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Les Proies affiche film critique

[CRITIQUE] “Les Proies” (2017) : le loup est dans la bergerie

Après une présentation en compétition du 70ème Festival de Cannes, Les Proies (The Beguiled) de Sofia Coppola repart avec le prix de la mise en scène. Notre critique et avis sur le film. 

Synopsis :

En pleine guerre de Sécession, dans le Sud profond, les pensionnaires d’un internat de jeunes filles (Nicole Kidman, Elle Fanning, Kirsten Dunst) recueillent un soldat blessé du camp adverse (Colin Farrell). Alors qu’elles lui offrent refuge et pansent ses plaies, l’atmosphère se charge de tensions sexuelles et de dangereuses rivalités éclatent. Jusqu’à ce que des événements inattendus ne fassent voler en éclats interdits et tabous.

Les Proies, une adaptation avec une vision féminine

 

Pour son 6ème film à la réalisation, Sofia Coppola s’attaque à l’adaptation d’un livre écrit par Thomas P. Cullinan. Les Proies fût d’ailleurs déjà mis à l’écran en 1971 par Don Siegel avec Clint Eastwood dans le rôle principal. La réalisatrice de Lost In Translation connait le roman à travers sa chef décoratrice, Anne Ross. Bien évidemment, la cinéaste a eu le déclic pour raconter la même histoire… sous un angle féminin.

On sait l’appétence de Sofia Coppola pour mettre en scène le récit de personnages féminins fort. Sa filmographie est souvent source d’un passage de l’âge de l’insouciance à celui de la crédulité. Par exemple, dans Marie-Antoinette (2003), elle aime décrire une jeune fille complètement perdue devant cette cour royale qui doit prendre la pleine mesure de sa fonction. De même, Somewhere (2010) dépeint la naissance d’une relation père/fille dans un contexte où la jeune progéniture doit faire preuve d’indépendance.

Dans Les Proies, on garde cette même recette. L’évolution de la Femme s’identifie à travers la pluralité des profils des résidentes du pensionnat. De la très jeune fille à la tenancière, on est dans une oeuvre d’émancipation où la Femme n’a pas besoin d’Homme pour vivre. Paradoxalement, elles se préservent même de la gente masculine. Le jour où un joli soldat rentre, tout va être bouleversé.

Pour incarner ces filles/femmes de l’internat, Sofia Coppola fait appel à un casting de choix. En fer de lance, il y a Nicole Kidman, adoubée d’un prix spécial du 70ème anniversaire à Cannes, clairement convaincante dans son rôle à double visages, entre douceur et manipulation. Elle est accompagnée par une équipe de choc, Kirsten Dunst et Elle Fanning par exemple. On sent entre elles une réelle osmose.

Un thriller psychologique avec une mise en scène réussie

 

Colin Farrell, qui venait à peine de quitter Nicole Kidman après le tournage de La Mise à Mort du Cerf Sacré (2017), est le digne successeur de Clint Eastwood avec un charme sombre irlandais.

Les Proies, c’est surtout un thriller psychologique où les jeux de pouvoirs sont de mises. En deux parties, on voit dans un premier temps les situations s’installer. La mise en scène est lente et subtile. Sofia Coppola ne se perd pas dans un désordre d’actions. Puis, tout s’accélère dans la seconde partie du film avec le machiavélisme des personnages percé au grand jour, notamment lors d’une scène de diner mémorable.

Le huis-clos du film est oppressant, à la manière de The Village (2004) de Night Shyamalan. On ne voit pas l’extérieur du pensionnat où la guerre de Sécession gronde. On croit que le danger est dehors, sous les feux des fusils. Pourtant, on se doute vite que les figures monstrueuses, qu’on pensait à l’extérieur, se sont finalement introduites dans les lieux.

Un prix de la mise en scène très amplement mérité pour Les Proies !

 

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 23/08/2017
  • Distribution France : Universal Pictures France
Antoine Corte

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.

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Antoine Corte

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