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[Interview] Juan Sebastián Mesa, l’auteur-réalisateur de “Los Nadie” (2015)

Rencontre avec Juan Sebastián Mesa dans les locaux de la résidence Cinéfondation, à l’occasion de la sortie en salles de son premier long-métrage Los Nadie. Le jeune réalisateur colombien séjourne actuellement à Paris et travaille à l’écriture de son prochain film.

Synopsis :

Entre amours, haines et promesses brisées, cinq amis de la rue qui se découvrent au sein d’une ville hostile. Ceci est l’histoire de jeunes gens avides de voyages, qui trouvent dans l’art de la rue et la musique, un refuge et une échappatoire.

Interview de Juan Sebastián Mesa pour le film Los Nadie

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Bulles de Culture : Vous disiez que votre film Los Nadie pouvait s’adresser à tous les jeunes du monde entier (« cualquier joven, cualquier parte del mundo »), et que le poème de Martha Medeiros, Muere lentamente, l’illustre bien. Et pourtant, votre film est tourné dans un espace bien précis, à Medellín, l’ancienne capitale de la drogue, une ville qui survit à la violence dans les rues. Vous décrivez un lieu sans espoir, suffocant. À la fois un foyer (« un hogar ») et une cité condamnée.

Juan Sebastián Mesa : C’est une relation d’amour et de haine. Je suis né à Medellín, j’ai grandi là-bas. Mes amis et ma famille y vivent. C’est une ville fermée sur elle-même, de par le fait qu’elle est éloignée géographiquement des autres grandes villes de la Colombie. C’est pourquoi il est important d’en sortir parfois et de voyager. Nous avons notre propre vision des choses et notre propre façon de penser qui est radicale. Car notre ville est fragmentée par des « dynamiques » variées, qu’il faut comprendre et respecter. À certains endroits, il faut encore demander la permission pour entrer… Fallait-il confiner encore plus ces lieux ? Non, il était intéressant de capter des bribes (los pedazos) de cette réalité. Être dans la nuance.

“La société est plus égalitaire”

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Bulles de Culture : Les personnages féminins de Los Nadie, Ana y Pipa, sont des adolescentes au physique marqué : frêles, blondes platine, le corps tatoués, les percings… On est bien loin des stéréotypes latino-américains, d’une image véhiculée par les media. Ce sont aussi des jeunes femmes fortes.

Juan Sebastián Mesa : La société est plus égalitaire aujourd’hui, notamment chez les jeunes qui sont moins divisés par le machisme. Ana et Pipa sont fragiles, mais fortes. Dans un environnement aussi rude, comment parviennent-elles à être aussi douces ? Elles se sont forgé une carapace.

“Les colombiens essaient de se trouver à travers le voyage”

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Bulles de Culture : Dans Los Nadie, les parents semblent ne pas comprendre leurs enfants. Et votre film évoque très peu l’éducation et le rôle que les enseignants pourraient jouer auprès des jeunes.

Juan Sebastián Mesa : Les universités publiques sont bien là pour transmettre la connaissance. Mais les jeunes de Medellín refusent de se soumettre à des directives et souhaitent développer leurs propres expériences, notamment en voyageant. Ils veulent rompre avec l’injonction du succès et souhaitent vivre avec plus de simplicité. Le contre-courant punk exprime cette lutte constante et les liens sociaux qui en découlent. C’est ce que je veux raconter avec ce film. La violence n’est pas une réponse ; il faut s’en éloigner, l’ignorer.

Bulles de Culture : La sélection du Panorama du Cinéma colombien 2017 évoquait la migration des colombiens vers l’Europe et les États-Unis. Moins vers les autres pays latino-américains. Pourtant, il est dit que les colombiens voyagent beaucoup en Amérique latine. Vos personnages rêvent du Pérou, de la Bolivie, de l’Argentine… Peut-on parler d’identité latino-américaine ? Est-ce qu’ils y croient ? On pense à Diarios de motocicleta (Walter Salles, 2004). Ces pays partagent une langue commune.  

Juan Sebastián Mesa : C’est une vision romantique… Mais c’est vrai que les colombiens essaient de se trouver à travers le voyage. Cependant, la Colombie a des particularités intrinsèques qui la différencient des autres pays dont elle est proche géographiquement. Elle n’est pas en mesure d’offrir de réelles opportunités à son peuple. Dans les années 80 et 90, les colombiens ont beaucoup émigré vers l’Espagne et les États-Unis. Notre pays est culturellement fragmenté, très diversifié, notamment dans les régions investies par la culture du café. La Colombie est bien plus qu’un drapeau.

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 6/12/2017
  • Distribution France : Le Chien qui Aboie
Gwenaëlle L.P.

Gwenaëlle L.P.

Rédactrice / Editor chez Bulles de Culture
J'aime tous les cinémas, pourvu qu'ils me transportent et me fassent réfléchir.

TOP 3 Cinéma : "Lost in translation" de Sofia Coppola, "L'avventura" de Michelangelo Antonioni, "The 39 Steps" d'Alfred Hitchcock

Site personnel : L'avventura di Gwen
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