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Bright David Ayer affiche

[Critique] On a vu “Bright” sur Netflix et ce n’est pas très lumineux

Will Smith fait équipe sur Netflix avec Joel Edgerton pour sauver le monde dans le film SF Bright de David Ayer. L’avis de Bulles de Culture sur ce long métrage.

Synopsis :

Dans un présent alternatif où humains, orcs, elfes et fées coexistent depuis la nuit des temps, deux flics aux origines très différentes, l’humain Ward (Will Smith) et l’orc Jacoby (Joel Edgerton), s’embarquent dans une patrouille nocturne qui va altérer l’avenir du monde tel qu’ils le connaissent. Aux prises avec leurs propres différences et les assauts ennemis, ils sont obligés de coopérer pour protéger une jeune elfe (Lucy Fry) et une relique oubliée qui, dans les mauvaises mains, pourrait entraîner la destruction de l’univers tout entier.

Bright : Un Will Smith sans prise de risque

Le problème avec un acteur comme Will Smith qui dégage un vrai capital sympathie depuis sa prestation dans la série télé Le Prince de Bel-Air (1990-1996) et son passage réussi sur le grand écran avec Bad Boys (1995), c’est qu’il ne prend pas beaucoup de risque. Même pour une adaptation telle que celle du roman Je suis une légende en 2007 où la fin donnait toute sa force au récit de l’écrivain de science-fiction Richard Matheson, il faut que l’histoire de ces personnages finissent par un happy end, quitte à en perdre la force du point de départ. Ainsi, contrairement à des acteurs tels que Daniel Day Lewis, Leonardo DiCaprio ou Ryan Gosling, Will Qmith n’est pas un acteur qui prend des risques avec son image. Et le film Bright sur Netflix en est une nouvelle preuve.

Et pourtant, l’idée de départ du scénariste Max Landis (Chronicle) est plutôt sympa : un film policier, mâtiné de buddy movie et de fantasy, où le personnage de Ward, un être humain interprété par Will Smith, doit faire équipe avec Jacoby, un non-humain joué par Joel Edgerton, un partenaire rejeté à la fois par sa propre communauté et par celle où il travaille. Le problème est que ce contexte social de départ ne servira qu’à mettre en scène un énième film de divertissement sans réelle ambition. Même l’habituelle caractérisation du personnage principal Ward à travers sa femme et sa fille seront sous-exploitées car elles ne serviront à rien dans la longue nuit que son partenaire et lui vont vivre pour sauver une elfe (Lucy Fry) et le monde.

Une mise en scène

Côté mise en scène, le réalisateur David Ayer qui a officié sur des films tels que Suicide Squad (2016) fait le contraire de ce que l’on conseille de faire dans une école de cinéma. Ici, les scènes d’action du long métrage Bright ne sont justifiées par rien si ce n’est qu’elles sont funs — David Ayer souhaiterait-il rejoindre la team d’EuropaCorp ? Et ce sentiment est ressenti dès le générique où les effets spéciaux de tags sur les murs et la réalisation caméra épaule/reportage dans les rues sombres de Los Angeles sonnent dramatiquement faux et symbolisent donc dès ces premières que la greffe réalisme/anticipation de Bright n’a pas pris.

De même, les méchants tels que les hommes de main du trafiquant Poison (Enrique Murciano) surgissent de nulle part sur le chemin de nos héros, la cavalerie de “gentils” menée par l’elfe Kandomere (Edgar Ramirez) arrivent toujours après-coup tandis que la dangereuse elfe Leilah (Noomi Rapace) et son groupe d’Inferni zigouillent tout le monde sans réfléchir. D’ailleurs que devient le bébé qui intéresse subitement les membres d’Inferni lors d’une scène violente du film ? Mystère…

Enfin, même des affrontements qui permettraient d’enrichir le récit — même si leur conclusion est prévisible — n’aboutissent à rien. On pense notamment à la scène où Will Smith et Joel Edgerton sont retenus par la bande d’orcs de Dorghuqui (Brad William Henke) veulent leur faire la peau. Or, alors que la situation s’inverse en leur faveur et que les méchants pourraient clairement devenir des alliés, il n’en est rien. Nos deux héros continuent de suivre leur route semée d’embûches comme si rien ne s’était passé.

Un film de série B vite oublié

Le vrai intérêt du film Bright est bien sûr le personnage rejeté de Jacoby. Accepté ni d’un côté ni de l’autre, il permet un semblant d’approche sociale et de réflexion sur notre rapport à l’altérité dans ce film d’action SF. On regrette donc qu’au lieu de David Ayer, ce ne soit ni Nick Love (American Hero) ni Neill Blomkamp des débuts (District 9) qui aient été à la réalisation de ce film. Car au moins, ils aurait su marier avec beaucoup plus de talent et d’à propos ce côté social aux scènes plus d’action et spectaculaires. Même  la série australienne Cleverman aurait pu être une source d’inspiration pour Bright.

Mais Will Smith aurait-il pu figurer dans un film plus ambitieux ? Sa récente filmographie plaide plutôt pour le non et c’est bien dommage. Car avec son charisme et son capital sympathie déjà mentionné, le long métrage Bright sur Netflix laissait espérer mieux. Au final, ce n’est qu’un nouveau film de série B vite oublié.

En savoir plus :

  • Bright est disponible sur Netflix depuis le vendredi 22 décembre 2017
Jean-Christophe Nurbel
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Jean-Christophe Nurbel

Rédacteur en Chef / Editor in Chief chez Bulles de Culture
Accro aux films, aux pièces de théâtre, aux séries et à la culture en général, j'aime les œuvres qui me surprennent.

Top 3 Cinéma : "À bout de souffle" (1960), "Blade Runner" (1982), "Casablanca" (1942)
Top 3 TV : "Engrenages" (2005-...), "The Wire" (2002-2008), "Twin Peaks" (1990-1991)
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