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CRITIQUE “I am not Madame Bovary” (2017), le divorce blanc en Chine

I am not Madame Bovary de Feng Xiaogang est l’adaptation du livre Je ne suis pas une garce de Liu Zhenyun. Le film raconte le destin d’une femme victime de tromperies de son mari suite à un divorce blanc. Le personnage principal est interprété par Fan BingBing, jurée du Festival de Cannes 2017. Notre avis et critique sur le film.

Synopsis :

Li Xuelian (Fan BingBing) et son mari Qin Yuhe simulent un divorce pour obtenir un second appartement. Six mois plus tard, Qin se marie à une autre femme. Abandonnée et bafouée, Li se lance dans une quête de justice qui va durer des années. Un portrait satirique de la Chine d’aujourd’hui à travers le combat d’une femme déterminée à faire valoir ses droits.

Une oeuvre ancrée dans un contexte économique particulier

 

I am not Madame Bovary film photo
© D.R.

I am not Madame Bovary met en avant le sujet des divorces blancs. Ces derniers se sont largement popularisés en Chine depuis l’adoption d’une loi en 2013 qui décide de taxer de plus de 20%  les plus-values provenant de la vente des logements qui ne sont pas des résidences principales. Nombre de foyers possédant plusieurs biens immobiliers, les banquiers conseillent alors aux époux de divorcer afin d’affecter un logement par époux et éviter ainsi la taxation fiscale.

Ces divorces blancs ont cependant été l’occasion pour certains maris de répudier leurs femmes, qu’ils accusent d’être une “Pan Jinlian” (une femme débauchée). Celle-ci, complètement délaissée, se retrouvent dans une situation précaire. I am not Madame Bovary raconte le destin de Li Xuelian, sur laquelle son mari a jeté le discrédit après un divorce blanc dans le seul but de se remarier avec une autre. La protagoniste va se lancer dans un périple administratif pour retrouver son honneur et prouver que le divorce est fictif.

I am not Madame Bovary, exigeante et formelle

 

Le réalisateur, Feng Xiaogang, choisit d’utiliser un cadre circulaire pour raconter ce film social. Ce dernier empêche les plans rapprochés et pousse le spectateur à se concentrer sur l’essentiel. Cette technique, issue des oeuvres picturales chinoises, donne un sentiment de proximité avec le personnage principal. Pour autant, il cache un peu la découverte des paysages de la Chine qu’on arrive pas bien à admirer à travers ce cercle souvent trop sombre.

I am not Madame Bovary est donc ce portrait austère d’une Chine moderne. Il est de bon ton d’utiliser la métaphore avec l’oeuvre de Flaubert pour décrire l’intrigue. Une femme incomprise se bat comme les rouages complexes d’une administration immobiles. L’intrigue montre qu’elle est une sorte de David contre Goliath, ne baissant jamais les bras. Cependant, à l’instar de l’héroïne de l’écrivain français, elle va être happée par des forces extérieures qu’elle ne peut maîtriser.

En cela, I am not Madame Bovary est particulièrement interessant d’un point de vue sociologique. Néanmoins, la ligne dramatique sur plus de 2 heures est relativement exigeante et difficile à suivre.

 

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 05/07/2017
  • Distribution France : Happiness Distribution
Antoine Corte

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.

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Antoine Corte

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