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La Promesse photo film critique
© D.R.

[INTERVIEW] Rencontre avec Terry George, réalisateur de “La Promesse”

A l’occasion de sa venue au Festival du Cinéma Américain de Deauville 2017, nous avons rencontré le réalisateur du film La Promesse, Terry George. Notre interview. 

Terry George est un scénariste irlandais d’envergure. Il a notamment été nomimé deux fois pour l’Oscar du meilleur scénario avec Au Nom du Père (1994) et Hôtel Rwanda (2005) qu’il a également réalisé. Avec La Promesse, c’est la deuxième fois qu’il se lance dans la retranscription cinématographique d’un génocide.

La Promesse est une vraie réussite. Il a enthousiasmé Bulles de Culture qui l’a découvert lors du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2017 : “Doté d’un scénario aussi maîtrisé que prenant et d’un trio d’acteurs au top, Terry George livre une fresque à l’ancienne qui nous éclaire sur un fait méconnu et pourtant incontournable de l’Histoire de la première guerre mondiale”.
La suite de la critique du film >>

Interview de Terry George,
réalisateur de La Promesse

 

Terry George réalisateur de La Promesse
© Oblikon.net

Bulles de Culture : C’est votre second film sur un génocide après Hôtel Rwanda, est-ce important pour vous de relayer ce type d’évènements ? 

Terry George : Oui, je pense que les génocides sont tellement anormaux. C’est important de faire comprendre au grand public, dans un média populaire, ce que c’est qu’un génocide. Hôtel Rwanda évoquait une histoire individuelle. Un crime aussi grand doit trouver une résonance dans une histoire populaire. L’un des prochains projet que je vais faire évoquera les réfugiés syriens après l’invasion U.S. Je souhaite parler de gens ordinaires dans des circonstances extraordinaires. J’essaie d’éclairer les spectateurs en les projetant à travers les évènements. C’est l’opportunité que j’ai eu avec La Promesse.

Bulles de Culture : Comment s’est passé le tournage ? 

Terry George : Je suis allé en Arménie pour faire des recherches mais aussi en Turquie et en Allemagne. J’ai fait pas mal de recherches.  On aurait peut-être pu tourner en Arménie mais la localisation de l’histoire n’est pas celle-ci. L’histoire se passe dans le sud de la Turquie. Puis, nous avons principalement tourné au Portugal, en Espagne et à Malte car les paysages se rapprochent le plus de ce que nous voulions. Malte rappellent assez le Constantinople du début du 20e siècle. De plus, tourner en Turquie aurait été problématique et aurait créé certaines controverses…

“Lorsqu’on a sorti le film au Festival de Toronto l’année dernière,
il y a eu des campagnes de désinformations”

 

Bulles de Culture : Avez-vous reçu des menaces lors du tournage du film La Promesse ?

Terry George : On avait anticipé ce genre d’éventualités. Du coup, on a été très discret et nous n’avons pas fait énormément de publicité dans un premier temps. Le tournage a donc été suffisamment tranquille. Lorsqu’on a sorti le film au Festival de Toronto l’année dernière, il y a eu des campagnes de désinformations émanant de nombreuses associations turques américaines. Enfin, en mars dernier, il s’est passé quelque choses d’extraordinaires. J’ai découvert la sortie d’un film, The Ottoman Lieutenant de Joseph Ruben. Il est en quelque sorte le miroir inverse de La Promesse car le propos du film nie le génocide du massacre arménien. Après quelques recherches sur ses moyens du financement, j’ai appris que le film de Joseph Ruben aurait reçu de nombreux fonds en provenance du pouvoir en place en Turquie.

 

La Promesse photo film critique
© D.R.

 

Bulles de Culture : Comment avez-vous reçu la déferlante de critiques négatives sur internet contre votre long métrage La Promesse par des personnes qui n’avaient vraisemblablement pas vu le film ? 

Terry George : Les critiques ont été étranges à Toronto. Il suffit de voir que sur Rotten Tomatoes, les notes vont de 50 à 99 sur 100. Nous avons voulu faire un film dramatique à l’ancienne façon Docteur Jivago. Je suis un “entertainmer”. Je dois divertir les gens avec une histoire, pas forcément avec des gags ou de l’action mais ici avec une histoire d’amour. Quand j’ai fait Hôtel Rwanda, c’était plus facile. Le génocide rwandais était un fait avéré, c’était beaucoup moins controversé. Pour ce film, c’était compliqué car le président Erdogan est fermement opposé à la reconnaissance du massacre arménien. Tout ceci est politique.

“Mon inspiration vient surtout de
Reds de Warren Beatty avec Jack Nicholson”

 

La Promesse photo film critique
© D.R.

Bulles de Culture : Derrière La Promesse, est-ce qu’il y avait de votre part l’envie de renouer avec les grandes fresques historiques ?

Terry George : Mon inspiration vient surtout de Reds de Warren Beatty avec Jack Nicholson où l’on assiste à un triangle amoureux sur fond de révolution soviétique. C’est peut-être mon film préféré. Je me suis dit que c’était une bonne façon de raconter une histoire quand j’ai reçu la première version du script de La Promesse, écrite par Robin Swicord. D’ailleurs, le personnage de Chris l’américain (Christian Bale), le troisième membre du triangle amoureux, a été créé pour apporter un autre point de vue à l’histoire mais aussi parce que je savais que c’était obligatoire pour le financement du film.

Bulles de Culture : Qu’avez vous pensez de l’accueil du film à Deauville ?

Terry George : C’était un accueil très chaleureux. Le rôle des français a été noble dans cette histoire et ça a dû parler au public. C’est un très beau moment lorsque l’on sent que le public s’empare du film et ça a été le cas hier soir. J’espère que l’attention portée au film en novembre, au moment de sa sortie en salles, sera la même qu’hier soir.

Propos recueillis le 5 septembre au Festival du Cinéma Américain de Deauville 2017.

 

En savoir plus :

Antoine Corte

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.
Antoine Corte

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