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Transferts saison 1 affiche

[Critique & Interviews] « Transferts » saison 1

Cet article est le 16e sur 17 pour Festival Séries Mania 2017

Récompensée au festival Séries Mania en 2017, la série de science-fiction Transferts de Claude Scasso et Patrick Benedek est diffusé sur ARTE à partir du jeudi 16 novembre 2017. Notre avis sur Transferts saison 1 et rencontre avec l’équipe.

Synopsis :

Dans un futur proche, le transfert de l’esprit d’un corps à un autre est devenu possible, suscitant espoirs, fantasmes et trafics inédits. Florian (Arieh Worthalter), un père de famille dans le coma, se réveille ainsi dans le corps d’un policier, Sylvain, chargé de lutter contre les « transferts » illégaux.

Transferts saison 1 : Une série sur l’identité

Après Trepalium sur ARTE et Section Zéro sur Canal+, Transferts est une nouvelle série de science-fiction made in France. Elle a été écrite par deux passionnés de SF qui ont profité de la nouvelle ligne éditoriale d’ARTE sur l’anticipation. Espérons que contrairement à ces prédécesseurs, elle passera le cap de la première saison. En attendant de découvrir l’accueil que lui réservera le public, les deux prix reçus au festival Séries Mania 2017 — Prix de la Meilleure Série française et Prix du Meilleur acteur pour une série française dans la compétition française — laissent espérer que oui. Mais de quoi parle Transferts saison 1 ?

Selon l’acteur Arieh Worthalter qui interprète le rôle principal de Transferts saison 1, « le nœud de départ, c’est Florian, cet ébéniste qui est doux et a une vie confortable, qui se retrouve dans le corps de quelqu’un qui est tout le contraire de lui ». Et pour les deux créateurs de la série, Claude Scasso et Patrick Benedek, le concept de départ de la série est le don d’organes et son rejet, extrapolés avec l’idée d’une avancée technologique permettant de transférer une personne (son âme ?) dans le corps d’un autre. « C’est une série sur l’identité, qui questionne l’identité », précise le cocréateur et coproducteur Patrick Benedek. « Une majorité de nos personnages sont doubles. Ils jouent un jeu, il y a une apparence et il y a une réalité intérieure qui est différente ». Et toute la série va jouer de cette dualité presque schizophrénique du personnage principal, « cet homme qui est dans le corps d’un autre et comment il va gérer sa vie, explique le coréalisateur Antoine Charreyron. Et c’est terriblement humain avec ce qu’on vit tous. On est tous des animaux sociaux qui avons une identité extérieure qui n’est pas ce qu’on est réellement à l’intérieur ».

La science-fiction anglaise comme source d’inspiration

L’intelligence des créateurs Claude Scasso et Patrick Benedek est de n’avoir pas chercher à recréer tout un univers futuriste dans Transferts saison 1 mais de nous projeter dans un univers à la fois proche et loin de nous. Ce qui donne des petites touches d’effets spéciaux deci delà  — la série ne contient que 380 plans d’effets spéciaux — qui sont du coup beaucoup plus crédibles, comme ces scènes de visioconférences où apparaissent et disparaissent interlocuteurs et décors ou les confessionnals portatifs du Père Luc (Xavier Lafitte). Et il n’y a d’ailleurs rien d’étonnant dans ce choix « ordinaire et réaliste », dixit le coréalisateur Antoine Charreyron, car nos deux créateurs ont cherché leur inspiration du côté de « l’anticipation anglaise avec John Brunner, Brian Aldiss, Christopher Priest tout un tas d’auteurs qui traitent beaucoup plus d’une société très proche de la nôtre, en la projetant légèrement avec un postulat de science-fiction, confie le cocréateur Claude Scasso. Et à partir de ce postulat, on voit un monde qui a évolué. C’est le 1984 de George Orwell. Et c’est dans cette veine qu’on avait envie de creuser et de parler du monde d’aujourd’hui. On a voulu que ce postulat de départ soit scientifique : qu’est-ce qu’il peut y avoir comme nouveauté scientifique qui va bousculer la société et poser de nouvelles questions éthiques, morales et que le monde entier repose sur une base nouvelle ? »

D’où les questions d’aujourd’hui abordées par la série telles que le transhumanisme, l’homme augmenté, l’intelligence artificielle, la conscience, l’esprit… Ainsi que toute une foule d’interrogations autour de la religion, de la science, de l’immortalité…

Un casting de « gueules »

Ce choix de représenter un futur proche des téléspectateurs se retrouvent dans une mise en scène au plus près des personnages dans Transferts saison 1. Pour le réalisateur Antoine Charreyron, le réalisateur Olivier Guignard et lui se sont rapidement entendus sur « une caméra épaule, une réalisation assez organique autour des personnages parce que l’essentiel était là. Après il fallait crédibiliser le monde autour (…) avec une opposition entre un monde très ordinaire — la maison de Florian qui est une sorte de petite ferme perdue dans la forêt — et le monde moderne, technologique qui est plus froid, plus oppressant« .

C’est ensuite poser la question pour eux du casting. Et ce que l’on remarque est que le choix s’est porté sur des acteurs peu connus des téléspectateurs pour les rôles principaux avec notamment Arieh Worthalter dans le rôle de Sylvain/Florian ou Brune Renault dans celui de sa coéquipière de la BATI (les policiers chargés de traquer les « transférés »), Béatrice. Il y a d’ailleurs une disparité de jeu entre les comédiens et on sent qu’ils ont été choisi pour ce qu’ils dégageaient, comme l’actrice Juliette Plumecocq-Mech qui joue le chauffeur de taxi et dont le physique et la voix atypiques nous avait déjà marqués dans la série de TF1 Le Tueur du lac. Un choix de « gueules » qui correspond d’ailleurs au concept de base de la série Transferts, l’identité, l’apparence, et que confirme le coréalisateur Olivier Guignard quand il déclare : « a posteriori, quand je repense aux essais, ce qui ressort vraiment, c’est cette forme d’instinct, ‘d’animalité’, dans le sens d’intuition, de spontanéité, de rapport au corps. On voulait quelque chose de charnel, de physique, d’impulsion. Tous ces éléments étaient ce qu’on cherchait à avoir dans le jeu du comédien ».

Un futur fascinant et inquiétant

Bref, Transferts saison 1 est donc une nouvelle incursion des créateurs et diffuseurs français dans le genre de la science-fiction et de l’anticipation si souvent abordé dans la culture anglo-saxonne. Si la série a tendance à multiplier un peu trop les intrigues et à s’essouffler un peu vers la fin, il n’en reste pas moins que sa réalisation, sa narration et ses personnages — troublant personnage que cette petite Liza/Woyzeck, campée par Pili Groyne, une jeune actrice de 13 ans fan de films d’horreur, qui ne « ne devait apparaître que sur un épisode parce qu’on s’est dit qu’on ne pourrait pas en faire des tonnes avec ça parce que c’est très osé, provocant, explique le cocréateur Claude Scasso. Mais plus on est écrivait, plus on se disait qu’elle était trop forte, trop belle et que c’était trop porteur cet enfant » — nous plongent dans un futur proche fascinant et inquiétant que l’on prend plaisir à découvrir au fil d’épisodes qui ne  manquent pas de nous interroger sur notre société et son devenir.

Souhaitons donc qu’après la reconnaissance critique, cette série Transferts réussie et particulièrement intéressante rencontre son public et que la chaîne franco-allemande ARTE permette aux deux créateurs Claude Scasso et Patrick Benedek de poursuivre par une saison 2 cette aventure dans un genre si peu exploité en France.

Propos recueillis le 19 octobre 2017 à l’hôtel Pershing Hall. Remerciements à Fred Teper du blog Les Chroniques de Cliffhanger & Co.

En savoir plus :

  • Transferts saison 1 est diffusé sur ARTE les jeudi 16 et 23 novembre 2017 à 20h55. Elle est disponible en replay (streaming gratuit) sur Guide +7 – Arte.TV jusqu’au 15 décembre 2017

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Jean-Christophe Nurbel

Rédacteur en Chef / Editor in Chief chez Bulles de Culture
Accro aux films, aux pièces de théâtre, aux séries et à la culture en général, j'aime les œuvres qui me surprennent.

Top 3 Cinéma : "À bout de souffle" (1960), "Blade Runner" (1982), "Casablanca" (1942)
Top 3 TV : "Engrenages" (2005-...), "The Wire" (2002-2008), "Twin Peaks" (1990-1991)
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