/* insérer vidéo facebook*/
/* code Google Analytics */
enfr
Accueil / LITTERATURE / [Critique] « Sous le soleil de cendres » (2017) de Claire et Robert Belmas
Sous le soleil de cendres Claire et Robert Belmas image couverture

[Critique] « Sous le soleil de cendres » (2017) de Claire et Robert Belmas

Claire et Robert Belmas, respectivement agrégée de lettres et docteur en physique atomique, ont écrit et publié ensemble une vingtaine de nouvelles de science-fiction depuis 1994 ainsi que le roman Chroniques des Terres Mortes en 2003. Sous le soleil de cendres qui devait initialement s’insérer dans un cycle romanesque écrit par plusieurs auteurs, paraît finalement seul en 2017. C’est dans un univers post-apocalyptique que le lecteur est invité. L’avis de Bulles de Culture.

Synopsis :

Après une catastrophe climatique majeure et des guerres qui ont menacé l’existence même de l’humanité, une société idéale a vu le jour, fondée sur des principes écologiques et humanistes : l’Instance. Lyla Tran-Dinh, une jeune femme de vingt-six ans, est l’une des meilleures enquêtrices de cette société nouvelle d’où la criminalité est quasiment absente. Sous la direction d’Erad Guzlan, elle va enquêter sur le meurtre de quatre scientifiques assassinés lors d’une expédition en Haute-Occitanie… Au même moment, l’apparition d’un étrange soleil de cendres dans le ciel semble troubler la trop parfaite harmonie de la communauté…

Sous le soleil de cendres : Un univers de science-fiction

Sous le soleil de cendres est un roman de SF : on y retrouve en effet certains motifs propres au genre comme une technologie plus avancée qui permet d’améliorer les conditions de vie des habitants de Teixat, la ville de Haute-Occitanie où se déroule l’action. Parmi les objets les plus perfectionnés, citons notamment l’« unit »,  sorte d’objet miniature doté de parole qui fait fonction d’assistant dans la vie de tous les jours pour s’informer, se distraire, s’instruire, faire des transactions, communiquer avec l’Instance… L’univers décrit est aussi celui d’un monde futuriste qui relègue dans une sorte d’époque barbare le Siècle Noir. Ce Siècle Noir, ce pourrait être bientôt le nôtre si l’on est très pessimiste : la science-fiction est le genre par excellence qui met en évidence les dangers de nos sociétés hyper-technologiques et contrôlées où l’évolution morale de l’être humain ne suit pas les progrès matériels, malgré les espoirs qu’ils suscitent… Ce Siècle Noir était donc une époque caractérisée par des dérèglements climatiques majeurs et des guerres de masse qui ont mené l’humanité à la catastrophe. L’Instance, née sur les décombres de cet ancien monde, est une forme d’utopie, qui « avait su recréer un univers plus humain sans pour autant renoncer aux bienfaits apportés par la technologie », et avait « restauré une société responsable portée par des valeurs humanistes authentiques ». Bref, un monde idéal.

L’envers du décor : De l’utopie à la dystopie

Le livre Sous le soleil de cendres commence par la description d’un monde parfait et évolué, mais très vite, la machine se grippe. À l’extérieur de cet univers aseptisé et lisse, se trouve le mont de l’Orri, l’« Himalaya des zones grises », c’est-à-dire le Stigmate, là où se trouvent les bannis, les « déviants déportés dans la zone grise ». Or, le nombre d’incidents n’a cessé d’augmenter, sous l’influence notamment d’un étrange soleil de cendres : un « soleil de mort » qui apparaît parfois dans le ciel et provoque une vague de folie destructrice parmi les bannis. Et puis il y a ces quatre meurtres inexpliqués de scientifiques de haut niveau. C’est sur ces meurtres que doit enquêter Lyla…

Le roman Sous le soleil de cendres commence comme une enquête policière classique projetée dans un monde futuriste mais assez vite l’intrigue s’éloigne de cette ligne narrative. Le personnage principal, Lyla, se retrouve victime d’une sombre machination qui la condamne à intégrer le monde ultra-violent des bannis, où elle fera malgré tout des rencontres attachantes. Elle se retrouvera plus tard au sein d’une communauté regroupée autour de la figure charismatique d’une sorte de prophète, Nathanaël, censé montrer à Lyla le chemin de la lutte contre le Mal… Ainsi, au fil des pages, l’utopie représentée par l’organisation de l’Instance dévoile son côté sombre : la duplicité, la violence, les ambitions et les luttes pour la domination à tous les étages de la société, la dictature… Rien de tout cela – héritage du Siècle noir ? – n’a malheureusement disparu de l’Instance, qui a relégué ce qu’elle ne pouvait intégrer à ses frontières. Ce sera un rude apprentissage pour Lyla qui en fera l’expérience bien malgré elle et sans bien comprendre au départ ce qui lui arrive…

Grâce à ses multiples rebondissements, l’intrigue de Sous le soleil de cendres réserve donc bien des surprises. Les apparences sont souvent trompeuses… Lyla devra affronter une série d’épreuves pour triompher du Mal et surtout découvrir la vérité ! L’intrigue policière qui paraissait oubliée un temps trouve ainsi sa résolution dans la révélation finale qui ne décevra pas les amateurs de SF ni de romans policiers !

Produits disponibles sur Amazon.fr

En savoir plus :

  • Sous le soleil de cendres, Claire et Robert Belmas, éditions Scrineo, septembre 2017, 320 pages, 21 €
Marie-Laure Surel

Marie-Laure Surel

Rédactrice / Editor chez Bulles de Culture
J’aime la littérature, la poésie, le cinéma des années 30-40. Des œuvres nouvelles et celles, plus anciennes, qu’on continue de fréquenter comme de vieux amis.« Le Beau est toujours étonnant », disait Baudelaire.

Top 4 Littérature : "Les Frères Karamazov" de Dostoïevski, "Souvenirs d’un pas grand-chose" de Charles Bukowski, "Perceval ou le conte du graal" de Chrétien de Troyes, "Bye-bye Blondie" de Virginie Despentes
Top 3 cinéma : "Casablanca" (1942), "Paris Texas" (1984), "L’Argent de poche" (1976)
Marie-Laure Surel

Les derniers articles par Marie-Laure Surel (tout voir)

    Laisser un commentaire

    Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.