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The Rider Affiche film

[Critique] « The Rider » (2017) : L’apprentissage du renoncement

Cet article est le 16e sur 16 pour Festival du Cinéma Américain de Deauville 2017

Entre indiens et cowboys, il n’y a qu’un pas. Deux ans après Les Chansons que mes frères m’ont apprises sur la réserve indienne de Pine Ridge, la réalisatrice Chloé Zhao revient avec The Rider sur le destin brisé d’un cowboy incapable de remonter en selle après un accident de cheval. L’avis de Bulles de Culture sur ce film Grand Prix du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2017.

Synopsis :

Le jeune cowboy Brady (Brady Jandreau), étoile montante du rodéo, apprend qu’après son tragique accident de cheval, les compétitions lui sont désormais interdites. De retour chez lui, Brady doit trouver une nouvelle raison de vivre, à présent qu’il ne peut plus s’adonner à l’équitation et la compétition qui donnaient tout son sens à sa vie. Dans ses efforts pour reprendre en main son destin, Brady se lance à la recherche d’une nouvelle identité et tente de définir ce qu’implique être un homme au cœur de l’Amérique.

The Rider a l’attrait d’un documentaire fictionné

The Rider a tout l’attrait d’un documentaire fictionné. La réalisatrice fait preuve d’un savoir-faire narratif total avec ce film maitrisé, tout en évitant les écueils liés à ce genre. Il était en effet difficile de faire tourner devant l’écran l’amateur Brady Jandreau qui incarne ici son propre rôle, sans tomber dans le voyeurisme. Pourtant, l’acteur regorge de professionnalisme en jouant des scènes saisissantes d’émotion. On reste bouche bée de ce rapport qu’il entretient avec les chevaux, et de la douleur que cela provoque lorsqu’il est contraint d’en abattre un.

La figure machiste d’une Amérique rurale

Le protagoniste est également intéressant de part son statut social. Au centre d’une famille déconstruite, il est la figure machiste d’une Amérique rurale. Le conflit principal tourne autour de cette difficulté à garder ce statut social d’homme fort alors qu’il en perd les attributs en ne pouvant plus faire de rodéo. Pour ce faire, des substituts vont être mis en place pour essayer de reconstruire ce cavalier anéanti. En premier lieu, ce dernier opère un changement de vie en cherchant un nouveau travail et de nouvelles activités.

Le message de la réalisatrice prend tout son ampleur lorsqu’elle décide de montrer la sphère familiale de cet Américain perdu. Chargé de veiller sur sa sœur atteinte d’un retard mental, le personnage va apprendre l’écoute et la bienveillance. C’est d’ailleurs la cadette qui donnera un certain aboutissement à The Rider, en transmettant à la narration du film des valeurs fortes telles que l’épanouissement ou l’apprentissage du renoncement.

L’apprentissage du renoncement

Le travail de Chloé Zhao autour des décors ne doit pas être passé sous silence. Celle-ci retourne sur les lieux de son premier film et continue de faire un travail fantastique pour mettre en avant ces terres majestueuses. A la façon de The Florida Project, la cinéaste ne dépeint pas un cadre idyllique. Au contraire, elle essaye de coller au plus près du quotidien de ces « oubliés » de l’Amérique, vivant dans des situations précaires sans aucune ressource. La culture autour des chevaux est là pour les sauver. C’est donc très naturellement que The Rider rend un hommage appuyé à ces animaux qui ont parfois des personnalités fortes attachantes.

The Rider est une œuvre didactique montrant à la fois l’attachement à une passion, tout en essayant de trouver les codes pour s’en détacher. En cela, on trouve dans les propos de ce film une portée universelle qui pourra parler au plus grand nombre, passionné ou non d’équitation.

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 28/03/2018
  • Distribution France : Les Films du Losange
Antoine Corte

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.

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