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Le crime de l'orient express photo critique
© 20TH CENTURY FOX

[Critique] « Le Crime de l’Orient-Express » (2017) de Kenneth Branagh

Le Crime de l’Orient-Express (Murder on the Orient Express) revient sur les écrans sous la baguette de Kenneth Branagh. Avec son casting aguicheur, cette nouvelle adaptation de l’œuvre d’Agatha Christie a l’ambition de lancer une nouvelle franchise qui suivrait les aventures d’Hercule Poirot. Crime de studios ou adaptation réussie ? Bulles de Culture mène l’enquête. Notre avis.

Synopsis :

Le luxe et le calme d’un voyage en Orient-Express est soudainement bouleversé par un meurtre. Les 13 passagers sont tous suspects et le fameux détective Hercule Poirot (Kenneth Branagh) se lance dans une course contre la montre pour identifier l’assassin, avant qu’il ne frappe à nouveau. D’après le célèbre roman d’Agatha Christie.

Le Crime de l’Orient-Express : Un remake de studios façon blockbuster  

À l’image de son prestigieux casting à rallonge, cette nouvelle version du Crime de l’Orient-Express ne lésine pas sur les moyens pour redonner vie au plus célèbre roman d’Agatha Christie. Les studios ont ainsi mis le paquet dans ce remake flamboyant, avec à l’affiche Johnny Depp, Judy Dench, Michelle Pfeiffer, Willem Dafoe, Kenneth Branagh, Penelope Cruz, Daisy Ridley, on en passe et des meilleurs.

Pour remettre à jour cette enquête rocambolesque, les studios ont d’abord fait appel au scénariste Michel Green,  spécialiste très en vogue de l’adaptation (Blade Runner 2049, Logan, la série American Gods…). Le cinéaste va marquer le coup avec une séquence d’ouverture originale pleine d’exotisme, se déroulant à Jérusalem, pour introduire avec panache un tout nouvel Hercule Poirot, plus extravagant que jamais. Et pour redonner vie au célèbre inspecteur, c’est Kenneth Branagh lui-même qui s’y colle avec la double casquette d’acteur/réalisateur.

Kenneth Branagh est Hercule Poirot

Avec un accent pseudo-belge truculent et une moustache fantasque, Kenneth Branagh prend un énorme plaisir à jouer le héros légendaire des romans d’Agatha Christie. Et derrière ces deux attributs physiques prononcés, l’acteur shakespearien  propose un Hercule Poirot maniaque mais touchant, avec une moralité de fer qui va, au fil de l’enquête, s’épuiser pour finalement plonger l’enquêteur dans de sombres doutes. L’interprétation de Kenneth Branagh est d’ailleurs la meilleure surprise du film Le Crime de l’Orient-Express, d’autant qu’il réussit à tenir tête (et avec brio) à une ribambelle d’acteurs plus talentueux les uns que les autres. Son face-à-face avec Johnny Depp vers la fin du premier acte est l’une des scènes les plus réjouissantes du film.

Un périple surchargé

Fier du succès de sa dernière adaptation cinématographique d’un autre classique (Cendrillon), Kenneth Branagh ramène ses collaborateurs habituels à bord de l’Orient-Express : Haris Zambarloukos à l’image et Patrick Doyle à la musique. Avec son équipe, le cinéaste tente ainsi de nous embarquer dans un périple se présentant d’abord comme une grande aventure, luxuriante et enjouée, pour finalement se transformer en une sombre enquête qui sonde les tréfonds glaciaux de l’âme humaine.

Mais malgré toute l’ambition du scénario et tous les efforts d’une mise en scène visuellement riche et plutôt aboutie, Le crime de l’Orient Express n’arrive pas à convaincre totalement… Mais alors, qui est donc le coupable ?

À qui profite le crime ?

Dans cette enquête, on serait facilement tenté d’accuser les studios… Car à qui d’autres profiterait au mieux le crime ? En effet, avec ce blockbuster assumé, les studios n’ont aucune honte à afficher leur ambition d’établir une nouvelle franchise autour d’un Hercule Poirot moderne, plus charismatique que jamais. Si les dieux du box-office sont assez cléments, les aventures de l’enquêteur pourraient certainement le mener en Égypte pour suivre l’intrigue de Mort sur le Nil comme semble le présager la fin du film….

Mais le coupable est ailleurs. Car l’Hercule Poirot de Kenneth Branagh nous a séduit, on l’avoue, et malgré notre déception, on serait partant pour lui donner une nouvelle chance dans une suite éventuelle… Et les efforts prononcés du film Le Crime de l’Orient-Express à nous en mettre plein la vue avec son casting étincelant, ses CGI à tout va et ses mouvements de caméra vertigineux vont de paire avec la mise en scène du réalisateur shakespearien qui aime jouer de cette surenchère assumée.

Nouvelle adaptation, mêmes défauts

Pour résoudre le mystère des faiblesses du film Le Crime de l’Orient-Express, il faut revenir en arrière, avec la première version cinématographique de 1974, réalisée par Sidney Lumet. Car en comparant les deux films, nous pouvons voir plus clairement les défauts similaires que transportent ces deux adaptations… Et c’est là que se trouve la clé de l’enquête ainsi que notre coupable !

Le crime est dans l’adaptation même d’un roman coupable de n’être tout simplement pas assez cinématographique. Une douzaine de personnages coincés dans un train subissant les interrogatoires d’un enquêteur empêtré dans une intrigue tarabiscotée… En exagérant un peu les traits, on se rend compte que les ingrédients qui ont fait le succès littéraire du Crime de l’Orient-Express ne sont pas les plus adaptés pour réaliser un bon film. C’est pourquoi les deux adaptations cinématographiques partagent les mêmes défauts.

D’abord, l’accumulation de personnages ne laisse que très peu de place pour les développer. On se retrouve alors avec un casting certes prestigieux, mais totalement sous exploité. Les prestations de Sean Connery, Lauren Bacall ou Ingrid Bergman à l’époque sont aussi anecdotiques que celles de Judy Dench, Willem Dafoe ou Penelope Cruz aujourd’hui. Et en dehors des deux Hercule Poirot (Kenneth Branagh et Albert Finney), seuls Johnny Depp et Anthony Perkins auront su brièvement tirer leur épingle du jeu. Ainsi, l’accumulation des personnages associé au décor statique de l’Orient-Express, coincé par la neige, et à la densité d’une intrigue alambiquée n’aide aucunement le spectateur à s’immerger dans le film. Et ce malgré toutes les pirouettes filmiques dont peuvent faire preuves les metteurs en scène.

Il ne nous reste plus qu’à trouver l’arme du crime. Et comme dans les meilleurs polars du genre, on peut se dire que l’arme du crime était sous nos yeux pendant tout ce temps: dans le titre : Le crime de l’Orient-Express… Ce titre est, comme on dit à Hollywood, un « high concept » à lui tout seul. Il nous vend de l’aventure, de l’exotisme, du mystère et du sang. Ajoutez à cela la renommé d’Agatha Christie et de son célèbre enquêteur moustachu, et il n’est pas difficile de comprendre l’avidité des producteurs à vouloir adapter le roman sur grand écran, sans se soucier des difficultés scénaristiques et cinématographiques qu’impliquent véritablement cette œuvre.

A vous de juger !

Le célèbre roman d’Agatha Christie n’a donc peut être pas fini d’attirer les producteurs. Mais l’adaptation qui rendra parfaitement justice à l’œuvre originale n’est pas encore arrivée. Comment les cinéastes pourraient-ils s’y prendre ? L’affaire reste ouverte et le mystère continue de planer. En attendant, la version de Kenneth Branagh, bien que critiquable, se laisse regarder. Encore un de ces plaisirs coupables hollywoodiens que l’on peut facilement apprécier un dimanche soir. Quand à savoir si c’est un crime ou non, c’est à vous d’en juger…

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 13/12/2007
  • Distribution France : Twentieth Century Fox France
Emilio M.

Emilio M.

Rédacteur / Editor chez Bulles de Culture
Passionné de films et de séries, made in USA et d’ailleurs…

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Emilio M.

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    Un commentaire

    1. Honnêtement, bien que j’adore les huis-clos, Kenneth Branagh et les crimes à l’eau de rose, je n’irai pas le voir. L’original tirait déjà trop sur la corde, mais il avait un côté Cluedo qui ma foi, passait presque. Mais là Kenneth, ce sera sans moi ;(

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