voit ainsi une filiation avec la série Lost (J.J. Abrams) et le film Premier Contact (Denis Villeneuve). Dans cette nature luxuriante que constitue le miroitement, on voit ainsi débouler un alligator muté comme on pouvait voir un ours polaire courir en pleine jungle tropical dans l’œuvre de J.J Abrams. De même, il y a dans Annihilation cette quête de la recherche filmée récemment dans le film de Denis Villeneuve. Pour les spectateurs comme pour les personnages, il y a cette incompréhension d’un phénomène complexe dont on sait que l’issue n’est pas forcément perceptibles avec les sens plus communs. Alors que Amy Adams essayait de trouver une logique dans le langage extraterrestre, Natalie Portman se voit interroger par des biologistes en combinaisons qui cherchent eux à comprendre l’irrationnel.

Il y a également un peu de classicisme dans la manière de tourner du réalisateur. Ainsi, les plans de groupe font écho aux séquences de Steven Spielberg dans Le Monde Perdu (suite de Jurassic Park). De même, on voit dans cette équipe de biologiste une sorte de résurgence des Ghostbusters – SOS Fantôme (l’original, pas le remake !). Quand on se met à transposer Jennifer Jason Leigh en Bill Muray, certes un peu râleuse, il y a plein de perspectives réjouissantes.

Alex Garland devient complètement autonome dans la dernière partie de son film. Il va livrer à la fin une explication très ésotérique à son histoire, à l’aune de sa propre personnalité et de sa fascination pour l’étrange. Certains pourront certes être perdus avec des questions laissées en suspens. Pire, il nous laissera nous faire notre propre interprétation dans la résolution de certaines intrigues. Cependant, le génie du réalisateur réside précisément dans ces non-dits, laissant à chacun se constituer le sens qu’il souhaite donner à l’œuvre.

Au final, Annihilation est à la hauteur et peut prendre la suite du buzz suscité par Ex Machina.

En savoir plus :

  • Annihilation sera disponible en streaming sur Netflix depuis le lundi 12 mars 2018
Antoine Corte

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.

Top 3 Cinéma : "Moulin Rouge !" (2001), "Titanic" (1997), "Les Parapluies de Cherbourg" (1964)
Antoine Corte

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