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Judith Affiche Theatre du Gymnase

[Critique] “Judith” de Cédric Lavie : Une enquête sur fond de Shoah

Judith est la pièce de théâtre écrite et mise en scène par Cédric Lavie. Elle revient sur les douleurs des camps de concentration, flirtant entre histoire et polar. Notre critique et avis. 

Synopsis :

15 ans après la fin de la guerre, Isaac (Michel Albertini), Pierre (Laurent Sao), David (Yves Penay), Joseph (Nikolaï Arutene) et Moïse (Philippe Pierrard) sont des rescapés de camps. Ils se retrouvent chaque année pour un diner entre ami. Néanmoins, les liens qui les unissent font être mis à mal par des douleurs passées.

Judith : Cohabitation entre “sublime et adject”

Avant de se lancer dans des scénarios pour le théâtre, le metteur en scène Cédric Lavie a écrit des chansons. Avec une inspiration autour de la cohabitation entre le sublime et l’abject, selon ses propres mots, il prend sa plume ici pour sa première pièce de théâtre : Judith. Celle-ci commence dans une ambiance joyeuse. Dans un endroit reclus, Isaac attend ses amis. Au téléphone, il fait sourire en faisant quelques reproches sur le retard de certains de ses compagnons. Puis, dès les retrouvailles de la troupe, on sent déjà le passé resurgir. Derrière cette joyeuseté, il y a l’ombre de la Shoah qui plane sur la scène. En effet, on sent que chacun va nous livrer peu à peu les horreurs subies. On ne se trompera pas. Judith distillera peu à peu dans son récit toutes les atrocités dont sont capables les hommes.

Pour nous guider dans l’abomination des camps nazis, Cédric Lavie construit son scénario comme un jeu de piste, instaurant à son histoire une touche de thriller et de policier. La ligne directrice de Judith tient à un lourd secret qui va être révélé lors de cette soirée, entraînant un chamboulement dans la vie de chacun. C’est là que l’auteur/ metteur en scène réussit à parler de la grande histoire à partir de la petite. Il emmène par la même occasion son spectateur dans une ambiance malaisante. Pas question cependant de le laisser se disperser puisque le public devient captif des rebondissements tenant en haleine.

La confusion des genres

Pour tenir ce huis clos, la bande de cinq comédiens pourrait être tout droit sortie d’une adaptation d’Agatha Christie. Ils ont en eux un classicisme naturel, accroissant la confusion des genres donnée à la pièce. Bien sûr, la tête d’affiche est le comédien Michel Albertini qui doit donner toute sa rage sur scène…quitte parfois à s’emporter sur le décor en faisant tomber de manière impromptue quelques verres ! Néanmoins, un invité surprise, en la personne de Jan-Oliver Schroeder, va faire son arrivée en cours de route. On le verra passif pendant une bonne partie de Judith. Cependant, son réveil final va aussi l’obliger à sortir ses tripes sur scène.

Ainsi, Judith aura de quoi bouleverser. Entre son thème tragique et l’enquête qui y est menée, Cédric Lavie fait une proposition intéressante d’écriture historique.

En savoir plus  :

  • Judith au Théâtre du Gymnase (Paris, France), du 1er octobre au 31 décembre 2017, tous les lundis à 19h30
Antoine Corte

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.

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Antoine Corte

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