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le prix du succès Maiween Tahar Rahim
© Ad Vitam

[INTERVIEW] Entretien avec le réalisateur Teddy Lussi-Modeste (“Le Prix du succès”)

A l’occasion de la 10ème édition du Festival du Film Francophone d’Angoulême, nous avons rencontré Teddy Lussi-Modeste, réalisateur du Film Le Prix du succès, présenté en avant-première. 

Avec Le Prix du succès, Teddy Lussi-Modeste sort son deuxième film après Jimmy Rivière (2011). Ancien de l’école de la Fémis, il travaille encore une fois avec la cinéaste Rebecca Zlotowski (Belle épine, Grand Central) qui est co-scénariste sur le film. Le Prix du succès raconte l’histoire de Brahim (Tahar Rahim), un humoriste issue de banlieue en pleine ascension.  Sur le chemin de la réussite, il est soutenu par sa femme, Linda (Maïwenn), et par son grand-frère violent, également manager, Mourad (Roschdy Zem). Un jour, Brahim doit se séparer de ce dernier.

Extrait de notre critique : “Le Prix du succès interpelle et fait réfléchir. Sa mise en scène souffre néanmoins de quelques lenteurs au milieu du film. Teddy Lussi-Modeste n’arrive pas à passer le cap de cette situation initiale et met du temps à la faire évoluer”. La suite de la critique du film >>

Interview de Teddy Lussi-Modeste, réalisateur du film Le Prix du succès

 

Lors de la projection du film Le Prix du Succès à Angoulême, Teddy Lussi-Modeste déclare au public que c’est un film fragile. Il revient sur ce qu’il a souhaité dire : “Mon premier film n’a pas fait tellement d’entrées. Le Prix du Succès s’est fait avec peu d’argent même s’il y a des stars, Tahar Rahim, Roschdy Zem, Maiween. Il aurait nécessité plus d’argent, notamment pour refléter le milieu du vie du protagoniste, humoriste dans le succès. C’est un film qui a été extrêmement bien produit. On a réussi à avoir des lieux inespérés comme le Zenith“.

 

le prix du succès Tahar Rahim
© Ad Vitam

 

Le réalisateur revient sur sa collaboration avec Rebecca Zlotowski : J’ai rencontré Rebecca à la FEMIS. Ce qui nous a uni, c’est l’amour pour un cinéma romanesque. On voulait ensemble aller vers du contemporain. On a voulu créer des récits inscrits dans le monde réel mais avec une puissance mythologique. Sur l’écriture, j’ai eu l’impression que j’avançais avec des intuitions et elle avec de la pensée. Mais parfois, c’était complètement l’inverse. C’est quelqu’un de très important dans le processus d’écriture et dans l’accompagnement du film. On parle beaucoup ensemble des personnages, de quel écho cela donne au monde contemporain.” 

“Ce n’est pas un film sur le succès mais sur la réussite”

 

Teddy Lussi-Modeste explique que Le Prix du succès n’est pas autobiographique. Le film tient son origine au moment où il dit à ses proches qu’il veut faire du cinéma. A ce moment là, certains membres de sa famille imaginent qu’il va devenir riche. Ils avaient des idées stéréotypées sur le cinéma. Pourtant l’auteur tient à apporter une précision : “Ce n’est pas un film sur le succès mais sur la réussite. Le succès ne fait qu’amplifier le problème de la réussite. Elle la rend publique. Moi je veux réfléchir sur les conséquences de la réussite sur une famille, la jalousie que cela peut provoquer. C’est très difficile de prendre des décisions dans une famille, surtout lorsqu’on travaille avec eux comme dans le film. Lorsqu’on prend une décision professionnelle, cela va forcément rejaillir sur la famille. Brahim aime tellement son frère qu’il a du mal à s’en séparer. Il est dans l’empathie.

 

le prix du succès Roschdy Zem Tahar Rahim
© Ad Vitam

 

Le réalisateur a un mot pour chacun de ses acteurs, en particulier Roschdy Zem. Pour lui, il donne “une véritable performance en contre emploi” : “Il ne parle pas du tout de la même manière dans la vraie vie, son regard change dans le film. C’est très beau ce qu’il m’a donné. Il a senti qu’on allait lui donner un rôle entre violence et générosité“.

Concernant le rôle de Tahar Rahim, il était au départ écrit pour un acteur noir. L’acteur a tout de suite compris la question centrale du film. Dans les essais, il était fébrile avec une peur ambivalente. C’est là que Teddy Lussi-Modeste a été convaincu de le prendre pour jouer son protagoniste. Une fois Tahar Rahim sur le projet, le réalisateur confie avoir eu en tête Roschdy Zem pour le grand frère, “du fait de l’osmose entre les deux comédiens“.

“La réussite est presque une damnation”

 

Teddy Lussi-Modeste conclut en affirmant : “La réussite est presque une damnation. Elle a des revers. Le film essaye d’explorer ces revers. On peut voir son côté solaire mais également son côté plus noir et plus difficile. Il y a une injustice quand quelqu’un réussit et que l’autre ne réussit pas. Je me sens peut-être plus proche du personnage qui ne réussit pas“.

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Antoine Corte

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.

Top 3 Cinéma : "Moulin Rouge !" (2001), "Titanic" (1997), "Les Parapluies de Cherbourg" (1964)
Antoine Corte

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