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Le Château de Verre Affiche USA teaser

[CRITIQUE] “Le Château de Verre” : Le Captain Fantastic moins bon

Le Château de Verre de Destin Daniel Cretton est diffusé en clôture du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2017. A cette occasion, l’acteur Woody Harrelson est venu recevoir un hommage du Festival. Notre avis et critique du film. 

Synopsis :

Jeannette Walls (Brie Larson), chroniqueuse mondaine à New-York, a tout pour réussir et personne ne peut imaginer quelle fut son enfance. Elevée par un père charismatique (Woody Harrelson), inventeur loufoque qui promet à ses enfants de leur construire un château de verre mais qui reste hanté par ses propres démons, et une mère artiste fantasque et irresponsable (Naomi Watts), elle a dû, depuis son plus jeune âge, prendre en charge ses frères et sœurs pour permettre à sa famille dysfonctionnelle de ne pas se perdre totalement. Sillonnant le pays, poursuivis par les créanciers, et refusant de scolariser leurs enfants, les Walls ont tout de même vécu une vie empreinte de poésie et de rêve, qui a laissé des marques indélébiles mais qui a créé des liens impossibles à renier.

Le Château de Verre, adaptation de l’histoire vraie de Jeannette Walls

 

Le Château de Verre photo film Charlie Shotwell Eden Grace Redfiels Naomie Watts

Le Château de Verre est une histoire vraie. Elle est l’adaptation cinématographique du livre éponyme écrit par la journaliste américaine vedette Jeannette Walls. L’oeuvre a une thématique similaire à Captain Fantastic de Matt Ross, présenté à Deauville en 2016. Elle cherche en effet à mettre en avant les dérives d’un système capitaliste pour imaginer une vie d’individus fuyant nos modes de vie modernes.

Cependant, Le Château de Verre souffre malheureusement trop de la comparaison avec l’épopée portée par Vigo Mortensen. On est tout d’abord beaucoup moins séduit par le personnage principal. Grande femme d’affaire, on a du mal à comprendre ses tourments nostalgiques. Pour sûr, elle a au début du film tout pour être heureuse : un mari qui l’aime, de l’argent, une belle demeure. Du coup, le scénario n’insiste pas assez sur les raisons qui la pousse à être tourmentée par son enfance, passée dans la pauvreté avec ses parents marginaux. On voit au début du film qu’ elle tente de fuir l’image d’un père alcoolique. Elle va être hantée par cette figure. Mais les choix qu’elle fera au cours du récit sont difficilement argumentés. Du coup, le processus d’identification tombe à côté.

Un récit sur deux temporalités

 

Le Château de Verre photo film Charlie Shotwell Eden Grace Redfiels Naomie Watts

Le Château de Verre fait également l’erreur de construire son fil narratif sur deux temporalités. On voit s’entrecouper des scènes de la jeunesse de Jeannette Walls (elle est alors jouée par la merveilleuse jeune actrice Ella Anderson) avec celles de sa vie d’adulte. Très peu de connexions sont faites entre les deux histoires, mis à part un final dont la mise en scène est assez grossière avec musique émotive et course de l’héroïne pieds nus dans la rue. Aussi, l’intérêt de cette distorsion du temps est très peu utile. Le montage en témoigne lorsqu’il laisse de côté durant un bon moment les séquences avec Brie Larson, préférant se concentrer sur la jeunesse atypique du personnage.

 

Le Château de Verre photo film Charlie Shotwell Eden Grace Redfiels Naomie Watts
Rose Mary Walls (Naomi Watts) und Jeannette Walls (Brie Larson).

Il est amusant que Naomi Watts assume totalement son rôle de femme âgée. Elle est ici tout de même la mère Brie Larson. Les deux femmes, qui ont par le passé toutes les deux étaient sauvées par King Kong, sont accompagnées par l’hommagé du Festival de Deauville 2017 : Woody Harrelson. Le Viggo Mortensen de cette histoire incarne un personnage complexe. Il faut dire qu’il a des cordes à ses arcs entre policier iconoclaste dans la série True Détective et grand méchant sadique dans le dernier La Planète des Singes : Suprématie.  Le père qu’il incarne a tout pour être détesté. Il est alcoolique, il est violent. On sent pourtant la tentative du réalisateur de rendre attachant ce protagoniste. L’essai est raté puisqu’il restera assez antipathique jusqu’à un final censé pourtant positiver ses choix d’éducation.

Décidément, on a beaucoup de mal avec Le Château de Verre qui arrive en réalité un an trop tard et qui se fait trop voler la vedette par Captain Fantastic, oeuvre époustouflante qui restera davantage dans les mémoires que le film de Destin Daniel Cretton.

 

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 27/09/2017
  • Distribution France : Metropolitan FilmExport
Antoine Corte

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.

Top 3 Cinéma : "Moulin Rouge !" (2001), "Titanic" (1997), "Les Parapluies de Cherbourg" (1964)
Antoine Corte

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