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LES GRANDS ESPRITS affiche film

[CRITIQUE] “Les Grands Esprits” (2017) : Esprits rebelles réaliste

Le Festival du Film Francophone d’Angoulême a montré en avant-première Les Grands Esprits d’Olivier Ayache-Vidal. Ce film est une sorte de docu-fiction sur le système éducatif actuel en banlieue. Notre critique et avis sur le film.

Synopsis :

François Foucault (Denis Podalydès), la quarantaine est professeur agrégé de lettres au lycée Henri IV, à Paris. Une suite d’évènements le force à accepter une mutation d’un an dans un collège de banlieue classé REP +. Il redoute le pire. A juste titre.

 

Les Grands Esprits, une sorte de docu-fiction

 

Les Grands Esprits image critique film
© Michel Crotto

Pour son premier long-métrage, le réalisateur Olivier Ayache-Vidal s’entoure d’un grand ponte du cinéma contemporain, Denis Podalydès, mais laisse surtout sa place à des jeunes acteurs. Que ce soit parmi les élèves ou pour interpréter le corps enseignant, le film est plein de nouvelles têtes qui apporte un certain renouveau au cinéma français. Du coup, on est loin d’un jeu conventionnel pour ces acteurs qui apprennent sur le tard avec Les Grands Esprits. Le film se veut donc déjà ancré dans une réalité, volonté du réalisateur d’en faire une sorte de docu-fiction.

En effet, pour préparer ses plans, le cinéaste s’est immergé durant 4 ans au contact des jeunes du collège “Barbara”, lieu choisi pour le tournage. Il en sort une analyse fine et réfléchie sur le système éducatif d’aujourd’hui. En effet, Olivier Ayache-Vidal tente de mettre en avant des problèmes pédagogiques qui sont, selon lui, en partie responsable des échecs scolaires en milieux défavorisés. En fer de lance, il y a le phénomène de la résignation de l’élève en difficulté, maintenu dans une situation d’échec par manque d’encouragement.

Derrière cette idée originale de déporter un professeur de Paris dans une banlieue, il y a aussi la remise en cause de la formation professorale. Le réalisateur la met bien en exergue en démontrant qu’un agrégé n’a pas toujours les outils pédagogiques pour transmettre le savoir. C’est le cas de son personnage principal, François Foucault. Ce dernier va apprendre à devenir enseignant en même temps qu’il va éduquer ces jeunes de banlieue.

“film réfléchi et documenté, témoin de la passion de tourner”

 

Les Grands Esprits image critique film
© Michel Crotto

Ce qu’on aime dans Les Grands Esprits, c’est également l’absence d’idéalisme. Pas de baguette magique américaine à la Esprits Rebelles (1996) où les étudiants deviennent brillants du jour au lendemain. Ici, tout ne se règle pas. Les avancées de chacun des protagonistes ne sont pas forcément spectaculaires. Elles sont plutôt des petites gouttes d’eau, prémices d’une rivière qui mettra du temps à se former. On est à l’orée du film Les Héritiers (2014) de Marie-Castille Mention-Schaar où une professeure décide d’inscrire sa classe la plus faible au concours national d’histoire.

Bien sûr, quelques intrigues secondaires viendront pimenter le thème central, histoire de rajouter de la fiction à un récit qui n’en avait pas forcément besoin. On se serait en effet bien passé des péripéties amoureuses du protagoniste. Elles ponctuent pourtant la caractérisation d’un personnage qui ne peut pas être totalement épanoui sans vie sentimentale.

 

Les Grands Esprits image critique film
© Michel Crotto

Toujours en marge des murs du collège, Olivier Ayache-Vidal a quand même le luxe de tourner au château de Versailles lors d’une scène de course poursuite de deux jeunes en plein milieu la galerie des glaces. On sent derrière cette scène un rêve de réalisateur qui se concrétise.

C’est donc cela Les Grands Esprits, un film réfléchi et documenté, témoin de la passion de tourner.

 

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 13/09/2017
  • Distribution France : Bac Films
Antoine Corte

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.

Top 3 Cinéma : "Moulin Rouge !" (2001), "Titanic" (1997), "Les Parapluies de Cherbourg" (1964)
Antoine Corte

Un commentaire

  1. Superbe critique, je suis d’accord avec le fait que la relation amoureuse n’a pas été assez exploitée voir pas assez forte à mon sens. De là à s’en passer je ne sais pas, à mon sens Olivier Ayache-Vidal aurait dû mettre en évidence cette relation. De plus le copain de l’institutrice adopte des comportements clichés face à l’intérêt que porte Foucault à l’institutrice… C’est dommage car cette relation a coupé en deux le film pour créer un film-docu un peu désorienté.Enfin, la réalité de ce film reste en nous… Malgré tous ces petits défauts “Les Grands Esprits” est plaisant à voir !

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