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© Alejandro Guerrero

[CRITIQUE] “Intra Muros” (2017) : Alexis Michalik en prison

Intra Muros est la nouvelle pièce de théâtre d’Alexis Michalik. Ce prodige de l’art dramatique pose les valises de son spectacle au théâtre La Pépinière pour des représentations à guichet fermé. Nous avons pu nous glisser dans la salle. Notre avis et critique. 

Synopsis :

Richard (Paul Jeanson), professeur de théâtre, se rend avec son actrice fétiche (Jeanne Arène) dans une centrale pour donner des cours à des prisonniers. Ils sont accueillis par une jeune assistante sociale candide (Alice de Lencquesaing) qui remplace sa patronne. Au cours, deux détenus uniquement se présentent. Il y a Ange (Bernard Blancan), un corse sauvage et silencieux d’une cinquantaine d’année, et Kevin (Fayçal Safi), un jeune de banlieue désaxé. Malgré le manque d’entrain des participants, Richard va essayer d’accomplir sa mission.

Intra Muros, nouvelle quête autour du temps

 

C’est lors d’une visite en prison pour présenter l’un de ses courts-métrages qu’Alexis Michalik a l’idée de cette pièce. Les échanges que le metteur en scène a avec les prisonniers lui laissent imaginer une situation fictionnelle où s’entrecoupe des pans de la vie de chacun. Alexis Michalik n’est pas le premier à s’intéresser à l’art dans le centre de détention. La pièce La Grande évasion (Youssef Bouchikhi) raconte également le quotidien de détenus inscrits dans un atelier théâtre pour obtenir une remise de peine. Cependant, Intra Muros aborde un angle complètement différent en axant son récit sur le passé de ses personnages, plus que sur le cours en lui-même. L’assistante sociale prévient pourtant le professeur en début de pièce : il ne faut pas leurs parler des raisons de leur incarcération. Malgré cette interdiction, l’histoire va peu à peu se focaliser uniquement sur ces passés riches et imprévisibles.

Comme pour ses précédentes réalisations, Alexis Michalik joue avec le temps. On est certes dans un voyage à plus petite échelle que pour Edmond ou Le Porteur d’histoire. On sent pourtant l’appétence de l’auteur pour bouleverser la linéarité afin notamment de créer surprises et rebondissements. La grande qualité d’Intra Muros résulte plus de sa mise en scène élaborée. Il y a notamment cette continuité dans le mouvement des comédiens entre chaque scène qui font office de transition. Une main tendue dans le passé, l’est dans le présent. La connexion est parfaite pour permettre un voyage dans le psyché des protagonistes.

Jeanne Arènes tient le rythme de la pièce

 

Arborant un genre hybride, oscillant entre une pièce dramatique ponctuée de répliques comiques, c’est dans sa dernière partie qu’Intra Muros est le moins captivant. Une fois les personnages mis à nu, il y a un virage dans la construction du récit qui perturbe. Moins limpide, les intentions d’ Alexis Michalik reste plus mystérieuse dans son final.

Côté comédien, on aimait déjà beaucoup Alice de Lencquesaing pour l’avoir vu explosé au cinéma, notamment dans Réparer les vivants (Katell Quillévéré). Son passage au théâtre est couronné de succès avec Intra Muros. C’est cependant Jeanne Arènes qui explose à nos yeux. Celle qui détient un molière tient le rythme de la pièce, susceptible autant de faire rire que pleurer.

Intra Muros est dans la continuité des autres pièces d’Alexis Michalik qui utilise le temps pour faire ressortir un désordre social. On reste captivé.

 

En savoir plus :

Antoine Corte

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.

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Antoine Corte

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