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Anna Karénine Compagnie Kabuki image 2
© Yann Gouhier

[CRITIQUE] “Anna Karénine” par Laetitia Gonzalbes : Une pièce de théâtre romanesque et poétique

Le pari est osé et il est réussi : proposer une adaptation d’Anna Karénine, mise en scène par Laetitia Gonzalbes, à la fois audacieuse et bien menée au festival Avignon Le Off 2017. Un plaisir à découvrir sans tarder !

Synopsis :

Anna Karénine (Peggy Martineau) appartient à la bonne société russe. Mariée par amour, elle est vite déçue par la vie conjugale. Elle s’éprend alors, et trompe son mari. Cette passion est pour elle absolue ; elle lui concède tous les sacrifices, au point de provoquer le divorce en même temps que sa déchéance.

Anna Karénine :
Une adaptation qui parie sur l’audace

 

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© Yann Gouhier

 

Difficile d’adapter Anna Karénine au théâtre. Déjà parce que faire tenir l’essence du roman de Léon Tolstoï en 1h30 de représentation exige un gros travail de réécriture. Ensuite parce que le roman a été maintes fois adapté, au cinéma notamment. Comment après cela proposer quelque chose qui soit à la fois fidèle et novateur ?

Si cette problématique s’est posée à Laetitia Gonzalbes, elle a su y répondre avec pertinence et courage. L’action est resserrée sur les protagonistes essentiels, quatre comédiens et quatre personnages sur scène : Anna, cela va de soi ; Monsieur Karénine (David Fischer) ; l’amant(e) (Maroussia Henrich) ; un homme sans nom, à la fois allégorie de la mort et figure de l’auteur russe (Samuel Debure).

Le choix des personnages est bienvenu, il permet de recentrer l’action sur l’axe principal de l’intrigue. Il est aussi un pari osé : Wlonsky est devenu une femme dans l’Anna Karénine de Laetitia Gonzalbes. C’est un choix audacieux, et qui toutefois rend très subtil l’ambiguïté de la relation entre Anna et celle qui va la conduire à devenir adultère.

Un spectacle total(isant)

 

Anna Karénine Compagnie Kabuki image 1
© Yann Gouhier

 

Ce qui fait aussi la singularité de cette adaptation d’Anna Karénine, c’est le recours à d’autres textes dans le spectacle : un passage de Bel Ami de Guy de Maupassant en ouverture, et l’emploi des poèmes et partitions de Jean Fournée. La référence à Maupassant est une idée intéressante, et la musique et les textes de Jean Fournée apportent une poésie certaine au spectacle et ajoutent à la gravité. Cette atmosphère poétique est encore complétée par une chorégraphie savamment orchestrée entre les quatre comédiens. Autant quand il s’agit de moments de transition que quand il s’agit de souligner les émotions des personnages, la danse représente un beau choix de mise en scène et apparaît comme un atout évident.

Tout cela donne en tout cas une dimension totalisante au spectacle d’Anna Karénine, en réjouissant à la fois les yeux, l’imagination et les oreilles du spectateur. Filez découvrir ce petit morceau de Russie perdu en plein Avignon !

 

 

En savoir plus :

  • Anna Karénine se joue à Avignon Le Off 2017 du 7 au 30 juillet, au Théâtre du Roi René à 14h05 (relâches les 13, 20 et 27 juillet)
  • Durée du spectacle : 1h30
Morgane P.

Morgane P.

Rédactrice chez Bulles de Culture
Rédactrice

Littéraire dans l’âme, cœur tendre, j’aime que l’on me raconte des histoires, que l’on m’emmène à la rencontre de personnages qui me fassent vibrer, qui m’emportent, qui me touchent, et vivre à travers eux de belles et incroyables aventures.

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Morgane P.

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