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Valérian et la Cité des mille planètes affiche france

[CRITIQUE] “Valérian et la Cité des mille planètes” (2017) : Un très beau trou noir ?

Alors que nos confrères Les Inrocks avaient annoncé l’accueil mitigé aux États-Unis du plus gros blockbuster « français » de tous les temps, Valérian et la Cité des mille planètes de Luc Besson est enfin sorti en France.  “Immense trou noir” ou film “à la pointe de la technologie et délicieusement old school”, voici notre avis.

Synopsis :

Nous sommes en 2740. Valérian (Dane DeHaan) et Laureline (Cara Delevingne) sont deux agents spatio-temporels. À bord de leur vaisseau « l’Intruder », ils sillonnent l’espace et le temps afin d’accomplir les différentes missions que leur confie le Pouvoir Central. Cette nouvelle aventure les emmène sur la station orbitale « Alpha » qui abrite 17 millions d’individus venant des quatre coins de l’univers. Près de 8000 espèces différentes y échangent leurs connaissances et leurs savoirs, leurs technologies et leurs pouvoirs. Le pire endroit pour mener une enquête…

Valérian et la Cité des mille planètes :
Un visuel époustouflant

 

Flop aux États-Unis — où le film est sorti en avant-première — et succès dès son premier jour de sortie en France — en attendant sa distribution dans le reste de l’Europe et surtout sur le grand marché asiatique (dont la Chine qui est partenaire sur le film)—, Valérian et la Cité des mille planètes est un nouveau pari fou de l”auteur-réalisateur et producteur Luc Besson. Et pour l’avant-première à laquelle nous avons été invité à assister au MK2 Bibliothèque, nous avons eu droit avant d’entrer en salles à du popcorn (salé ou sucré, au choix) et à une petite bouteille d’eau. Une façon peut-être comme une autre de se prémunir des critiques trop cinglantes américaines et de rappeler que ce film de science-fiction se veut avant tout être un grand film de divertissement. Pari réussi ?

Allez, ne tournons pas autour du pot et disons le tout de suite avec ces 2500 plans truqués, ses 600 costumes, ses 60 décors et son prologue sur la chanson Space Oddity de David Bowie, Valérian et la Cité des mille planètes est un long métrage époustouflant sur le plan visuel. Pas aussi fou qu’un Mad Max: Fury Road (2015) mais tout aussi impressionnant. A tel point que l’on regrette que ce film SF aille trop vite à certains moments. Pas sur feu la planète Mül où on ne comprend pas trop ce qu’on voit et les corps amincis de ces habitants laissent à penser que les troubles alimentaires évoqués dans le long métrage polémique To the Bone (2017) sur Netflix ne seront probablement toujours pas réglés dans des milliers d’années.

Mais par contre, le Big Market et l’idée géniale de l’utilisation d’un casque de réalité virtuelle pour y accéder ou la station spatiale Alpha, la fameuse Cité des milles planètes, nous aimerions nous y balader plus librement plutôt que de suivre le parcours du scénario-croisière pas très intéressant que nous propose Luc Besson.

Un scénario décevant

 

En fait, Valérian et la Cité des mille planètes est un marqueur de son temps mais n’est pas du tout un film en avance sur son temps. En effet, ce long métrage résume les qualités et les défauts de la fiction française. Ainsi, côté qualité, le savoir-français en terme d’animation et d’effets spéciaux est reconnu depuis longtemps et le voir enfin dans un film « français » au budget XXL fait clairement plaisir. Mais côté défauts, le film rappelle aussi les critiques souvent faites sur les scénaristes français incapables de faire aussi bien que les anglo-saxons sur des scénarios de fictions plus ambitieux. Ce n’est plus tout à fait vrai ? Où sont les scénaristes français sur des projets de divertissement à gros budgets tels que les séries Versailles ou Riviera ? Il y a bien la série Marseille de Netflix mais s’agit-il vraiment d’un contre-exemple ?

En tout cas, Valérian et la Cité des mille planètes de Luc Besson ne contredit pas cette tendance avec un scénario très en-dessous de son potentiel visuel et sonore. C’est d’abord un début qui traîne étrangement alors que ce genre de films a plutôt tendance à avoir des prologues qui nous plonge au cœur de l’action avant de prendre ensuite son temps pour nous décrire l’univers créé de toutes pièces pour le film à travers la figure d’un héros que nous suivons.

C’est un ensuite un choix de caractérisation de deux héros super cool (très tendance actuellement, surtout depuis le succès surprise de Les Gardiens de la Galaxie) avec deux jeunes personnages qui flirtent et se taquinent mais qui manquent au final de profondeur. C’est enfin ces fausses pistes qu’on oublie de traiter plus tard comme ce méchant Igon Siruss croisé par Valerian sur le Big Market qui lui promet à celui-ci qu’il le reverra mais qui en fait ne tiendra jamais sa promesse.

Un casting peu convaincant

 

Et concernant le casting du long métrage Valérian et la Cité des mille planètes, nous ne comprenons pas vraiment les choix de Luc Besson. Pourquoi l’acteur Dan deHaan que nous avions déjà trouvé inconsistant dans A Cure for Life (2016) de Gore Verbinski dans le rôle de Valerian ? Et quant à l’actrice Cara Delevingne vue dans Suicide Squad (2016), elle s’en sort plutôt bien mais par contre, son personnage est étonnement pas du tout dans l’air du temps. En effet, la série de bande dessinée de Jean-Claude Mézières et Pierre Christin dont le film est une adaptation s’appelle Valerian et Laureline et non Valerian tout court comme le long métrage de Luc Besson. Il y a bien un moment vers la fin où Laureline se rebiffe de ne pas être au même niveau que Valerian dans les scènes mais dès le plan suivant, la hiérarchie entre les deux personnages reprend son cours.

Par contre, personnellement, si les prouesses technologiques réalisées sur les danses effectuées par le personnage de Rihanna sont amusantes, nous aimons surtout la voix de l’acteur John Goodman en V.O. dans la peau du trafiquant Igon Siruss — d’où peut-être notre regret de ne pas la réentendre plus tard — ainsi que les hilarants Doghan-Daguis (voix des acteurs Grant Moninger, Robbie Rist et Christopher Swindle dans la V.O.).

Voir ou ne pas voir
Valérian et la Cité des mille planètes ?

 

Alors, faut-il aller voir Valérian et la Cité des mille planètes en salles ? Oui pour la prouesse technologique impressionnante qu’est le film. Mais attention, comme une place de cinéma coûte de l’argent, il ne faut pas s’attendre à un scénario aussi complexe que l’univers décrit ou à un casting de premiers rôles particulièrement épatants.

Par contre, il faut reconnaître que Luc Besson a réussi son nouveau défi — artistique en tout cas, mais nous ne faisons pas trop de souci sur le plan commercial — de faire le film « français » le plus cher de l’histoire. Et nous espérons sincèrement que ce celui-ci sera suivi de suites, en particulier pour passer plus de temps dans les arcanes de la station Alpha et du Big Market. Mais si possible avec une partie de ces gros budgets investi aussi dans un scénario tout aussi ambitieux.

 

 

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Jean-Christophe Nurbel
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Jean-Christophe Nurbel

Rédacteur en Chef / Editor in Chief chez Bulles de Culture
Accro aux films, aux pièces de théâtre, aux séries et à la culture en général, j'aime les œuvres qui me surprennent.

Top 3 Cinéma : "À bout de souffle" (1960), "Blade Runner" (1982), "Casablanca" (1942)
Top 3 TV : "Engrenages" (2005-...), "The Wire" (2002-2008), "Twin Peaks" (1990-1991)
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Un commentaire

  1. Jakubowicz alain

    Vu au cinéma il y a 2 jours, effectivement on en prend pleins les yeux sinon les acteurs peu convaincants et le scénario très léger… on est loin du compte pour 15 euros en 3 D.

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