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Affiche film Pop Aye

[CRITIQUE] “Pop Aye” : Road movie à travers la Thaïlande

Pop Aye est le premier film de la réalisatrice Kirsten Tan qui livre un road movie à travers la Thaïlande avec un homme rejeté par sa femme et un éléphant errant. Notre avis et critique. 

Synopsis :

Un architecte désenchanté, Thana, (Bong) voit le centre commercial qu’il avait construit 30 ans auparavant remplacé par un projet réalisé par les jeunes architectes de son agence. Ne trouvant pas de réconfort auprès de son épouse, il erre dans les rues de Bangkok et fait la rencontre fortuite de Pop Aye, un éléphant qui fut jadis son ami d’enfance. Il se lance alors dans un long voyage à travers la Thaïlande pour raccompagner l’éléphant dans la ferme où ils grandirent ensemble.

Pop Aye : un film poétique dans la lignée d’un road movie classique

Pop Aye critique film photo
© Giraffe Pictures Pte Ltd

Kirsten Tan livre un film poétique avec Pop Aye. On est vite pris par cette histoire particulière entre cet architecte dépassé et cet éléphant iconoclaste. A travers l’oeuvre, c’est toute une culture qui transparait, véritable introspection dans la vie quotidienne des thaïlandais. C’est dotant plus étonnant que la cinéaste habite à New York, loin de cette vie rurale. Elle dépeint pourtant la Thaïlande avec attachement. On sent dans son récit le poids d’une urbanisation forcée, incarnée par des projets immobiliers à foison, au détriment d’une vie rurale que Thana souhaite retrouver en faisant ce long chemin avec son animal.

La perte de repère du personnage principal est interessante. Cet ancien architecte est aujourd’hui dépassé. Un jeune entrepreneur va raser ses précédents bâtiments, sa femme le délaisse. On le sent isolé dans une vie modernisée qui le rejette. Il y a là un appel vers la nature aussi beau que dans Into The Wild (Sean Penn) ou Sur la Route (Walter Salles).

La mise en scène reprend les codes classiques d’un road movie à l’américaine. On a en ligne de fond l’histoire principale des deux protagonistes entrecoupée d’intrigues secondaires, assez prédominantes pour certaines. Chaque personnage est une belle rencontre comme celle de l’excentrique transsexuel ou du marginal vivant dans les rues.

Quelques erreurs de la première oeuvre

Pop Aye critique film photo
© Giraffe Pictures Pte Ltd

Pop Aye porte néanmoins les erreurs d’une première oeuvre. En effet, la réalisatrice échoue à jouer efficacement sur la temporalité. Les flashbacks proposés, trop tardifs, sont catapultés dans un récit déjà bien entamé. Ils sont des cassures maladroites dans la linéarité de départ, qui n’aura pourtant pas empêché de repartir avec le prix du scénario au dernier Festival de Sundance. Par ailleurs, la force dramatique du propos est relativement faible. On reste sur une dénonciation utopique d’une ère capitaliste qui arrive  en Thaïlande. On se demande si la portée de ce film n’aurait pas été plus actuel il y a dix ans, au moment où on parlait encore de “pays émergents”.

Pop Aye reste une oeuvre tout en douceur qui propose un beau voyage vers l’intime de la Thaïlande.

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 06/09/2017
  • Distribution France : Happiness Distribution
Antoine Corte

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.

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Antoine Corte

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