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Un raccourci dans le temps d'Ava Duvernay affiche

[Critique] “Un raccourci dans le temps” (2018) : Un Disney féministe

Un raccourci dans le temps (A Wrinkle in Time) d’Ava DuVernay a tout du film évènement pour Disney. L’œuvre sort au cinéma en France le 14 mars 2018, quelques jours après la Journée internationale des droits des femmes. Bulles de culture vous dévoile sa critique et son avis sur cette adaptation. 

Synopsis :

Comme la plupart des collégiens, Meg Murry (Storm Reid) manque d’assurance et tente de trouver sa place. Très intelligente (ses parents sont des scientifiques mondialement connus), elle possède — tout comme son petit frère Charles Wallace (Deric McCabe) — un don rare qu’elle ne n’a pas encore exploité. La disparition inexpliquée de son père (Chris Pine) va l’amener à faire la connaissance de trois guides – Mme Quidam (Oprah Winfrey), Mme Qui (Mindy Kaling), Mme Quiproquo (Reese Whiterspoon) – venues sur Terre pour l’aider à le retrouver. Accompagnés de Calvin (Levi Miller), un camarade de classe,  ils trouvent au cours de leur quête un raccourci spatio-temporel les entraînant vers des mondes insoupçonnés sur lesquels règne un personnage maléfique…

Un raccourci dans le temps surfe sur les mouvances féministes et afro-américaines

Un raccourci dans le temps est présenté à plus d’un titre comme une œuvre singulière dans l’industrie hollywoodienne. D’une part, il s’agit du premier film à gros budget réalisé par une femme afro-américaine : Ava DuVernay. En cela, Disney montre qu’il est impliqué dans les préoccupations actuelles, dont celles inhérentes au scandale Weinstein sur le harcèlement sexuel. En cela, on retrouve au casting de ce long-métrage des actrices emblématiques de cette bataille pour l’égalité des sexes avec Oprah Winfrey et Reese Witherspoon. Et en mettant Ava Duvernay aux commandes et une jeune actrice noire en tête d’affiche, Storm Reid, le studio aux grandes oreilles poursuit l’élan amorcé par Black Panther en mobilisant une communauté afro-américaine autour d’un film, avec toutes les valeurs d’égalités et de réussites sociales possibles. D’autre part, Un raccourci dans le temps est également l’adaptation d’un roman éponyme devenu un classique aux États-Unis. Écrit par Madeleine L’Engle et publié en 1962, le livre est précurseur en héroic fantasy à tel point qu’il est étudié durant la scolarité américaine par bon nombre d’enfants. La transposition de cette histoire méga-connue est donc un phénomène aux États-Unis.

Derrière ces enjeux importants, on voit vite venir les faiblesses d’Un raccourci dans le temps. Tout d’abord, même si le livre est adapté à un jeune public, il y a un défaut de positionnement de ce film. Pas vraiment pour de jeunes enfants qui ne comprendront pas les enjeux narratifs relativement complexes. Pas vraiment pour des adultes car le travail sur l’image classe ce long-métrage dans la catégorie “young adult”. A l’instar de A la poursuite de Demain (Brad Bird) avec George Clooney, qui était pourtant assez novateur, on doute que Un raccourci dans le temps trouve véritablement sa cible.

Un manque d’incarnation maléfique

Le scénario est adapté par Jennifer Lee. Celle qui était au script de La Reine des Neiges livre ici un récit avec beaucoup de lacunes. Trop alambiquées, les péripéties ne s’enchainent pas bien. Le parcours dans cet univers laisse pantois d’autant que les codes de chaque monde traversé sont difficilement perceptibles. D’un coté, on a des fleurs qui semblent communiquer avec l’une des trois guides, tandis que de l’autre, il faut garder le silence pour trouver des réponses face au medium heureux (Zach Galifianakis). Ce qui manque le plus toutefois, c’est un méchant perceptible par les sens. Dans Un raccourci dans le temps, les enfants se battent contre… le néant. Or, l’incarnation maléfique a toujours été l’essence même d’un Disney capable de personnifier des figures diaboliques (Cruella d’Enfer, Maléfique, Scar…).

Un raccourci dans le temps n’arrive donc pas à la hauteur de ses grandes ambition. Le message qu’il tente de faire passer n’est pas assez accompagné d’une minutie artistique qui le hisserait parmi les grands classiques Disney.

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 14/03/2018
  • Film à partir de 8 ans
Antoine Corte

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.

Top 3 Cinéma : "Moulin Rouge !" (2001), "Titanic" (1997), "Les Parapluies de Cherbourg" (1964)
Antoine Corte

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