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[Critique] « Sparring » (2017) : Mathieu Kassovitz donne des coups

Après un passage chez les prêtres dans la série Ainsi soient-ils, Samuel Jouy devient réalisateur en sortant son premier film Sparring sur l’univers de la boxe. L’avis de Bulles de Culture sur ce long métrage.

Synopsis :

A plus de 40 ans, Steve Landry (Mathieu Kassovitz) est un boxeur qui a perdu plus de combats qu’il n’en a gagnés. Avant de raccrocher les gants, il accepte une offre que beaucoup de boxeurs préfèrent refuser : devenir sparring partner d’un grand champion.

C’est quoi un sparring partner ?

Sparring partner, on n’est pas tous à savoir ce que c’est. Dans les sports de combat, le champion ne peut pas s’entrainer seul. Notamment en boxe, les punchingballs ne suffisent pas. Il faut en face de ces compétiteurs des personnes entrainées pour recevoir des coups. Forcément pour le grand public, être sparring n’est pas très bien considéré. Souvent incapable d’être à un top niveau, ils peuvent être perçus comme de la chair à canon au service de leur champion. Pourtant, aux yeux des initiés, les sparrings sont parfois le reflet de la figure qu’ils entrainent. On perçoit ce ressenti dans le film de Samuel Jouy lorsque par exemple Steve Landry se fait interpeller dans un supermarché par un fan de boxe extrêmement honoré de croiser le chemin du sparring partner de son idole. De ce postulat, on pourrait penser que Sparring est un film réservé aux passionnés de boxe. Nombreux sont les œuvres sur ce sujet qui ont eu du mal à attirer un large public. Ces films sont surtout américains où la boxe est davantage une institution que chez nous : La Rage au ventre (2015, Antoine Fuqua) avec Jake Gyllenhaall convaincant ou Fighter (2010, David O. Russell).

Sparring : Un film sur les sentiments humains

Pourtant, Sparring arrive vite à se démarquer des films précédemment cités. Même réfractaire à la boxe, on va trouver un intérêt à cette histoire personnelle. Les combats ne sont qu’un prétexte pour développer un personnage aux valeurs humanistes universelles. On est forcément touché par ce père de famille dont la motivation première est de se trouver un rôle au sein de ce sport qui l’a tellement meurtri. Au-delà de cette considération personnelle, il y a également le souci de rendre ses proches fiers, de chercher un équilibre entre choix personnel et besoins familiaux. En particulier, l’histoire secondaire de sa fille qui persévère dans le piano alors qu’elle n’a pas de don particulier est le reflet d’un message fort de pugnacité.

Le réalisateur, Samuel Jouy, est une sorte de porte parole de cette force intérieure. Lui qui construit sa carrière en interprétant des parcours difficiles : fils d’ouvrier (Marie, Nonna, la Vierge et moi de Francis Renaud) ou personnage en fauteuil roulant (série Ainsi soient-ils ou Un homme debout de Foued Mansour). Il livre ici un film sur les sentiments humains où la compassion flirte toujours avec douleur et humiliation. Une scène très dure marque le récit lorsque le sparring mène un combat d’entrainement sans gloire devant une foule de moqueurs alors que son enfant assiste déçu au triste spectacle.

Côté acteurs, qu’il est bon de revoir au cinéma Mathieu Kassovitz aussi rayonnant dans un rôle dans lequel il est splendide. Habitué à des grandes frasques dont une remarque récente sur le Festival International du Film Fantastique de Gerardmer 2018, le comédien est ici dans une simplicité où il abandonne ses travers contestataires. Il est par ailleurs grandement aider par le charisme de Souleymane M’Baye, ancien boxeur qui a sur le sujet un œil avisé.

Ainsi, sans s’appesantir sur le terrain de la boxe, Sparring est donc avant tout une œuvre humaniste qui fera écho à un grand nombre de personnes, un peu à la façon de Patients de Grand Corps Malade et Mehdi Idir.

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 31/01/2018
  • Distribution France : EuropaCorp Distribution
Antoine Corte

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.

Top 3 Cinéma : "Moulin Rouge !" (2001), "Titanic" (1997), "Les Parapluies de Cherbourg" (1964)
Antoine Corte

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