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CARBONE Affiche Teaser

[CRITIQUE] “Carbone” (2017) : L’asphyxie de la vie

Après les très appréciés 36 Quai des Orfèvres (2004), et Les Lyonnais (2011), Olivier Marchal présente Carbone. Il reprend sa caméra pour mettre au devant de la scène Benoît Magimel, dans le rôle d’un homme père de famille et patron d’une entreprise, au bord de l’asphyxie. Notre critique. 

Synopsis :

Menacé de perdre son entreprise, Antoine Roca (Benoit Magimel), un homme ordinaire, met au point une arnaque qui deviendra le casse du siècle. Rattrapé par le grand banditisme, il lui faudra faire face aux trahisons, meurtres et règlements de compte.

 

Cette fois-ci, nous n’allons pas tourner autour du pot, et couper court au suspens. Avec Carbone, Olivier Marchal nous offre un polar noir réussi. Et nous allons en soulever les raisons.

 

L’art de sublimer

 

Bien que le monde de la nuit et des crapules ne soit pas le quotidien de tous, nous, spectateurs confortablement installés au fond de son fauteuil rouge, arrivons à s’identifier aux protagonistes. Pourquoi ? Parce que le réalisateur Olivier Marchal facilite cette transposition en apportant une dimension humaine, mais surtout morale à cette histoire d’arnaque, qui en est originellement dépourvue.

Bien évidemment, les rôles interprétés avec brio par Gringe, Idir Chender et Moussa Maaskri peuvent nous inspirer un profond dégoût. La clé de voûte du film Carbone est incarnée par Benoit Magimel, jouant le rôle d’Antoine Roca, le personnage principal.

 

Carbone, une suffocation lente

 

Le berceau de l’existence d’Antoine Rocca, petit patron d’une entreprise familiale léguée par son père, prend ses racines au cœur d’une classe modeste, téméraire et droite. Pris à la gorge par les impôts, souhaitant donner un second souffle à ses employés, il décide de profiter des failles d’un système qui ne l’épargne guère. Accompagné par ses acolytes, les frères Wizam, joués par Gringe (Comment c’est loin, 2015), Idir Chender, l’arnaque à la TVA naît.

La volonté de ne pas décevoir, être à la hauteur et se sentir estimé, des sentiments qui s’imprègnent en chacun de nous. Ils seront ici, le catalyseur d’un étranglement lent. Rapidement, les protagonistes amassent une quantité folle d’argent, le but primaire est atteint : l’entreprise est rachetée.
Cependant, les liasses grises nos escrocs. Ce sera finalement le hasard des rencontres qui finira par étouffer Antoine totalement, jusqu’à sa déchéance.

Tout au long de la projection, Olivier Marchal arrive à nous immerger dans cette tourmente. Nous nous mettons dans le costume d’Antoine et nous posons la question suivante : « Qu’aurai-je fait ? ». Car tout comme l’homme incarné par Benoît Magimel, le hasard est le maître de notre destin.

 

Un casting sans tâche

 

Dans Carbone, Olivier Marchal nous fait le plaisir de découvrir ou redécouvrir la puissance et la matière d’acteurs français. Lorsque l’on visionne cette œuvre, on n’imagine pas d’autres personnes. On apprécie l’essence et le caractère apporté par Dani et Gérard Depardieu (Bonne Pomme, 2017, Un beau Soleil Intérieur, 2017), l’intensité et la vulnérabilité arboré par Benoit Magimel, la fraîcheur ainsi que l’impétuosité, tenues par Gringe, Idir Chender et Michaël Youn (Vive la France, 2013, Comme un chef, 2012).

De nos jours, 11 boules pour un ticket de ciné, sans compter les pop-corn, peuvent paraître exagérés. Mais certains films comme Carbone, nous font apprécier ces instants dans les salles obscures.

 

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 01/11/2017
  • Distribution France : EuropaCorp Distribution
Pierre L.

Pierre L.

Rédacteur / Editor chez Bulles de Culture
TOP 5 Cinéma : "Le cercle des poètes disparus" (1989), "Vol au dessus d'un nid de coucou" (1975), "La soif du mal" (1958), "La corde" (1948), "Gran Torino" (2008)
Pierre L.

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