/* insérer vidéo facebook*/
/* code Google Analytics */
enfr
Accueil / TELEVISION / VOD / SVoD / INTERVIEW TV / [Critique & Interviews] « La Forêt » (2017) de Delinda Jacobs
La Forêt affiche

[Critique & Interviews] « La Forêt » (2017) de Delinda Jacobs

Prix de la meilleure série de 52 minutes au Festival de la Fiction TV de La Rochelle 2017, La Forêt de Delinda Jacobs est diffusé sur France 3 à partir de ce mardi 21 novembre 2017. Notre avis sur cette mini-série policière et notre rencontre avec l’équipe.

Synopsis :

À Montfaucon, un petit village paisible des Ardennes, tout bascule quand Jennifer (Isis Guillaume), une adolescente du village, disparaît. L’enquête est confiée au lieutenant Virginie Musso (Suzanne Clément), qui vit là depuis toujours, placée sous les ordres du capitaine Decker (Samuel Labarthe), fraîchement muté sur place. La professeure de français, Ève Mendel (Alexia Barlier), très proche de ses élèves, s’implique immédiatement dans l’affaire, au risque de faire ressurgir un lourd passé… Peu après, les deux meilleures amies de Jennifer, Océane (Inès Bally) et Maya (Martha Canga Antonio), la fille du lieutenant Musso, disparaissent à leur tour. La dépouille de Jennifer est bientôt retrouvée dans la forêt. La jeune fille a été enterrée dans une tombe de fortune à la mise en scène étrange… À Montfaucon, la tension monte d’un cran.

La Forêt : Une énième enquête policière dans une communauté ?

« Il y a un peu l’esprit de la première saison de la série danoise The Killing. Et puis vaguement Twin Peaks mais Zone Blanche sur France 2 était plus proche de Twin Peaks que La Forêt« , nous a confié l’acteur Samuel Labarthe lors d’un point presse organisé autour de la mini-série La Forêt lors du Festival de la Fiction TV de la Rochelle 2017. Une confidence qui confirme notre sentiment que cette mini-série La Forêt arrive un peu tard dans la paysage audiovisuel français. En effet, depuis le succès de la série britannique Broadchurch, ce ne sont pas les fictions sérielles qui ont manqué en France autour d’une communauté déstabilisée suite à un évènement dramatique qui est d’ailleurs la plupart du temps une disparition. Après France 2 (Disparue, Zone Blanche, Malaterra), TF1 (Le mystère du lac, The Five), Canal+ (Jour polaire) , M6 (Glacé) et ARTE (P’tit Quinquin), c’est donc au tour de France 3 de succomber à cette tendance. Mais qu’est-ce qui pourrait donc faire la spécificité de La Forêt dans un genre si usité ?

Selon le producteur Christophe Carmona, « France 3 a comme valeur cardinale le lien social, le vivre ensemble plutôt que l’opposition ruralité/urbanité, tradition/modernité. [Il voulait] donc leur proposer comme mini-série un polar, un whodunit dans une communauté avec un lien fort et unique qui va se défaire au fur et à mesure que l’histoire et le polar vont progresser. Pour voir comment à travers des évènements tragiques, on peut ausculter la conflagration et les conséquences de ces évènements à l’intérieur d’une communauté. C’était la première ambition. Et puis avec la scénariste Delinda Jacobs, [ils ont eu] envie de travailler sur deux grands thèmes qui sont les thèmes sous-jacents de la forêt car le whodunit et le polar ne sont que des prétextes pour parler de choses qui [les] intéressent : voir comment à l’intérieur de ces familles les enfants pouvaient en savoir plus sur leurs parents que l’inverse et regarder les rapports que les filles ont avec leurs pères ».

Une série bien faite mais classique

Côté casting de la mini-série La Forêt, c’est aussi un peu sans surprise que nous retrouvons le comédien Samuel Labarthe, le commissaire Swan Laurence de la série Les Petits Meurtres d’Agatha Christie, dans un rôle de capitaine de gendarmerie. Pourtant, selon lui, cette mini-série « était une occasion pour [lui] de sortir de la logique des Petits Meurtres, de faire autre chose. Parce qu’au bout d’un moment, on oublie que [il a au] une carrière avant, [qu’il faisait] d’autres rôles. (…) La gageure était qu’on [le] revoit dans un rôle de capitaine de gendarmerie. C’est un militaire et ça aurait pu être encore un rôle rigide, monolithique mais il y avait un autre ton à donner, une autre autorité et il fallait trouver cette vérité-là. Et pour [lui], c’était un défi que Julius Berg [NDLR : le réalisateur de la série] [l’a] aidé à relever ».

Et pour tout l’imaginaire que véhicule très souvent maintenant dans les séries la forêt toute proche, c’est la professeure interprétée par Alexia Barbier qui comme récemment le personnage féminin de la série Zone Blanche entretient un lien particulier avec cette forêt et avec un loup. « Le personnage d’Eve est assez différent des rôles que j’ai interprété par le passé, nous a déclaré Alexia Barbier. Elle est beaucoup plus mystérieuse, solitaire avec son parcours intérieur, son côté sauvage, un peu isolé des autres et cette connexion avec ses élèves adolescents. C’est une prof qui est proche de ses élèves et d’ailleurs, c’est la première à se rendre compte de la disparition d’une de ses élèves et à sentir le mal-être qu’il y a à ce moment-là entre elles. Mais par rapport au monde des adultes, elle est toujours en retrait et même si elle a été reliée à la société grâce à son père adoptif [NDLR : interprété par l’acteur Christian Crahay] et aux séances qu’ils ont pu faire ensemble. Elle est proche de ce père, de ses élèves mais face aux autres adultes, elle reste sauvage. Elle est bien dans sa petite maison dans la forêt, dans ses escapades en forêt avec cet animal qui reste mystérieux qui est sans doute un aspect d’elle et de son passé, de ce qu’elle a pu vivre en forêt dans son enfance ».

Enfin, il y a comme toujours dans ces séries des personnages troubles. Et ici, il s’agit notamment du père de famille interprété par Frédéric Diefenthal. « Un personnage qui subit, qui n’écrit pas son histoire. Il n’est ni héros ni anti-héros », nous a confié l’acteur. Un personnage qui est aussi le mari de celui interprété par l’actrice Suzanne Clément. Il participera à la déstabilisation de cette communauté que l’on vivra à travers les yeux naïfs de sa femme, leur fille étant bien entendu concernée par ces disparitions.

Bref, malgré sa récompense au Festival de la Fiction TV de La Rochelle 2017, la mini-série La Forêt est une série classique plutôt bien faite mais qui s’inscrit dans un genre décliné déjà de nombreuses fois. A noter que pour ceux qui se laisseront séduire par les six épisodes de 52 minutes de la série, le producteur Christophe Carmona nous a déclaré qu’il n’y aurait pas de saison 2 : « Pas de saison 2 parce qu’en accord avec France 3, on voulait faire une vraie mini-série et raconter l’histoire de ces personnages, de ces gens et puis après, faire autre chose ».

En savoir plus :

  • La Forêt est diffusé sur France 3 à partir du mardi 21 novembre 2017 à 20h55 et sera disponible en replay (streaming gratuit) sur France.tv pendant 7 jours

Produits disponibles sur Amazon.fr

Jean-Christophe Nurbel
Follow me

Jean-Christophe Nurbel

Rédacteur en Chef / Editor in Chief chez Bulles de Culture
Accro aux films, aux pièces de théâtre, aux séries et à la culture en général, j'aime les œuvres qui me surprennent.

Top 3 Cinéma : "À bout de souffle" (1960), "Blade Runner" (1982), "Casablanca" (1942)
Top 3 TV : "Engrenages" (2005-...), "The Wire" (2002-2008), "Twin Peaks" (1990-1991)
Jean-Christophe Nurbel
Follow me

Les derniers articles par Jean-Christophe Nurbel (tout voir)

    Laisser un commentaire

    Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.