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DOWNSIZING Alexander Payne affiche

[Critique] “Downsizing” (2017) d’Alexander Payne : Schtroumpfant ?

Alors que le jour de dépassement de la Terre — date à laquelle l’espèce humaine a consommé l’ensemble des ressources que la planète est capable de régénérer en un an — arrive chaque année un peu plus tôt, le réalisateur Alexander Payne nous propose une alternative pour limiter la destruction de notre monde dans son film Downsizing. L’avis de Bulles de Culture sur ce long métrage de science-fiction comique.

Synopsis :

Pour lutter contre la surpopulation, des scientifiques mettent au point un processus permettant de réduire les humains à une taille d’environ 12 cm : le “downsizing”. Chacun réalise que réduire sa taille est surtout une bonne occasion d’augmenter de façon considérable son niveau de vie. Cette promesse d’un avenir meilleur décide Paul Safranek (Matt Damon) et sa femme (Kristen Wiig) à abandonner le stress de leur quotidien à Omaha (Nebraska) pour se lancer dans une aventure qui changera leur vie pour toujours.

Avec l’émergence d’une conscience écologique mondiale, Downsizing, l’œuvre d’Alexander Payne (The Descendants, 2012) aborde un sujet d’actualité et une problématique contemporaine : comment préserver notre bonne veille planète bleue des méfaits de notre espèce ? Or, Downsizing n’est pas ni un film engagé ni un film politique mais relate simplement la vie d’un couple, les Safranek, confronté à l’opportunité de contribuer à la sauvegarde du monde vivant. A travers son récit, le réalisateur nous pousse à la réflexion. Qu’aurions-nous fait à la place des Safranek ?

Downsizing, un égoïsme camouflé

Downsizing film critique image
© Paramount Pictures France

Le choix. Ce terme est sans doute le noyau central autour duquel s’anime le film Downsizing. Quel choix auriez-vous fait s’il vous était permis de contribuer à l’intérêt commun ? Si on vous offrait, demain, la possibilité de permettre à l’ensemble de l’espèce humaine de se nourrir à sa faim, en vous faisant réduire à une taille à peine plus grande qu’une libellule. L’auriez-vous fait ? Dans l’immédiateté, sans doute. Ne serait-ce que pour la beauté altruiste du geste. Mais après mûre réflexion, peut-être vous faudrait-il une motivation supplémentaire, un intérêt qui vous soit personnellement profitable.

Le long métrage Downsizing illustre parfaitement le contraste existant entre l’inspiration initiale du scientifique à l’origine du procédé de réduction et celle du bénéficiaire. Le premier cherche une alternative à la surpopulation, un moyen de réduire l’impact néfaste de l’activité humaine sur la Terre. Tandis que le second, le commun des mortels, y voit une échappatoire à une vie de contraintes morne et inégalitaire. Car il ne s’agit pas uniquement de miniaturisation mais le procédé se mue en un moyen pour la classe moyenne d’accéder à un niveau de vie qu’il n’aurait pu s’offrir. L’Éden devient alors à porter de main. On s’aperçoit soudain, à travers le personnage de Paul Safranek, interprété par Matt Damon (Bienvenue à Suburbicon, 2017 ; Jason Bourne, 2016 ; La Grande Muraille, 2016), que le choix d’une réduction par l’homme ordinaire ou opportuniste n’est qu’une résolution purement égoïste. Au diable l’intérêt supérieur de la vie. Vive le sauf-conduit.

La réduction : le premier pas vers un monde idéal et plus juste ?

Downsizing film critique image
© Paramount Pictures France

Subjugué par la prouesse scientifique, c’est avant tout l’espoir d’une terre promise qui enclenche le premier pas menant à la réduction. Un nouveau monde exempt de souffrances mais plutôt berceau du bonheur, couffin de l’espérance. Un nouvel eldorado où le désespoir est réduit voire anéanti. Cependant, une fois le processus enclenché dans le film Downsizing, l’immersion de Matt Damon chez les mini-pousses estompe l’euphorie initiale. L’idéal s’effondre. Le protagoniste s’apercevra vite que l’Éden promis n’est qu’une transposition à échelle réduite de la réalité rejetée. Malgré tout, cette nouvelle vie se révélera être, pour le personnage de Matt Damon, un voyage initiatique dans la réalisation de son moi, une opportunité pour lui de se réaliser.

Un trio gagnant d’acteurs

Downsizing film critique image
© Paramount Pictures France

Le scénario du long métrage Downsizing est porté avec talent par un trio d’acteurs. Tout d’abord, l’interprétation impeccable de Matt Damon en homme ordinaire. Il a su à travers Downsizing, nous faire oublier son aura de star pour nous permettre de s’identifier à Paul Safranek. On ne se lassera pas non plus du jeu d’acteur de Christoph Waltz (Tarzan, 2016 ; 007 Spectre, 2015 ; Big Eyes 2014) que nous sommes ravis de retrouver sous les traits de l’exubérant Dusan Mirkovic. A chacune de ses interprétations, la même interrogation demeure : le rôle est t-il tailler sur mesure pour son talent ou s’empare-t-il avec prouesse ? Dans Downsizing, vous découvrirez sans doute l’actrice Hong Chau. Vous vous apercevrez que son aura rivalise avec performance, dans un tout autre registre, avec Christoph Waltz. Elle offre une véritable intensité.

L’œuvre d’Alexander Payne se veut avant tout être le récit d’un homme ordinaire confronter à des choix qui s’offrent à lui, permettant à chacun de s’identifier. Downsizing est aussi un film qui fait naître une réflexion sur notre capacité à être altruiste ou égoïste. Une œuvre à contempler pour débuter une nouvelle année sur de bonnes résolutions et faire son cheminement vers une conscience écologique altruiste.

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 10/01/2018
  • Distribution France : Paramount Pictures France
Pierre L.

Pierre L.

Rédacteur / Editor chez Bulles de Culture
TOP 5 Cinéma : "Le cercle des poètes disparus" (1989), "Vol au dessus d'un nid de coucou" (1975), "La soif du mal" (1958), "La corde" (1948), "Gran Torino" (2008)
Pierre L.

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    Un commentaire

    1. Cool article!! Dommage que le film ait été sur-vendu comme une grosse comédie “high-concept” alors que c’est du Alexander Payne… Car du coup, pas mal de gens passent à côté du film et de son message que tu exposes si bien! La plupart des gens déçus par le film disent que le message pseudo-écologique n’a rien à faire là alors qu’au contraire, c’est le problème central de notre société individualiste (sujet de prédilection du réalisateur). Bref, excellent film, excellent article!

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