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Demain et tous les autres jours Noémie Lvovsky critique film image 2
© F comme film/ Gaumont / France 2 cinéma

[INTERVIEW] Entretien avec la réalisatrice Noémie Lvovsky (“Demain et tous les autres jours”)

Dans le cadre du Festival du Film Francophone d’Angoulême 2017, nous avons rencontré la réalisatrice Noémie Lvovsky venue présenter en compétition son film Demain et tous les autres jours. Notre interview. 

C’est lors d’un déjeuner à l’hôtel Mercure d’Angoulême que nous avons rencontré Noémie Lvovsky. 6 ans près sa précédente réalisation, Camille Redouble (2011), la cinéaste revient avec Demain et tous les autres jours sur le sujet compliqué d’une jeune fille élevée par une mère psychologiquement malade et un père absent. Au final, le film arrive à toucher sans problème “la corde sensible (…) à la manière d’un cinéma simple qui parle de quotidiens“. Lire la critique complète du film >>

Interview de la réalisatrice Noémie Lvovsky

 

Demain et tous les autres jours image Noémie Lvovsky et Luce Saint-Jean
© Gaumont Distribution

 

Bulles de Culture : C’est un film très différent du projet de départ. Pouvez-vous nous expliquer en quoi ?  

Noémie Lvovsky : Le tournage a subi des accidents. Au départ, cela devait être un film long. Florence Seyvos, la co-scénariste, et moi-même avions envie de parler d’enfance. On voulait raconter une passion amoureuse entre une fille et sa mère. La comédienne principale, Luce Rodriguez, a eu un problème au pied pendant le tournage. On a dû tout suspendre pendant sa convalescence de 5 mois après son opération. Après cette période, son pied restait fragile. Le médecin lui découvre alors une malformation. Du coup, un arrêt définitif du film a été annoncé. On a appris que Luce Rodriguez ne pourrait plus participer. On avait tourné la moitié du film dans le désordre. On n’avait aucun espoir de reprendre. Il fallait faire jouer les assurances.

“Anaïs Demoustier a fait un travail de buvard en s’imprégnant du caractère de Luce Rodriguez”

Les producteurs, Sidonie Dumas et Jean-Louis Livi, ont alors vu les rush. Ils m’ont poussé à continuer à la fin de la projection. Avec Florence, on s’est remises à l’écriture en pensant à une autre actrice. Anaïs Demoustier est alors arrivée sur le projet. Je suis épatée par son travail. Elle a fait un travail de buvard en s’imprégnant du caractère de Luce Rodriguez.

Bulles de Culture : Comment parle-t-on à une jeune actrice comme Luce Rodriguez  ?

Noémie Lvovsky : La première chose est de se débarrasser de la manie qui est celle de vouloir plaire aux adultes en jouant un enfant parfait. J’ai vu Luce pendant le casting. Un jour, je lui ai demandé pourquoi elle voulait faire le film. Elle m’a répondu : “parce que j’ai envie de passer du temps avec toi”. J’ai tout de suite compris qu’elle voulait incarner son personnage pour de bonnes raisons…

 

Demain et tous les autres jours Noémie Lvovsky critique film image 3
© F comme film/ Gaumont / France 2 cinéma

Bulles de CultureEst-ce une drogue de vouloir jouer dans les films qu’on réalise ?

Noémie Lvovsky : En tant qu’acteur, on aime être dans le regard de quelqu’un. J’ai la passion de jouer pour la caméra d’un réalisateur tiers. Dans Demain et tous les autres jours,  j’ai joué dedans plus par nécessité que par besoin. J’ai pensé que cela aiderait Luce que je sois dans le champ de la caméra.

Bulles de Culture : Votre personnage est-il une bonne mère dans Demain et tous les autres jours ?

Noémie Lvovsky : C’est tellement fou d’être une mère. Je vois comment on peut être une mauvaise mère. Je ne vois pas comment on peut être une bonne mère. On peut être une moins pire mère. Le film est né de ce sentiment fort qu’il y a quelque chose de sauvage, mystérieux dans l’amour entre une fille et sa mère. J’ai voulu raconter cette histoire comme je l’aurais fait pour filmer une passion amoureuse entre un homme et une femme.

Entretien réalisé le 24 août à Angoulême

 

 

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Antoine Corte

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.

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Antoine Corte

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